Article édité juste en-dessous du texte de dimanche !

 

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Les gens ! J'ai vaincu ! Je suis venue à bout du Tongariro Crossing !

 

Rah, qu'est-ce que je l'attendais, le moment où je pourrai poster ça...

 

Est-ce que ça m'a tuée ? Visiblement non puisqu'il est minuit passé chez moi et que je suis toujours là à finir de publier... Mais on reparlera de mes courbatures demain, sans doute.

 

Je ne vais certainement pas me la raconter en disant que c'était trop simple mais, je m'étais tellement imaginé la randonnée la plus hard de la terre que, finalement, c'était moins dur que ce à quoi je m'étais attendue. D'autant plus que j'ai pu m'appuyer sur un guide absolument super, ce qui aide clairement.

 

Voilà, après ce message de pure auto-satisfaction, je vais me coucher. J'éditerai demain ou après-demain avec les photos et un peu plus de texte (revenez donc voir plus tard pour profiter des paysages, du coup parce qu'il n'y aura pas de nouvelle alerte vu que ce sera un message déjà existant).

 

En attendant, il y a un vrai article juste en-dessous, publié il y a quelques minutes et racontant la semaine passée, entre Steward Island et mon retour sur l'île du nord.

 

Joyeuses fêtes de Pâques !

 

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Oui, oui, je sais, j’avais dit « demain ou après-demain » et on est « après-après-demain… »

 

Allons-y !

 

Samedi 31 mars, nous nous sommes levés de beaucoup trop bonne heure car le départ Stray de Wellington se faisait à 6H30… Le bus faisait dans la journée la route jusqu’à Auckland mais s’arrêtait en chemin au parc national du Tongariro. Je ne sais pas si c’est volontaire mais cela permet à pas mal de gens qui n’ont pas pu faire le Crossing à l’aller de retenter leur chance au retour. Qui plus est, ça a coupé le trajet de Wellington à Auckland en deux pour moi et ça, c’est pas du luxe car c’est interminable.

 

J’avais réservé dans la même auberge où j’avais séjourné un mois plus tôt avec C et W : les managers sont très sympas et, en plus, on peut avoir une chambre individuelle au prix d’un lit dans un dortoir habituellement, ce serait bête de cracher dessus.

 

Dans la série « j’ai quand même toujours de la chance, c’est presque louche », une autre fille de Stray descendait au même endroit et séjournait dans la même auberge et, franchement, heureusement ! Je ne sais pas comment j’aurais parcouru les quinze minutes de marche qui séparait l’arrêt de l’auberge, dans un lieu quasiment désert, avec toutes mes affaires ainsi que ma canne et mes courses pour manger (pas pour le poids que ça fait à porter mais parce que, tenir un GPS dans ces conditions, j’ai déjà essayé et ça n’a jamais été un succès…)

 

Bref, ça m’a fait plaisir de revenir parce qu’ils avaient été adorables la dernière fois (et puis, ne pas avoir besoin de reprendre tous ses repères, ça devient presque un luxe…) J’ai passé l’après-midi à rédiger le précédent article (avec moins d’efficacité que prévue donc ça a débordé dans la soirée…)

 

A 18H30, Terry, mon guide du lendemain, est passé à l’auberge pour faire connaissance avec moi et qu’on se mette d’accord sur l’heure où il viendrait me chercher. Ouf, personne n’allait me dire qu’il y avait eu un malentendu, cette fois ! C’était, finalement, le tout premier guide que j’avais repéré sur internet qui aura été le bon (malheureusement je m’y étais prise trop tard la dernière fois et il n’était pas disponible). C’était assez rigolo car, il n’avait jamais guidé de personnes aveugles et, là, il avait eu deux demandes similaires coup sur coup. Etant donné que l’autre fille n’était disponible que le 31 mars et que de mon côté j’étais plus flexible, elle a été la première et moi la seconde.

 

Rendez-vous a donc été fixé pour le lendemain matin, Terry viendrait me chercher à 7H. Avec l’autre fille aveugle, m’a-t-il dit, ils avaient commencé à marcher à 8H et fini à 18H (mais elle n’était pas seule, elle était avec deux amis).

 

Avant d’aller me coucher, j’ai été organisée pour une fois et j’ai tout préparé, de sorte à ce que les choses aillent vite au réveil (je ne suis pas du matin, vous vous souvenez ?)

 

J’ai mal dormi parce que j’avais peur de rater l’alarme… Le très bon côté des choses c’est que, cette nuit-là, la Nouvelle-Zélande passait à l’heure d’hiver, par conséquent nous reculions d’une heure (gagner 1H de sommeil juste avant le Tongariro Crossing, j’ai trouvé ça bienvenue).

 

Le lendemain matin à 6H, j’étais au taquet, pour une fois. J’avais trop peu dormi mais j’étais sur—excitée, d’autant plus que la météo du jour s’annonçait particulièrement clémente (alors que la veille, il avait commencé à pleuvoir l’après-midi).

 

Terry est venu me chercher comme prévu à 7H et, durant la demi-heure de voiture qui nous séparait du début de la randonnée, nous avons pu faire plus ample connaissance. J’ai découvert quelqu’un de très ouvert, qui m’a raconté un tas d’histoire tout au long de la journée, bien sûr sur le Tongariro et sa géologie mais également sur sa vie et ses expériences en tant que guide, c’était passionnant. Qui plus est, il est drôle, ce qui ne gâche rien !

 

Je lui ai bien entendu confié mon téléphone portable pour les photos et c’était super car je n’avais pas besoin de lui demander régulièrement d’en prendre, il le faisait spontanément à chaque fois que l’on arrivait aux endroits clés tout en m’expliquant les paysages.

 

Le parc national du Tongariro figure au patrimoine mondial de l’UNESCO, sa renommée tient à la beauté et la diversité du parcours (il y a pas moins de cinq zones naturelles différentes sur seulement 19,4KM). Il s’agit d’un terrain volcanique : les lacs ont été formés suite à des éruptions volcaniques et il y a des volcans encore en activité avec plusieurs réveils par siècle.

 

Je vais essayer de vous faire un petit descriptif des différentes étapes.

 

La première partie est très plate, sur un sol rocailleux. C’est très facile, d’autant qu’il y a des endroits aménagés avec des planches en bois. Terry s’arrêtait de temps en temps pour me faire toucher la végétation, plutôt aride. Puis la végétation se fait de plus en plus rare et l’on chemine au milieu des roches volcaniques.

 

Ensuite, arrive la partie où ça grimpe et qui porte le doux nom de « Devil’s Staircase ». C’est ici, je crois, que se trouve plus spécifiquement le paysage qui a servi de décor au Mordor du seigneur des anneaux. Les marches sont nombreuses mais, si on y va tranquillement sans se mettre la pression et qu’on a assez d’eau pour pouvoir en prendre dès que le besoin s’en fait sentir, on parvient à ne pas s’épuiser plus que nécessaire je trouve. Puis on finit par arriver sur un sol plat et c’est le cratère sud que l’on va traverser.

 

Le sol est constitué essentiellement de sable et de rocailles, ces dernières ayant été déposées par les différentes éruptions volcaniques. Ça grimpe de nouveau après ça et c’est un passage assez venteux mais, en étant couvert et avec le fait que l’exercice est quand même physique, j’étais loin d’avoir froid. Il y a un ou deux passages un peu sportifs mais ce n’est pas long. Une fois en-haut, nous sommes au point culminant du Crossing et c’est le cratère rouge : sa couleur est liée à l’activité volcanique et, d’ailleurs, à cet endroit, une forte odeur de soufre m’a rappelé Rotorua. Cela signifie que c’est un volcan encore en activité et que des éruptions peuvent avoir lieu (la dernière s’est produite en 2012). Le cratère rouge, je crois, fait partie du Mont Ngauruhoe.

 

Ensuite, arrive la fameuse descente dont on m’avait tant parlée et que, par conséquent, je redoutais un peu. Mais, avec un bâton de marche dans une main et un guide expérimenté dans l’autre, j’étais clairement mieux équipée que la moyenne et, du coup, j’ai trouvé que ça passait très bien. En même temps, lors de toutes ces étapes où j’ai bien moins souffert que prévu, Terry a été formidablement encourageant et j’ai pu m’appuyer sur lui dans tous les sens du terme, ça m’a indéniablement rendue les choses plus faciles.

 

Cette fameuse descente se déroule sur le versant du volcan, à flanc de montagne. La théorie de Terry sur le fait que j’ai trouvé ça moins dur que ce que tout le monde m’avait dit (et je pense qu’il a raison), est que c’est le fait de voir où on est qui est impressionnant et provoque une forme de peur et donc, de l’incertitude et du manque de confiance. Après, le plus difficile c’est que ça glisse (donc merci le bâton de marche et la main de Terry) parce qu’il y a des tas de toutes petites roches volcaniques sous nos pieds… D’ailleurs, à un moment j’ai glissé et je suis tombée sur le côté et c’était incroyable car la terre était chaude ! Il y a même un endroit où Terry m’a fait asseoir à côté d’une roche et j’ai pu sentir de la fumée en sortir, c’était fou.

 

En bas, nous arrivons à ce qui s’appelle le cratère central où se trouvent les lacs émeraude. Leur couleur provient des minéraux et, là encore, l’eau fume légèrement. C’est dans ce décor que nous nous sommes arrêtés pour déjeuner sur les rochers : Terry se chargeait des sandwichs et ils étaient absolument délicieux, à peu près cent niveaux au-dessus des pique-niques que je me prépare… Ça semble dérisoire mais vous savez comme manger est important pour moi, à fortiori quand je fais du sport !

 

J’avais super faim mais, après ça, j’étais requinquée pour l’après-midi ! Nous sommes donc repartis, direction cette fois le lac bleu : c’est facile, il suffit d’avancer tout droit pour traverser le cratère central et son paysage désertique. La sortie du cratère central et l’arrivée au lac bleu marque le retour à la végétation après les paysages volcaniques et on découvre une vue sur le lac Rotoaira.

 

Donc, on longe la rive du lac et on continue sur le flanc du cratère pour rejoindre l’autre versant de la montagne. De là, quand il fait beau, on aperçoit le lac Taupo dont je vous avais parlé il y a longtemps ; le lac Taupo se trouve au nord du Tongariro et occupe, en fait, la caldera d’un ancien volcan.

 

A partir de là, on redescend doucement et on marche à nouveau au milieu des buissons jusqu’à un refuge alpin. Ça dure un moment mais c’est très facile et très agréable, avec de belles vues sur les alentours dont Terry me parlait en marchant. C’est un endroit où il n’y avait nul besoin d’être particulièrement prudent et j’ai donc pu libérer toute mon envie de marcher énergiquement.

 

La dernière étape après le refuge est sans doute la plus longue : absolument pas difficile mais vraiment longue, où on marche au milieu de la forêt un long moment. Ce n’est pas désagréable mais après les émotions de la journée, c’est moins spectaculaire et on finit par avoir envie d’arriver. Enfin, pour le coup, la végétation est bel et bien de retour !

 

Alors, je ne sais pas bien où couper pour les photos donc, je suis désolée si ce n’est pas très aéré pour vous mais je vais vous mettre toutes les photos à la suite : ça vous donnera une idée de la progression, comme ça.

 

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La photo devant le panneau du début a été prise à 7H40, celle devant le panneau de fin à 16H33. Autant dire que j’ai mis bien plus que les 7H du commun des mortels. Il me fallait clairement davantage de temps que les autres, en revanche je pense que j’aurai pu aller un peu plus vite, notamment sur la dernière partie où il y avait à nouveau des marches : Terry ralentissait spontanément mais c’était des marches vraiment régulières où j’aurais pu tracer. Enfin, je n’étais pas en compétition de toute façon et Terry a été absolument génial, faisant de cette journée un vrai bonheur à vivre.

 

Je me suis aidée du site Kiwipal pour vous décrire les différentes étapes car, honnêtement, j’étais concentrée sur les sensations de mon corps ce jour-là et, en voulant refaire le film après-coup, je me suis rendue compte que j’avais du mal à retracer toute la chronologie… Quelque part, j’aimerais presque le refaire un jour, maintenant que je sais à quoi m’attendre et que je n’aurais plus qu’à me concentrer sur les paysages.

 

Clairement, c’était plus facile que ce à quoi je m’attendais. Je n’ai eu aucune courbature le lendemain finalement et je n’ai eu aucun moment d’épuisement ou de découragement pendant la randonnée. Je pense que j’ai été dans des conditions vraiment idéales : la météo était au top (sans quoi ça aurait tout de suite rendue les choses beaucoup plus dures), j’avais un guide aux petits soins, un bâton de marche (je n’avais jamais expérimenté ça auparavant mais c’est vrai que c’est pas mal), je n’étais aucunement pressée par le temps (c’est même moi qui avais envie de speeder Terry parfois parce que j’avais besoin de dépenser mon énergie…) Mais, bien sûr, je pense que si on est pris dans un timing strict, ça peut être bien plus épuisant et je comprends qu’on puisse mal le vivre. Et puis, forcément, vu que je m’attendais à quelque chose qui allait potentiellement m’achever, je ne pouvais qu’être surprise dans le bon sens.

 

Merci Terry ! Et merci à tous ceux que j’ai rencontré tout au long de mon périple qui ont sincèrement croisé les doigts et touché du bois pour moi, parce que je leur avais fait part de ma forte envie de faire cette rando et de ma déception que ça n’ait pas marché la première fois.

 

Du coup, en rentrant en ce dimanche 1er avril, j’avais la pêche et je me suis occupée de finaliser le précédent article. Le lundi 2 avril, j’avais dit que je répondrais à vos messages et, attendu que je n’avais que ça à faire, ça ne me semblait pas compliqué… Sauf que, je restais un jour de plus au parc national car il n’y avait pas de bus Stray pour Auckland ce jour-là, j’avais donc une chambre individuelle et le plaisir du devoir accompli… Dans ces conditions, moi étant moi, j’étais presque trop dans les temps et ça aurait été dommage que je ne me remette pas un peu à la bourre... Moralité ? Journée de glande absolue, mais vraiment et oui, c’était trop cool !

 

Hier, mardi 3 avril, il a bien fallu s’activer pour aller reprendre le bus, direction Auckland, le retour. Que ce voyage était long à nouveau… Mais c'était mon dernier bus Stray et d'ailleurs, j'ai retrouvé un chauffeur qui m'aimait bien (et c'était réciproque), que j'avais eu il y a environ un mois et demi durant deux ou trois jours, pendant la tempête, entre mon départ d'Abel Tasman et mon séjour à Greymouth.

 

A Auckland, j’ai réservé au Brown Kiwi Backpacker, l’auberge où j’ai commencé mon séjour en janvier : la boucle et donc bouclée. Ça m’a fait très plaisir de retrouver Yann (le français qui y travaille) ainsi que les membres du staff en arrivant, de même qu’une auberge où j’ai déjà mes repères (je me sens presque chez moi). Le soir, après avoir profité des retrouvailles et du jardin en ce jour de beau soleil, j’ai enfin répondu à vos messages.

 

Aujourd’hui, mercredi 4 avril et demain 5 avril, sont mes deux derniers jours néo-zélandais. Je les vis tranquillement, sereinement et je vous raconterai ce qu’il y aura à en raconter dans un dernier article, qui sera écrit depuis la France (pas ce week-end mais courant de la semaine prochaine). Je décolle vendredi matin heure néo-zélandaise (jeudi soir pour vous, priez pour que mon vol soit plus calme qu’à l’aller… Après une quarantaine d’heures de voyage, je serai à Strasbourg samedi à 11H (ça me fait bizarre de l’écrire ici, tiens).

 

Voilà, ma petite Aotearoa, c’est bientôt fini et qu’est-ce que c’était chouette… Dans la série « case les infos que tu n’as jamais casées », je ne vous avais jamais précisé qu’Aotearoa, qui veut dire Nouvelle-Zélande en maori, signifie « long nuage blanc ». Je trouve ça hyper beau. Je ne vous avais jamais raconté non plus la légende de la Nouvelle-Zélande selon les maoris : un jour, le demi-Dieu Maui se trouvait sur son canoë (l’île du sud) et grâce à son hameçon magique, il pêcha le poisson-terre (l’île du nord). Du coup, en maori, l’île du nord s’appelle « Te Ika a Maui », soit « le poisson de Maui » ; l’île du sud s’appelle « Te Waka a Maui », soit « le canoë de Maui » et l’île Steward s’appelle « Te Punga o Te Waka », soit « l’ancre du waka » qui l’a retenu pendant la pêche alors que Maui devait tirer fort pour ramener le poisson.

 

Toutefois, Steward Island est plus généralement appelée « Rakiura » qui signifie « ciel rougeoyant ».

 

Lors de la pêche, Maui a pris appui sur la péninsule de Kaikoura (où je me trouvais la semaine dernière, au nord-est de l’île du sud). Une fois le poisson pêché, les frères de Maui se disputèrent sa possession et les coups portés au poisson formèrent les montagnes et les vallées.

 

Ceci vous donne une idée des légendes maories, il y en a pour expliquer tous les phénomènes naturels.

 

Sur ce… Je suis un peu émue de poster le dernier article d’ici, je ne m’y attendais pas. Allez, à bientôt, tout le monde..