Je suis sacrément à la bourre pour cet article, dites donc, bien plus que d’habitude : qui plus est, je n’ai répondu à rien ni à personne depuis la dernière publication, le manque de motivation m’a frappée de façon assez puissante… Promis, je vous lis toujours avec le même plaisir et ça viendra. En temps et en heure, c’est sans doute déjà un peu tard mais ça viendra.

 

Donc, la dernière fois que j’ai posté, je venais de retrouver mes copines C et W, qui étaient écroulées dans leurs lits respectifs de notre chambre Airbnb à Wellington pendant que je finalisais la publication… Elles s’étaient tout de même couché bien plus tard que les jours précédents lorsqu’elles n’étaient que deux et bien entendu, je décline toute responsabilité (ou pas…) Le lendemain matin, logiquement, ce sont elles qui étaient productives alors que moi j’étais toujours sous ma couette : c’est pénible, d’être la seule personne à ne pas être du matin dans un groupe...

 

Le samedi 3 mars a démarré tranquillement : comme la veille au soir, nous avons goûté le plaisir de nous retrouver pour prendre un petit déjeuner à rallonge sur la terrasse de notre chambre et papoter : ça tombait bien, le seul programme de la journée était de se balader dans les rues de Wellington, ce qui n’imposait aucun horaire précis.

 

La première étape consistait à partir à la recherche de la « Wellington Writers Walk », la promenade jalonnée de citations d’auteurs ayant vécu à Wellington : souvenez-vous, je ne l’avais pas trouvé lorsque j’étais avec ma famille M et V or, pour C et W comme pour moi, cela nous parlait bien.

 

Donc, une fois la voiture de W garée, nous avons débuté notre promenade en longeant l’océan et, victoire, nous avons fini par trouver ! Pas toujours là où nous cherchions et souvent lorsque nous ne cherchions plus mais, sans qu’elles ne suivent un parcours précis, il y a néanmoins en divers endroits de la ville, des citations d’auteurs, majoritairement féminines, concernant Wellington.

 

Après avoir longé la Côte nous avons pénétré dans la ville et avons arpenté les rues du centre. Au détour de notre promenade, nous avons entendu des chants et, en nous approchant, nous sommes tombées sur le concert d’une choral en plein air, gratuit, dans le cadre d’un festival appelé « Coexistence » pour mettre en avant l’amitié entre les peuples et les religions.

 

Au bout d’un moment, il commençait à faire faim et nous avons opté pour un restaurant malaisien, histoire de changer un peu et c’était très bon. Par la suite, je vous passe le moment où j’étais à la recherche d’une sculpture de fougère (symbole de la Nouvelle-Zélande…) Tout ça pour que je finisse par poser la question à un point d’information et qu’on me réponde qu’elle avait été enlevée depuis plusieurs années… Il y a vraiment des sites internet qui devraient se mettre à jour pour éviter de me coller la honte !

 

Notre dernière étape a été au musée Te Papa (dont je reparlerai plus loin), définitivement passionnant et où nous sommes malheureusement restées trop peu… Vu que je savais que je reviendrai, j’ai surtout suivi les filles mais je regrette vraiment et je me sens stupide de ne pas leur avoir suggéré qu’on y passe plus de temps ensemble.

 

Voici deux photos de nos pérégrinations : la première en début de promenade avec la plage et la seconde en fin de journée avec le port.

Wellington_plage

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Après tout ça, il était temps de reprendre la voiture, pour nous rapprocher de notre étape du lendemain car il fallait être à 8H du matin à 45 minutes de Wellington, l’idée était donc de faire la route la veille au soir. Malheureusement, entre nos courses à faire et le fait que certaines (moi en priorité) ne sont pas des rapides en vacances, nous sommes arrivées après 20H au camping où nous avions prévu de séjourner et tout était fermé… L’auberge du coin étant complète et le motel d’à côté carrément hors de prix, la dernière option consistait à dormir dans la voiture : ce qui est interdit en Nouvelle-Zélande à moins d’être à des endroits très spécifiques.

 

Et là, je vous fais un arrêt sur image pour vous faire un petit état des lieux des débats et priorités de chacune dans nos discussions : sans dénoncer, il y en a une qui avait très peur qu’on se prenne une amande si on ne faisait pas les choses dans les règles de l’art, la deuxième qui avait peur d’avoir trop froid pendant les nuits en camping et la troisième qui n’a cessé de craindre que l’on n’ait pas assez à manger et de pousser pour l’achat de plus de provisions… Oui, bravo, vous me connaissez bien : je suis définitivement celle qui a peur de mourir de faim…

 

Equipe de choc, quoi qu’il en soit !

 

Du coup, cette nuit dans la voiture fut épique et on s’en souviendra.

 

Le lendemain, dimanche 4 mars, le rendez-vous était pour visiter Kapiti Island, une île où les allers et venues sont payantes et contrôlées du fait qu’il s’agit d’une réserve naturelle visant à protéger les espèces d’oiseaux en danger. Nous avons donc pris le bateau et, après une explication sur l’île et les différentes espèces d’oiseaux qui s’y trouvent, nous étions libres d’aller nous promener en autonomie.

 

Notre choix s’est porté sur une petite marche pour se rendre au « feeder », c’est-à-dire l’endroit où les oiseaux peuvent venir se nourrir. Ça grimpait bien au milieu des arbres mais c’était joli et très agréable. Qui dit « réserve naturelle pour les oiseaux » dit que, bien sûr, on entend les oiseaux tout le temps et partout par conséquent, j’étais ravie. Je ne suis toujours pas capable de reconnaître une espèce à son chant (j’en suis à des années-lumière) mais je pourrais rester assise à les écouter durant des heures. Arrivées au « feeder », c’est d’ailleurs ce que nous avons fait : pas durant « des heures » mais pour un bon moment. Voici une photo depuis la montée en chemin vers le feeder :

Dans_la_mont_e

 

Puis nous sommes redescendues tranquillement. Tout au long de la promenade et durant notre arrêt au feeder, mes copines se sont donné beaucoup de mal pour essayer de photographier les oiseaux, mais c’est que c’est petit et rapide ces bêtes-là… D'ailleurs, j'ai été vraiment surprise par la taille minuscule des entrées par lesquelles les oiseaux passent pour aler dans le feeder. Du coup, le seul auquel vous aurez droit nettement est… Le pigeon néo-zélandais ! Egalement appelé « Kereru » :

Pigeon_n_o_z_landais

 

De retour en bas, nous avons trouvé un coin très agréable à l’ombre pour notre pique-nique et nous avons traîné là puis au bord de l’eau, en attendant le départ du bateau qui nous ramènerait de l’autre côté. D’ailleurs, sachez que pour nous ramener sur la plage dont nous étions parties le matin, le bateau se fait tirer par un tracteur ! On ne s’y attendait pas

Sur_la_plage

Bateau_retour

 

Bref, une fois à la voiture, c’était le milieu de l’après-midi et nous avons roulé tranquillement jusqu’au Mont Taranaki, où nous passerions notre étape du lendemain. Le Mont Taranaki se situe au Centre Ouest de l’île du Nord mais je n’y étais pas passé avec mon itinéraire Stray, j’étais donc d’autant plus contente d’y aller avec les filles. Le Mont Taranaki est en fait un volcan au repos, comme de nombreux endroits de Nouvelle-Zélande (mais principalement de l’île du nord il me semble), qi se trouvent sur des zones de volcans passifs ou en sommeil.

 

Félicitation et vive nous, cette fois nous sommes arrivées bien dans les temps et nous nous sommes retrouvées, quasiment seules, dans un camping que nous avons payé un prix ridicule alors qu’il était hyper bien équipé. Comble du luxe, il se situait juste à côté d’une plage alors, au soleil couchant, la question de ce que nous allions faire ne s’est même pas posée. C et moi sommes joyeusement allées nous baigner pendant que W restait sur la plage et nous prenait en photo. Eh bien vous savez quoi ? L’eau était vraiment bonne une fois qu’on y était !

 

Une soirée très agréable, vraiment, avec un beau coucher de soleil en prime.

Coucher_de_soleil

 

Le lendemain, lundi 5 mars, une fois levées de la tente (pour W et moi) et de la voiture (pour C) où nous avions passé la nuit, direction le Mont Taranaki pour une petite rando. Non, nous n’avons pas choisi de faire l’ascension de ce sommet qui culmine à plus de 2500M, cela prend une dizaine d’heures et est réputé vraiment difficile… Nous nous sommes contentées de petites marches autour, il y en a plein donc aucune raison de se priver.

 

Voici une vue du Mont Taranaki depuis la route :

Vue_Mont_Taranaki_depuis_la_route

 

L’idée était quand même de grimper un peu, dans l’espoir d’avoir une jolie vue d’en-haut… Seulement, la météo était au brouillard et ça ne s’est pas arrangé en s’approchant des sommets. Par conséquent, une fois au premier point de vue et étant clair qu’il ne servirait à rien de monter davantage car nous ne verrions pas mieux, nous avons résolu de marcher jusqu’à un refuge de montagne afin de pique-niquer. Voici deux photos du sommet où nous étions arrivées, l’une de nous parce qu’on le vaut bien et l’autre de la vue.

Arriv_es_en_haut

Vue_sur_la_vall_e

 

Jusqu’ici, tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes, la marche était plutôt facile. En effet, c’est au retour, entre le refuge et le parking, que les choses se sont corsées… Le chemin était très escarpé, plein de roches instables, de branches à enjamber et de marches irrégulières… Bravo à C qui, à coup d’explications et d’onomatopées les plus parlantes possibles, m’a aidé à avancer petit à petit. D’ailleurs, je tiens à dire qu’on était meilleures à la fin qu’au début : il faut savoir reconnaître le progrès quand on le voit même s’il semble mince ! En tout cas, on a bien rigolé et, même si on a parfois cru qu’on n’en verrait jamais le bout (parce que le GPS de W ne réduisait la distance à parcourir que de 100 mètres toutes les 10 minutes), on a passé un très chouette moment.

 

Une fois cette rando achevée, retour dans la voiture, direction le Tongariro que nous devions faire le lendemain. Dans cette perspective, j’avais personnellement milité pour une auberge au lieu du camping, histoire de s’assurer de bien dormir et d’être en forme.

 

Sauf que, mes amis, nous pénétrons dans une zone sensible… Après en avoir discuté avec C et W, décision a été prise que je contacte bel et bien un guide avec l’espoir que, peut-être, nous pourrions quand même nous retrouver pour déjeuner. La marche du Mont Taranaki nous a par ailleurs confortées dans l’idée que, pour une randonnée longue et difficile, mieux valait garantir l’aide de quelqu’un d’expérimenté. J’avais appelé plusieurs compagnies, deux n’étaient plus disponibles et la troisième m’a dit que oui, bien sûr, je pouvais réserver sur leur site, ce que j’ai donc fait en choisissant exactement la formule dont ils me parlaient. Je ne les avais pas senti très à l’écoute au téléphone mais je me suis dit que bon, celui qui vous répond quand vous appelez n’est pas celui qui vous accompagnera le jour même donc, ça ne veut rien dire et de toute façon, je n’avais pas d’autres options.

 

Le mardi 6 mars, je me suis donc levée avec C et W pour un petit déjeuner commun et puis, elles avaient leur navette à 7H alors que j’avais rendez-vous au siège de la compagnie juste en face de notre auberge à 8H. Le manager de l’auberge m’a gentiment accompagné mais, en arrivant, le responsable a l’air surpris de me voir et me demande si j’ai une réservation... Après vérification, il m’explique que le tour que j’ai réservé consiste à joindre un groupe or, il me faut un guide juste pour moi, beaucoup plus cher et pas possible pour le jour même de toute manière.

 

Oui, il me faut un guide juste pour moi, c’est exactement ce que je demandais et pensais réserver. Sauf que, au lieu d’avoir en face de moi des gens faisant preuve de considération, qui auraient pu avoir l’air désolés et tenter de trouver une façon quelconque de compenser le désagrément, j’ai eu au contraire droit à des mensonges disant que je n’avais pas expliqué ma situation au téléphone et que je n’avais pas réservé la bonne formule sur internet… L’erreur est humaine est j’aurais mieux accepté le malentendu si quelque chose avait pu être négocié mais là…

 

Je suppose que je n’ai pas besoin de vous faire un dessin sur le degré de ma déception à ce stade… J’ai donc ruminé toute la journée en attendant le retour de mes copines qui se sont débrouillées comme des chefs et ont fini la rando à 15H. Comme c’était notre dernière soirée ensemble, nous sommes allées dans un pub histoire de changer de nos plats de pâtes et nos sandwichs. Nous nous sommes régalées devant des nachos ainsi que des cuisses d’agneau cuites dans une sauce à la menthe, avec une purée de patates et de patates douces… Délicieux !

 

Le lendemain matin, comme je n’avais trouvé personne la veille, je suis retournée à l’agence pour réclamer mon remboursement : ils m’avaient dit que je devais le demander sur internet mais je n’ai pas trouvé où (bizarrement, on trouve sans problème où réserver et payer…) J’y suis donc allée avant 8H, pour être sûre qu’ils ne soient pas encore partis et, devant d’autres clients, j’ai dit que je ne leur faisais absolument pas confiance pour récupérer mon argent via internet attendu que, c’est aussi via internet que j’étais censée avoir un tour guidé qui me conviendrait… Le responsable est carrément monté en pression, m’a fait sortir pour ne pas avoir cette discussion devant les clients et, voilà, c’est la première fois que je m’embrouille avec quelqu’un en Nouvelle-Zélande. C’était très tendu et j’étais vraiment surprise que le gars sorte de ses gonds à ce point : en France, les vendeurs et autres agents de l’administration sont formés à répondre tranquillement et à calmer le jeu, si bien que c’est le client qui fait un scandale qui passe généralement pour un abruti. Là, je ne sais pas bien lequel de nous deux a eu l’avantage mais ça s’est fini par le mec qui me claque la porte au nez après m’avoir encore une fois renvoyé la responsabilité du problème de façon franchement malhonnête. J’étais très en colère mais lui, clairement, n’étais pas à l’aise sinon il n’aurait pas perdu les pédales comme ça.

 

Quoi qu’il en soit, le conflit, je n’aime définitivement pas ça et je ne me suis pas senti mieux après ça. Grâce à l’aide précieuse de C et de son anglais plus propre que le mien, j’ai rédigé un message de réclamation qui m’a permis de poser à l’écrit ce que j’avais à leur dire. Toutefois, avant même que je ne l’envoie, j’avais un mail me disant que les démarches de mon remboursement étaient faites… Bizarrement, d’un seul coup, c’était possible de le faire directement sans que je ne leur écrive ? J’ai donc dû aller les mettre mal à l’aise devant des clients pour qu’ils se disent qu’ils pouvaient peut-être bouger (même si bon, ils ne reconnaissaient toujours pas leur part de responsabilité, faut pas déconner…) Bref, ça reste un sujet sensible et douloureux d’autant plus que, si je repasserai par le Tongariro sur mon chemin de retour vers Auckland, je ne suis pas sûre du tout de pouvoir réserver avec un autre guide : celle à qui j’ai écrit requiert au moins deux personnes pour un tour, il ne me reste donc plus qu’une seule chance avec un guide qui fait des tours individuels. Mais, avec tout ce qui peut mal tourner d’ici-là, il y a aujourd’hui clairement plus de chances que ça ne marche pas que de chances que ça marche, il faut donc que je me prépare à faire mon deuil de cette histoire…

 

Passons ! Ce mercredi 7 mars était notre dernier jour toutes les trois avec C et W, avant que je ne reparte vers Wellington et qu’elles ne poursuivent leur route vers le nord. Comme mon bus n’était qu’à 15H et que leur programme de la journée n’était pas très chargé, nous avons pu profiter d’être encore ensemble pour la matinée et le début de l’après-midi. Puis nous nous sommes dit au revoir et j’ai pris mon bus, direction la capitale où j’ai retrouvé, avec un immense plaisir, Baha et Maysoon chez qui j’avais passé mon premier séjour en février. En dépit de mon heure d’arrivée plutôt tardive, j’ai été accueillie par une assiette pour mon dîner alors que je pensais vraiment me contenter de mes réserves.

 

Le jeudi 8 mars, j’ai fait une grasse matinée comme je n’en ai pas faite depuis que je suis ici… Au son du vent (car oui, j’ai aussi retrouvé la bien nommée « Windy Welly »), je me suis rendormie plein de fois… C’est ballot, c’est justement ce matin-là que j’avais prévu de commencer à répondre à vos messages, ben non !

 

L’après-midi, j’avais quelques démarches au programme et envie de me balader toute seule dans les rues de la ville pour y sentir l’ambiance. Mon principal arrêt aura été le « Havana Coffee », il s’agit d’un café où l’on peut consommer sur place mais aussi acheter son café, moulu ou en grains. Il fallait que je m’en rachète un paquet et autant dire que je ne me suis pas fait prier, rien que l’odeur en entrant m’a suffi pour être convaincue d’être au bon endroit. J’avais lu sur internet que le Havana faisait partie des bons cafés de Wellington et Maysoon m’avait dit la dernière fois qu’elle l’aimait bien, d’où mon choix.

 

J’ai été accueillie par des passionnés et avec un grand sourire, j’ai donc passé un très agréable moment à goûter leur « short black » et à sentir chaque café dans leurs barriques… Le plus dur aura été sans conteste de faire un choix ! J’ai écourté mon passage car je voulais passer dans une agence de voyage pour une question avant la fermeture de leur bureau mais je leur ai promis de revenir plus longuement le lendemain.

 

Après avoir fini ce que j’avais au programme, il ne me restait plus qu’à jeter mon dévolu sur un café ou un pub populaire pour aller m’y poser. Direction le Fidel’s, sur « Cuba Street », la rue de Wellington connue pour ses bars et ses restaurants. En demandant mon chemin, j’ai fait la connaissance de Vicky, qui vit à Wellington, m’a accompagnée et s’est proposé de venir me rejoindre, dès la fin du spectacle de danse où elle se rendait. J’ai donc passé un premier moment seule, tranquillement, à gérer quelques réservations pour la suite puis elle est effectivement venue me retrouver avec Levi, un de ses amis.

 

Nous avons passé un bon moment à papoter (y compris des discussions assez profondes !) puis, comme j’avais un petit creux, ils m’ont emmené dans un autre café juste à côté, afin que je puisse me sustenter à bas prix. C’est ici que j’ai attendu Baha, qui avait gentiment proposé de venir me récupérer en voiture pour m’éviter le bus.

 

Le lendemain, vendredi 9 mars, direction le musée Te Papa ! Son nom complet est « Te Papa Tongarewa » ce qui signifie, en gros « les trésors de notre terre ». J’avais réservé en amont un tour individuel, spécifiquement conçu pour les personnes aveugles, afin d’avoir le temps de toucher ce qui pouvait l’être. Me voilà donc partie avec Bruce, originaire de Louisiane au Etats-Unis mais qui vit en Nouvelle-Zélande depuis 18 ans : féministe (ça c’est moi qui le dis), très respectueux de la culture maorie, j’ai adoré mes échanges avec lui.

 

Il y a différentes parties dans le musée : une première consacrée aux espèces animales et l’histoire naturelle, une deuxième consacrée à l’impact des hommes sur la terre et enfin, une partie consacrée à l’histoire et la culture.

 

Comment dire ? C’est passionnant et j’aurais pu y passer ma vie. Le tout est évidemment ludique, pédagogique, vivant et rend l’histoire, la géographie, la biologie et la géologie accessibles à tous. Je vais oublier des milliards de trucs en vous racontant tellement j’ai appris des choses, mais je vais essayer de vous retranscrire un peu ce qu’on peut voir.

 

D’abord, parlons des tremblements de terre. Saviez-vous que la Nouvelle-Zélande en subit environ 20000 par an ? Moi non plus. Il y en a donc plusieurs par jour mais, bien évidemment, on ne les sent pas. Ce moment un peu dingue où Bruce, consultant le site « Geonet » qui répertorie tous les tremblements de terre en Nouvelle-Zélande, me dit « il y en a eu un cette nuit, vers 1H du matin, à Wellington… » Ah ? Ben j’étais encore réveillée mais j’ai rien senti !

 

Si le violent séisme qui a eu lieu à Christchurch en 2011 est souvent cité, il y en a eu un autre à Kaikoura en 2016 ‘au nord de Christchurch sur l’île du sud), qui a rapproché l’île du sud de l’île du nord de cinq mètres… J’ai trouvé ça fou et, en voyant ça, je me suis dit que je comprenais mieux pourquoi les néo-zélandais sont hyper zen quand il y a une tempête. Entre les volcans, les tremblements de terre et les tempêtes, les phénomènes naturels font tellement partie de leur vie !

 

Ensuite, il y a tout une partie consacrée aux animaux, principalement les animaux disparus ou en danger. J’ai pu toucher le pied de la représentation d’un Moa (seulement le pied car ils sont immenses) : il s’agit d’oiseaux géants dont l’espèce est complètement éteinte, dépourvus d’ailes et donc inaptes au vol. Ils ont disparu après l’arrivée des premiers maoris qui pratiquèrent une chasse intensive or, ces oiseaux étaient incapables de résister à ces nouveaux prédateurs. J’ai également touché un kiwi (pas un vrai, évidemment), une baleine bleue (pas une vraie non plus, vous pensez bien…) J’ai appris que l’œuf du kiwi, proportionnellement à sa taille, est gros au point que ça équivaudrait, pour une femme humaine, à être enceinte d’un enfant de quatre ans… Par ailleurs, nous nous sommes arrêtés devant le plus grand spécimen de calmar géant et Bruce, grâce à une peluche, a permis que je me rende compte des proportions. Nous avons également reparlé du Tui, cet oiseau endémique de la Nouvelle-Zélande que j’avais entendu à Abel Tasman et identifié grâce à mon guide de kayak. Le Tui est célèbre pour la variété impressionnante de sons qu’il parvient à produire et pour le fait qu’il est capable d’imiter le chant des autres espèces d’oiseaux ainsi que de reproduire la voix humaine.

 

Le niveau suivant du musée est consacré à l’impact des hommes sur la nature et là, ils ont reproduit ce qu’était la terre, avec ses immenses espaces de forêt et ses innombrables espèces d’oiseaux, avant que l’homme n’arrive avec ses gros sabots et n’en fasse disparaître une grande partie.

 

Enfin, l’histoire et la culture où j’ai retrouvé les sculptures maoris, les maisons traditionnelles, les pirogues… J’ai d’ailleurs enfin compris que, le coquillage qui est mis au niveau des yeux dans les sculptures maories et dont on me parle depuis Auckland est un « pawa », le même que j’ai découvert et mangé chez Baha !

 

Ce qui est génial, c’est que j’ai pu faire des liens avec ce que j’avais appris au musée d’Auckland et au Waitangi Treaty Grounds de Paihia : ce sont des endroits où je suis allée alors que je venais d’arriver or maintenant, il y a des choses qui prennent davantage sens et je me permets de poser des questions plus précises. J’ai donc sollicité Bruce pour avoir son avis quant aux questionnements qui me taraudent depuis Rotorua, sur la place réelle des maoris dans la société, en-dehors du folklore traditionnel que l’on présente aux touristes… Selon lui, les chiffres montrent que ce n’est pas si simple (les maoris sont en moyenne plus pauvres et surreprésentés dans les prisons) mais tout du moins, le gouvernement essaie d’avoir une politique qui les prenne en considération. Nous avons également causé place des femmes, étant donné que, outre le droit de vote des femmes que la Nouvelle-Zélande a été le premier pays au monde à accorder en 1893, les femmes peuvent tout à fait également, au même titre que les hommes, être chefs de tribus maories (même si c’est plus rare). C’était intéressant de discuter avec Bruce car, il est originaire des Etats-Unis et y a vécu très longtemps, tout en étant depuis 18 ans en Nouvelle-Zélande, il a donc de vrais éléments de comparaison à faire valoir.

 

En outre, j’ai vu pour la première fois des sculptures maories contemporaines, créées il y a 20 ans : le sculpteur ne les a pas créées pour des tribus précises mais a tâché de représenter différentes figures, laissant à chaque tribu le loisir d’adopter celle qui leur convenait.

 

Enfin, j’ai eu un nouveau cours sur le traité de Waitangi, où j’ai cette fois mieux compris les circonstances dans lesquelles il a été écrit, à savoir totalement dans l’urgence parce que, devinez quoi ? La reine Victoria, en 1840, avait entendu que les français étaient en route vers la Nouvelle-Zélande, il s’agissait donc d’en faire rapidement une colonie anglaise… A quelques jours près, ça aurait pu être une colonie française… Le traité a été traduit en maori dans la même précipitation pour que les chefs de tribus puissent le signer et c’est ainsi que, volontairement ou non, la phrase « les maoris sont gouvernés par l’Angleterre » est devenue « les maoris sont protégés par l’Angleterre.. »

 

Le musée Te Papa n’est pas seulement un musée mais il est, également, un lieu culturel plus vaste où peuvent se dérouler toutes sortes de cérémonies, pour les maoris mais pas uniquement, l’idée étant de célébrer les cultures de chacun.

 

Pour élargir un peu mes réflexions après tout ça, j’ai d’ailleurs remarqué que la question « d’où viens-tu » est toujours très bien reçue en Nouvelle-Zélande, y compris lorsqu’on ne la pose pas à un voyageur mais à quelqu’un qui vit dans le pays depuis longtemps. Là où la question sur les origines a une connotation raciste en France, parce qu’elle peut sous-entendre « tu n’es pas français même si tu es né ici », en Nouvelle-Zélande la question n’a rien de négatif et traduit, au contraire, une curiosité envers l’autre et sa culture. Cela tient sans doute au fait, aussi, que la Nouvelle-Zélande est un pays très jeune où tout le monde a encore des racines connues ailleurs.

 

Après en avoir discuté de façon un peu approfondie, tant avec mon guide Bruce qu’avec Baha, il est apparu que, si les idées racistes peuvent exister en Nouvelle-Zélande, elles ne sont cependant pas exprimées ouvertement car il y a quelque chose qui interdit de le faire. Pour ma part, je pense que c’est en ça que la reconnaissance officielle de la langue et la culture maorie est essentielle : tout n’est pas parfait mais au moins, cela pose une politique de considération des minorités, reconnaissant qu’ils étaient les premiers dans le pays et que les terres leur appartenaient avant qu’une grande partie ne soit vendue aux colons britanniques (souvent pour une bouchée de pain). De fait, je n’ai jamais entendu une seule parole raciste ici : ça ne veut pas dire que personne ne pense quoi que ce soit de ce genre (il y a clairement des préjugés aussi, ce n’est pas tout rose) mais pour moi, s’interdire de l’assumer trop directement est déjà un bon point.

 

Un autre point est que, vue leur situation géographique, la Nouvelle-Zélande ne connaît pas la question de l’immigration clandestine. Par conséquent, s’ils accueillent une proportion de réfugiés plutôt honorable compte tenu du nombre d’habitants, il s’agit de personnes qui pourront répondre à des besoins (d’où le fait que l’on se sente hyper bienvenue lorsqu’on atterrit à l’aéroport : l’économie de la Nouvelle-Zélande est florissante et les gens qui viennent la font fonctionner). En effet, le coût de la vie a augmenté ces dernières années et il est loin d’être bas.

 

Voilà pour la digression… Comme après ma visite avec Bruce j’étais juste trop frustrée de devoir repartir comme ça, ne pouvant visiter le musée seule, je me suis dit que j’allais m’intégrer à un groupe pour bénéficier, cette fois, de la visite habituelle. Ça a un peu fait halluciner les gens du musée que j’enchaîne deux tours mais c’est que je voulais en apprendre plus, moi ! Mon second guide s’appelait Samir, d’origine syrienne, en Nouvelle-Zélande depuis 10 ans et guide au musée depuis six. Ses explications ont complété à merveille celles de Bruce et ensuite, et bien, il ne me restait plus qu’à repartir même si j’avais toujours envie d’en apprendre davantage.

 

Baha, qui était libre cet après-midi-là, m’a rejoint et, comme je l’avais promis au Havana la veille, je suis retournée prendre un café chez eux avec lui. Cela a permis qu’il me décrive l’ambiance cubaine du café et, grâce à lui, j’ai découvert que l’un des employés est chilien (non, ne me demandez pas ce que ça fait quand j’essaie de passer de l’anglais à l’espagnol, c’est un massacre…) Bref, c’était un très agréable moment et, ensuite, Baha a eu l’idée de nous faire du houmous maison et des papillotes de poisson pour le dîner, nous sommes donc rentrés et j’ai passé une soirée tranquille à leur domicile.

Havana_Caf_

 

Le samedi 10 mars, Maysoon devait travailler le matin malheureusement. Comme nous en avions parlé la dernière fois, Baha m’a emmené à la « Red Rocks Walk », il s’agit d’une balade d’une heure aller et une heure retour, jusqu’à « Devil’s Gate ». Malgré un petit passage dans le sable au début, l’essentiel de la marche se fait sur des roches d’origine volcanique. L’océan à gauche, les collines à droite, on traverse une réserve naturelle (comprendre un endroit où il est interdit de plonger ou pêcher ». C’était superbe et, presque relaxant je trouve. Arrivés au bout, on s’est assis sur les rochers et je n’ai pas résisté à l’envie de tremper mes pieds dans l’eau mais elle était gelée ! On a vu un canard et… Une otarie qui se prélassait sur les rochers ! Oui, j’ai appris que quand ils disent « seals », ici, ils parlent d’otaries et non de phoques… Donc, les amis, à Abel Tasman, ce sont des otaries que j’ai vues (pas des phoques…)

 

Voici quelques photos : la première des « red rocks » lorsqu’on était arrivé, la deuxième de l’une de ses pierres dans mes mains car Baha me dit que la photo est jolie et qu’on voit mieux la couleur rouge, la troisième de la fameuse otarie et, enfin, la dernière de la vue depuis Devil’s Gate où l’on peut apercevoir « Island Bay Village » où vivent Baha et Maysoon.

Red_rocks_walk

Red_rock

Seal

View_from_Devil_s_Gate

 

Au retour, c’était l’heure de l’apéro et nous nous sommes arrêtés au supermarché pour se chercher des bières néo-zélandaises, que nous avons dégustées sur un banc face à l’océan. Voici une photo, prise avant notre balade mais c’est le banc sur lequel nous nous sommes assis au retour que vous voyez au premier plan et, derrière, la petite île d’Island Bay.

Island_Bay

 

Encore un très chouette moment de partage, d’autant plus que Baha et moi nous connaissons et nous entendons bien depuis maintenant un peu plus que les 2-3 jours habituels, ce qui permet des discussions plus approfondies.

 

Pour le déjeuner (que nous avons pris à 16H) j’ai à nouveau eu le plaisir de manger des « pawas » que Baha était allé chercher la semaine passée et que j’avais tant appréciés la dernière fois. Et ensuite, devinez quoi ? Je suis allée voir un match de rugby ! Ben oui, quand même, en Nouvelle-Zélande, c’était sur ma liste de trucs à faire. Pas les « All Blacks », faut pas charrier mais un match de la ligue de Super Rugby : les Hurricanes de Wellington contre les Crusaders de Christchurch.

 

Je n’avais pas de maillot alors, plusieurs personnes m’ont demandée qui je soutenais, ce à quoi je répondais « Wellington, bien sûr » comme si c’était une évidence… Oui, si j’avais vu ce même match à Christchurch, j’aurais répondu sans vergogne « Christchurch, bien sûr », ma seule morale en la matière  étant de me faire des amis plutôt que des ennemis… Bref, je suis super contente d’y être allée : l’ambiance était top et j’ai eu la chance d’être assise à côté de Silvia, une italienne qui vit en Nouvelle-Zélande avec son mari et ses enfants depuis des années. Ses enfants vadrouillaient et faisaient leur vie dans le stade, son mari n’avait pas pu venir alors, nous avons discuté tout du long. C’était génial pour moi car c’est une vraie passionnée, de rugby mais de sport en général dont elle loue les valeurs. Donc, en plus de m’expliquer en direct les actions sur le terrain, elle me détaillait en outre les enjeux. J’ai donc appris que Christchurch avait gagné la ligue de Super Rugby en 2017 et Wellington en 2016, ce qui faisait de ce match un duel au sommet. Nous avons également discuté de bien d’autres choses lorsque le match se faisait plus calme et vraiment, c’était super.

 

Verdict ? Wellington l’a emporté 29-19. L’ambiance était vraiment familiale et bon enfant dans le stade et je tiens à dire que pas une seule fois, je n’ai entendu les supporters siffler l’adversaire ou critiquer l’arbitre… Bon, ils ont gagné, peut-être que ça aide mais je les ai trouvés vraiment fairplay.

 

Ce fut donc une très belle manière de terminer mon séjour dans la capitale. Le lendemain, dimanche 11 mars, je repartais en direction de l’île du sud. Mon vol ne me ramenait pas directement à Queenstown dont j’étais partie mais à Dunedin, la capitale de la région de l’Otago. Dunedin n’était pas prévu dans mon itinéraire Stray mais V et M m’avaient dit que ça valait le coup, ce vol était par conséquent l’occasion parfaite (et en plus, c’était moins cher et plus rapide que pour rejoindre la ville hautement touristique de Queenstown où je reviendrai donc en bus).

 

A l’heure où je rédige et publie enfin cet article, je suis déjà de retour dans l’Otago depuis trois jours… J’ai péniblement écrit entre Dunedin et Queenstown mais j’ai bien cru que je n’en accoucherais jamais… Je coupe ici comme je l’avais prévu et je vous raconterai la suite la prochaine fois !!