Et oui, rien que ça, ça en fait des choses pour un seul titre !

 

Tuons immédiatement dans l’œuf le suspense insoutenable avec lequel j’ai clôturé mon précédent article : oui, je suis en vie puisque je vous écris, ce qui ne signifie pas pour autant que je sois venue à bout du Tongariro Crossing… La randonnée a en effet été fermée durant plusieurs jours en raison de conditions météorologiques défavorables (en l’espèce des vents violents). C’est qu’ils ne plaisantent pas avec la sécurité et je trouve ça plutôt rassurant, à vrai dire. Par chance pour moi, j’ai une seconde opportunité puisque début mars, je retrouve W et une autre amie en visite pour quelques jours, elles ont planifié de faire le Tongariro Crossing pile le lendemain où j’avais prévu de les quitter donc, je n’aurai qu’à rester avec elles un jour de plus.

 

Toutefois, je me demande actuellement si cette annulation n’est pas finalement une bonne chose pour moi car, sincèrement, je pense que je n’aurai jamais de la vie réussi à suivre le groupe et je l’aurais mal vécu. En effet, tout ce que j’en ai lu depuis et les échos que j’en ai eu me font prendre conscience de la difficulté réelle de la chose et, aujourd’hui, je pense que je ne le ferai pas avec mes copines (qui seront ralenties et trop occupées à m’aider) : soit je me paierai le luxe de mon voyage en investissant pour un guide rien que pour moi, soit je ne la ferai peut-être pas… Tout le monde, même de bons marcheurs, dit que c’est difficile. Qu’il faut 7H et encore, il faut se dépêcher pour ne pas louper la navette du retour. Or moi, je ne vois pas où je dois marcher et, si j’ai un peu d’endurance, j’ai en revanche besoin de plus de temps que les autres et de me sentir sereine à ce sujet. De l’avis général, la randonnée est une galère mais la vue magnifique récompense les efforts… Ce qui ne sera clairement pas mon cas. Alors, pourquoi je la ferais ? Sans aucun doute, pour le défi personnel que ça constitue à mes yeux. Cependant, essayer et ne pas y arriver sera plus frustrant et douloureux pour moi que de ne pas essayer du tout, alors je me demande vraiment quelle pression je dois me mettre à ce sujet… Personne ne me demande rien, après tout. Donc, je vais téléphoner à un guide, je pense et je vais lui faire confiance quand à ce qu’il me dira.

 

Cette fameuse randonnée dont je fais tout un plat est réputée pour être la plus belle du pays et l’un des plus beaux treks du monde. Elle est longue de 19,4KM et se déroule au sein du parc national du Tongariro, l’endroit qui a servi de décor pour le Mordor dans le Seigneur des anneaux. Sa particularité, qui fait sa richesse et sa beauté, tient dans la diversité des paysages traversés. D’après le site de Kiwipal « le circuit traverse un désert alpin, serpente entre des volcans, descend dans un cratère, contourne des lacs émeraudes, longe des sources brûlantes et s'achève dans une forêt vierge ». Ça fait rêver, non ? A suivre, donc !

 

Ensuite, si vous me permettez, j’aimerais revenir un petit instant sur le précédent article. Il était bien trop détaillé et trop long et je vous fais mes excuses pour vous avoir fait lire mes états d’âme et mes plaintes qui n’avaient absolument pas lieu d’être exposés. Je savais, en publiant, que l’article n’était pas bon, que j’aurais dû le laisser reposer et le reprendre, mais j’aurais alors inévitablement pris un retard que je voulais vraiment éviter (par manque de temps et de réseau). Je me rends compte que c’est moi qui avait besoin d’écrire tout ça, pour extérioriser et évacuer une bonne fois pour toute cette semaine qui avait été un peu longue à passer mais ça n’avait rien d’intéressant pour vous.

 

A aucun moment, même dans mes coups de mou, je n’ai regretté quoi que ce soit et n’ai eu envie de rentrer en France, je reste définitivement consciente de ma chance d’être là où je suis et de réaliser un rêve. Bon, la bonne nouvelle, c’est que mes stupides ruminations de la semaine passée m’auront permis de me réajuster pour mieux gérer les déceptions et sentiments de solitude à l’avenir.

 

Je vous avais donc laissé avec le projet d’aller, vendredi matin, voir le lac Taupo : il s’agit du plus grand lac de Nouvelle-Zélande, qui s’écoule par le fleuve Waikato (lequel donne son nom à cette région de l’île du nord). Regonflée à bloc par la superbe matinée que j’avais vécue la veille à la Redwood Forest, j’étais en plus bien heureuse de retrouver, cet après-midi-là, le confort d’un groupe Stray. Eh oui, Dieu sait que je me suis régulièrement plainte du côté parfois trop organisé, mais ce système de bus reste pour moi une indéniable facilité, certes sur le plan logistique et pratique des trajets mais aussi et surtout pour rencontrer aisément d’autres voyageurs solo. Faire des allers/retours entre le groupe Stray et mon indépendance régulièrement me convient donc parfaitement. En plus, Rotorua et Taupo étant un lieu où beaucoup de voyageurs font halte, j’arriverai dans un groupe qui ne sera pas encore trop constitué des jours précédents.

 

En ce matin du vendredi 9 février, je suis néanmoins partie plus tard que prévu, parce qu’une adorable voyageuse de l’auberge m’a proposée de partager un café avec elle (certes un café instantané mais vous me connaissez, quand on prononce le mot « café » devant moi, je suis faible…) J’ai tout de même fini par m’activer. Comme la veille, j’étais moyennement rassurée par l’absence absolue d’autres piétons dans les rues et les immenses boulevards à traverser, mais j’avais du temps devant moi malgré mon retard.

 

Toutefois, devant un carrefour particulièrement impressionnant, j’ai décrété que je ne me risquerai pas seule à cette traversée et que j’attendrai une aide salvatrice le temps qu’il faudrait. C’est là qu’est arrivé Dave, qui prenait la même route que moi (on ne se séparait qu’au bout, moi à gauche pour le lac et lui à droite pour aller prendre un petit déjeuner). Dave est d’origine britannique mais il vit en Tasmanie depuis 20 ans. Et là, je vous fais partager la question qui me taraude depuis : pourquoi, mais pourquoi est-ce que je n’ai pas prévu de prolonger mon voyage par une dizaine de jours en Tasmanie, si déjà je suis en Nouvelle-Zélande ? Certes, je dois quitter le pays au bout de trois mois avec mon visa touristique mais la Tasmanie, c’est l’Australie, donc ça fonctionnait ! J’y ai pensé plein de fois en plus, mais je me suis dit que bon, déjà, j’allais me concentrer sur la gestion de mon voyage en Nouvelle-Zélande… Sauf que maintenant, je m’en sentirai largement capable. Alors, je vous annonce officiellement que je vais tenter un changement de billet retour mais je crois pouvoir dire d’avance que la compagnie chinoise qui me sert de transporteur risque fortement de me rire au nez…

 

Arrivée au lac, je suis restée assise un petit moment à proximité, le nez dans mon téléphone pour répondre à mes messages plus qu’autre chose : en effet, l’endroit où je me trouvais était tout près de la grande route et il y avait une barrière qui empêchait de s’approcher trop prêt de l’eau, du coup je n’ai pas pu la toucher bien que je l’ai tout de même entendu. Il faisait vraiment très beau donc c’était agréable, mais un peu trop bruyant quand même. Voilà une photo de ce fameux lac pour vous, prise par Dave.

Lac_Taupo

 

Lequel, au moment où j’allais repartir pour avoir suffisamment de temps sans me stresser pour le trajet retour, est réapparu et m’a invité… A prendre un café ! Donc une fois de plus j’ai été faible, encore plus que la première fois car il m’invitait dans un vrai café, tout en me proposant très gentiment de me raccompagner à mon auberge ensuite pour récupérer mes sacs (puisque je lui faisais part de mon horaire de bus à respecter et de ma difficulté à envisager ce trajet retour rapidement si j’étais seule).

 

Grâce à Dave, j’ai découvert le centre-ville de Taupo avec plein de petits cafés, tellement plus agréable que les immenses boulevards que je parcourais depuis la veille. Merci à lui car sans cette rencontre, je serai repartie avec une image un peu erronée de cette ville. Après cet agréable moment, Dave m’a laissé aux mains hospitalières des salariés de l’auberge qui m’emmenaient en voiture jusqu’à mon arrêt de bus. Je lui ai donc dit au revoir et merci, sauf que j’ai eu l’immense surprise de le revoir alors que j’allais monter dans le bus : nous étions passés devant mon arrêt sur le chemin du retour et il venait m’apporter… Un café à emporter ! C’est fou ce que le café (ou plutôt le manque de bon café) me permet de socialiser dans ce pays et là, en deux heures, je crois que j’avais compensé tout mon état de manque de la semaine passée…

 

Deux jours plus tard, sur Messenger, j’aurai la surprise de trouver un message du Manager de l’auberge, qui m’avait retrouvé sur Facebook parce que Dave était venu lui donner ses coordonnées en demandant s’il pouvait me les transmettre, des fois que je vienne en Tasmanie et que je veuille une visite guidée… Quelqu’un peut me rappeler pourquoi je n’ai pas prévu d’aller en Tasmanie, déjà ? …

 

En prenant le bus, j’ai retrouvé Maria, la jeune allemande rencontrée à Rotorua et qui avait pris le bus pour Taupo avec moi la veille. C’est incroyable, je rencontre plus d’allemands ici qu’à Strasbourg… Cela tient au fait que, en Allemagne, il est un usage fortement ancré que les jeunes, après le lycée et avant leurs études supérieures, partent pour une année de césure. Ils sont donc globalement plus jeunes que les voyageurs français, qui eux partent davantage après leurs études ou pendant.

 

Je passerai pas mal de temps avec Maria les jours suivants : elle est absolument sympathique, et en plus elle a eu une façon très futée de me donner les repères dont j’avais besoin pour que je puisse retrouver mes affaires au milieu de toutes celles des autres. Tout le reste du groupe, cependant, était également très amical et l’ambiance était très bonne.

 

D’ailleurs, il est une chose que je ne vous ai pas encore raconté mais les chauffeurs Stray ont tous des surnoms donnés par la compagnie, on ne connaît jamais leur prénom. Alors, devinez un peu le surnom du chauffeur que j’ai rejoint à Taupo ? Dumbledore ! Dire « j’ai parlé à Dumbledore » me faisait bien marrer à chaque fois…

 

Notre premier arrêt avec Stray était un arrêt un peu spécial, qui est une spécificité de Stray : il s’agit d’une ferme, appelée « Blue Duck Station », située dans la petite ville de Whakahoro. Il s’agit d’un endroit tout à fait reculé, hors des routes goudronnées, sans la moindre réception réseau évidemment… Cette ferme s’implique beaucoup au niveau de la conservation de l’environnement. Plusieurs activités payantes en lien avec la nature nous y étaient proposées mais pour ma part, j’avais surtout envie de me balader et de profiter de l’endroit : ça tombe bien, bon nombre de personnes du groupe étaient dans le même état d’esprit.

 

Je me suis en revanche inscrite pour les deux dîners du vendredi et du samedi soir qui nous étaient proposés, me disant qu’à priori, on devrait bien manger dans une ferme… Grand bien m’en a pris : c’était en effet délicieux et ça fait tellement de bien de manger autre chose que les repas basiques que je me prépare dans mes auberges !

 

Le samedi 10 février, après un petit déjeuner à papoter et à profiter du cadre extérieur de la ferme, nous sommes partis en petit groupe en direction d’une cascade. La balade était un très chouette moment, tranquille dans la forêt, en revanche le temps était particulièrement mauvais : il avait beaucoup plu la veille, aussi les chemins étaient-ils extrêmement boueux. Merci maman et papa pour les bonnes baskets offertes à Noël, elles ont sacrément tenues le choc et se sont révélées indispensables à cette occasion !

 

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Bon, le sketch de cet après-midi-là (et de la soirée) a consisté à faire une machine, à attendre 4H (sans exagération) que le cycle de sèche-linge ne finisse tout ça pour récupérer des habits encore mouillés… Oui, on en a bien ri, une fois qu’on a eu fini de s’exaspérer…

 

Le lendemain, dimanche 11 février, déception générale de ne pas pouvoir faire le Tongariro Crossing. Nous sommes tout de même allés au parc national car toutes les parties n’étaient pas fermées et nous avions des opportunités d’autres balades. Le premier arrêt fut très court, simplement pour aller voir la cascade (Tawhai Falls) qui a servi de décor au bassin de Gollum dans le Seigneur des anneaux (les deux tours).

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Ensuite, les volontaires pouvaient se rendre aux chutes Taranaki pendant que les autres se relaxaient, cela consistait en une marche de 2H-2H30. J’ai fait partie des volontaires, avec une autre fille et six garçons, tous du genre plutôt sportifs donc je me disais que j’avais intérêt à suivre le rythme… Mais finalement, outre les grosses marres de boue là encore à certains endroits, le chemin n’était pas difficile et l’ambiance était joyeuse : beaucoup de blagues autour du fait qu’en vrai, ce sont les chutes Taranaki qu’il faut venir voir, ce n’est pas le Tongariro Crossing la vraie randonnée… En réalité, cette marche fait partie d’un trek beaucoup plus importants, de 3 jours et 50KM au sein du Tongariro.

 

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Le soir, je me suis enfin inquiétée de réserver une bonne fois pour toutes l’endroit où j’allais dormir à Wellington vu que j’y arrivais le lendemain quand même et j’y restais pour trois nuits, lâchant à nouveau mon groupe Stray… Et là, mes enfants, ce fut toute une histoire !

 

J’avais en effet décidé que dans certaines villes (surtout les grandes) où j’allais rester plus d’une nuit, j’avais envie de réserver une chambre chez des gens via Airbnb plutôt que dans une auberge, histoire de rencontrer des locaux. En effet, mon expérience à Auckland m’a fait comprendre que dans les grandes villes, c’est-à-dire là où se concentre l’activité et le travail, les auberges sont peuplées de jeunes européens de moins de 30 ans qui ont un visa « Vacances Travail ». Autant lorsqu’on s’éloigne des grandes villes on rencontre facilement des voyageurs du monde entier, autant à Wellington (qui soit dit en passant est la capitale de la Nouvelle-Zélande bien qu’Auckland soit la plus grande ville) je n’y croyais pas trop.

 

Sauf que d’abord, Airbnb m’a fait tout un sketch pendant trois jours parce qu’ils voulaient comparer une photo de moi avec une photo de mon passeport par mesure de sécurité, or bon courage pour leur envoyer une photo suffisamment claire qu’ils puissent accepter… Merci à la géniale serveuse du café où je me suis établie à mon arrivée à Wellington le lundi après-midi, c’est elle qui a enfin pris la bonne photo, faisant taire Airbnb et réglant définitivement le problème. Ensuite, le premier endroit où j’ai réservé, la fille n’habitait plus là (pourquoi elle laisse son annonce alors ? Allez savoir…) Evidemment, mon manque d’anticipation faisait que, à la veille de mon séjour, le choix était limité. J’ai donc fini par réserver chez un autre hôte, ça n’avait pas l’air absolument extraordinaire mais il semblait tout de même sympathique. Il n’y avait rien d’écrit dans son annonce concernant la proximité des transports en commun mais je me suis dit que, quand même, à Wellington, il y aurait sans doute des bus à peu près partout…

 

Et bien non ! Lorsque je rentre en communication avec mon hôte, il me demande si j’ai une voiture car il n’y a aucun bus chez lui… Je me dis que bon, c’est ballot mais on verra bien avec Uber ou un voisin sympa… Mais au fil de la discussion, il me dit qu’il est vraiment au milieu de nulle part, sans aucune connexion réseau… Là, je me dis que ça va être bien l’angoisse quand même et je fais les démarches pour annuler, me retrouvant, l’après-midi de mon arrivée à Wellington, le lundi 12 février, sans solution pour le soir même…

 

D’ailleurs, j’ai appelé le service Airbnb en Nouvelle-Zélande parce que je n’arrivais pas à annuler via mon application et, incroyable ! Même dans les services clients ils sont sympas dans ce pays… En 10MN la fille a pris mon problème en main, m’a envoyé un mail pour me confirmer qu’elle faisait les démarches, m’a rappelé pour me dire qu’elle s’était mise en contact avec mon hôte et que je serai remboursée intégralement contrairement à ce que prévoient normalement les conditions d’annulation, m’a renvoyé un mail pour me reconfirmer tout ça par écrit et me transmettre un lien vers d’autres annonces… Sérieusement, les gens, en France j’aurais passé ces 10MN à argumenter et l’autre au bout aurait passé 10MN à m’expliquer pourquoi c’est compliqué ou pas possible… Merci d’ailleurs à mon hôte qui a facilité mon annulation en l’acceptant sans difficulté.

 

Bon, à ce stade, je n’étais pas vraiment inquiète : j’allais me rabattre sur une auberge, tant pis, Airbnb ce serait pour une prochaine fois parce que là les possibilités devenaient restreintes… Sauf que toutes les auberges que j’appelais étaient complètes pour au moins les deux prochaines nuits et je commençais à descendre dangereusement dans les bas-fonds des auberges à l’air un peu craignos…

 

A Wellington, je retrouvais de la famille : mon Grand Oncle et ma Grande Tante ? Enfin, le cousin de ma mère et sa femme (M et V), je vous laisse définir par vous-mêmes qui ils sont pour moi… Ils voyagent également pour trois mois en Nouvelle-Zélande et commençaient par l’île du Sud, Wellington était donc l’endroit où nos programmes de voyage respectifs parvenaient à se croiser et ça, c’était une perspective absolument réjouissante. La capitale de la Nouvelle-Zélande se trouve en effet à la croisée des chemins puisque c’est là que se prend le ferries pour passer de l’île du nord vers l’île du sud.

 

Ils m’ont bien assuré qu’au pire, je pourrai dormir ce soir-là sur le canapé de leur propre appartement Airbnb, mais l’idée pour moi était quand même que j’assume mes petits problèmes d’organisation. A ce stade, j’ai donc résolu de payer plus cher une nouvelle solution Airbnb, je ne voulais pas que mon séjour à Wellington se transforme en un truc anxiogène dans une auberge pourrie.

 

Et, une fois de plus, j’ai été tellement chanceuse dans mes bêtises ! L’hôte avait l’air carrément génial selon l’annonce mais, même là, c’était au-delà de mes espérances. Baha et Maysoon sont un couple d’origine Libyenne, lui vit à Wellington depuis 25 ans et elle depuis 12 ans. Ils habitent une maison à flanc de colline avec vue sur la mer, dans un quartier tout à fait charmant. Bon, je me trouve avec V sur la seule vraie belle photo de la vue, j’espère qu’elle acceptera d’apparaître sur le blog (je lui demanderai et supprimerai au besoin).

View

 

La maison était d’une propreté hallucinante, si bien que j’avais presque peur de laisser des traces de mon passage… Les draps et les serviettes étaient d’une douceur… Un vrai luxe combiné à des qualités humaines exceptionnelles !

 

Lorsque M et V m’ont accompagné là-bas en voiture, nous avons été accueillis par un verre tous ensemble dans leur salon. Puis, quand juste avant de sortir dîner nous leur demandons conseil, j‘en profite pour m’enquérir d’un endroit où  je pourrais manger un bon barbecue (le barbecue étant une institution en Nouvelle-Zélande). Réponse de Baha : « chez moi, je t’invite » ! Et nous voilà invités gracieusement, tous les trois, à partager un barbecue le lendemain soir autour de leur table. Incroyable, vous dis-je !

 

Donc, le programme pour le dîner du lendemain étant réglé, nous restait à trouver où manger en ce lundi soir. Comme le restaurant conseillé par Baha prêt de la maison était fermé, nous sommes allés au Centre-Ville, dans un restaurant où M et V était allé la veille et avait mangé du bon poisson. Ça m’a fait tellement plaisir de les voir (c’est qu’on ne se voit pas si souvent que ça en France vu qu’ils ne vivent pas en Alsace, on s’est organisé plus facilement pour se croiser en Nouvelle-Zélande alors que je les avais manqué lorsqu’ils sont venus par chez nous cet été !) Donc, de joyeuses retrouvailles autour d’une bonne bière et puis, enfin, j’ai mangé des moules (depuis le temps que les gens me disent de manger ça quand je leur demande ce qui est bon en Nouvelle-Zélande). Elles étaient immenses, beaucoup plus grosses que chez nous, et très bonnes (avec une sauce à l’ail et au vin blanc).

 

Le lendemain, mardi 13 février, je profite du fait que Maysoon ait un jour de repos pour discuter avec elle en prenant mon petit déjeuner. Nous parlons voyages, différences culturelles, langues étrangères, ouverture d’esprit… C’était très agréable et je découvre que je suis accueilli par des gens amateurs de bon café : et oui, le café, encore, d’autres socialisent en fumant des clopes après tout… Qui plus est, Wellington est réputée pour être la capitale du bon café en Nouvelle-Zélande, vous pensez bien que ça m’a immédiatement parlé et que j’en ai consommé sans modération, dès que j’ai pu. Déjà que je partais avec un très bon apriori pour cette ville que tous décrivent comme très vivante, mon impression n’en a été que renforcée. D’ailleurs, c’est ici que j’ai officiellement craqué et me suis acheté une cafetière à piston pour me faire du vrai café quand il n’y a rien dans les auberges… Oui, je suis désespérante, peut-être… Mais c’est petit et facile à transporter, alors il n’y a pas de raison de se priver !

 

En effet, Wellington est une ville tout à fait charmante, qui selon moi dégage, bien plus qu’Auckland, une âme et une atmosphère qui lui sont propres. Déjà, il y a des collines partout dans la ville et, en ce qui me concerne, j’ai toujours adoré les villes vallonnées, je trouve que ça a beaucoup de charme. Il paraît que Wellington fait penser à San Francisco (et Dieu sait que j’étais tombée amoureuse de San Francisco lorsque j’y étais allée avec des amis en mai-juin 2016. J'avoue qu'au niveau de mon ressenti, je n’ai pas fait naturellement le rapprochement : mais peut-être la ressemblance est-elle surtout visuelle ? D’un autre côté, je dois bien admettre que, si ma première impression de Wellington est tout à fait positive, c’est une ville que je n’ai toutefois pas encore bien comprise : je n’arrive pas à comprendre comment elle s’organise, ou comment elle ne s’organise pas… Mais j’y reviendrai par un vol intérieur puisque c’est là que je retrouve mes amies début mars et j’y resterai quelques jours de plus.

 

Pour en revenir à ce mardi 13 février, nous nous sommes retrouvés en tout début d’après-midi avec M et V. J’avais lu, par mes recherches internet, que l’on pouvait faire une balade appelée la « Wellington writers walk », jalonnée tout du long par des citations d’écrivains ayant vécu à Wellington. Mais comme on ne l’a pas trouvé, nous sommes allés marcher le long de l’eau dans le quartier d’Oriental Bay. C’était très agréable, malgré le vent qui soufflait fort : nous avons clairement compris ce jour-là pourquoi les habitants surnomment leur ville « Windy Welly ! » Voici deux photos, l’une de la vue et l’autre des petites maisons colorées croisées sur le chemin.

Oriental_bay_1

Oriental_bay_2

 

Après ça, M est allé nous chercher de bonnes choses à manger au supermarché d’à côté et nous nous sommes installés dans un parc, sur un banc au soleil pour pique-niquer, sous le regard des canards, mouettes, moineaux et autres pigeons qui bataillaient pour nos miettes... Puis nous nous sommes rendus à la cafeteria du très reconnu musée Te Papa juste à côté pour un café de fin de repas. Bien entendu, même si l’endroit était très agréable et le café très bon, ce musée a bien d’autres richesses beaucoup plus intéressantes à dévoiler et toutes les personnes que je connais qui sont allés en Nouvelle-Zélande m’ont dit de prévoir d’y passer au minimum une journée entière. Ce sera le cas à mon retour en mars, je vous en parlerai donc plus en détail à ce moment-là.

 

Ensuite, petite pause à l’appartement de M et V avant de nous rendre chez Baha et Maysoon, avec du vin et des biscuits apéritifs, pour le barbecue auquel nous étions conviés. Et quel barbecue, mes amis ! En apéritif, nous avons eu droit à des bâtonnets de crevettes absolument délicieux, ainsi que des calamars et une crème de betteraves à tomber. En entrée, ils nous avaient préparé des Pauas : il s’agit de fruits de mer que Baha avait cherchés en plongeant le week-end précédent. La récolte de ses fruits de mer est limitée, chacun ne peut en chercher que dix histoire de préserver l’espèce. J’ai bien essayé de trouver un équivalent en français mais il n’y en a pas, tout simplement parce que ça n’existe pas chez nous… Au niveau de la texture ça ressemble un peu aux coquilles Saint-Jacques mais le goût n’est pas du tout similaire en revanche.

 

En plat principal, nous avons eu de l’agneau avec une grande salade composée. Je ne suis pas du tout fan de l’agneau d’habitude mais, lorsqu’on dit qu’en Nouvelle-Zélande il est meilleur, c’est en effet totalement le cas et je me suis régalée ! Enfin, une glace aux noix de pécan pour faire passer tout ça et j’ai bien cru que je n’aurais plus besoin de manger pour les trois prochains jours.

 

Ces ôtes sont incroyables.

 

Après ce merveilleux moment de générosité et de partage, il fut temps pour moi de dire au revoir à M et V qui repartaient vers le nord le lendemain matin.

 

Pour ma part, le mercredi 14 février, j’ai à nouveau traîné le matin (c’est que quand on a une chambre et un grand lit rien que pour soi…) Puis, très gentiment, Baha m’a évité le bus et m’a conduit en voiture jusqu’au Centre-Ville où j’avais prévu de prendre la « Cable Car », il s’agit d’un funiculaire qui mène au jardin botanique. En chemin, il a pris pour vous, depuis la fenêtre de sa voiture, une photo de ce qu’ils appellent la «Wind Needle» (littéralement "l'aiguille du vent") ; il s’agit d’une sorte de boussole je suppose, qui se plie dans un sens où dans l’autre en fonction du sens du vent..

Wind_needle

 

Nous sommes également passés devant les studios Weta, fondés par Peter Jackson, mondialement reconnus et qui sont basés à Wellington.

 

Ce jour-là, il y avait nettement moins de vent que la veille et un grand soleil nous réchauffait très agréablement, donc mon idée était simplement de passer l’après-midi à me balader dans ce jardin botanique.

 

C’est ce que j’ai fait, en me posant de temps en temps sur un banc ou dans l’herbe, en marchant au hasard des allées le reste du temps, en touchant parfois quelques plantes ou fleurs… L’endroit est très paisible et voilà bien une solitude qui ne m’a pas pesé du tout, bien au contraire. J’ai allègrement profité du champ des cigales : on les entend très souvent en Nouvelle-Zélande, ça fait vraiment partie du paysage sonore jusqu’à présent. Je pouvais en effet les entendre dans le Northland, à Hahei et Raglan, puis on les avait un peu perdues à Rotorua mais retrouvées dès la ferme de Blue Duck Station.

 

J’avais dans l’idée de toujours avancer, ne pas faire demi-tour, mais à un moment j’ai entendu les voitures et c’est vrai que j’étais pas mal descendu quand même… A ce moment-là, j’ai voulu me mettre en recherche de la roseraie, qui paraît-il vaut vraiment le détour. Mais, à force de me perdre volontairement, et bien j’étais perdue pour de bon… J’ai même atterri dans une propriété privée en poussant une porte pour voir ce qui se cachait derrière… J’ai demandé mon chemin aux quelques personnes que j’ai croisé, notamment un couple qui a pris le temps de discuter quelques minutes et, à un moment, je me suis retrouvée devant le centre d’information où une adorable dame (Melanie) qui en partait m’a proposé de m’emmener en voiture à ce fameux jardin de roses. En prime, elle s’est préoccupée de m’indiquer le café où je pourrai déjeuner avant que ça ne ferme).

 

Mine de rien, l’après-midi était presque passé. Je me suis un peu promenée dans les allées de la roseraie mais bizarrement je ne trouvais pas les roses pour les sentir… Pour cause, elles étaient disposées un peu partout dans l’herbe où je n’avais pas osé marcher ne sachant si c’était autorisé. Une jeune femme qui était là avec ses deux enfants en bas-âge est donc venue avec moi pour m’indiquer plusieurs sortes de roses différentes à sentir et j’en ai profité pour lui demander de faire quelques photos pour vous.

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J’avais fini exactement au moment où Baha me contactait pour savoir où j’en étais et, lui et Maysoon, qui sortaient du travail, sont venus me récupérer en voiture. Le soir, Baha a proposé que l’on se cherche un bon Fish and Chips et, une fois de plus, il m’a invité (en fait, c’est comme si j’avais été en chambre d’hôte !)

 

Le lendemain, alors que je devais me lever très tôt pour prendre le ferry, Baha s’est levé à 6H15 pour m’y conduire… C’est sûr, nous nous reverrons en mars et je retournerai chez eux si leur organisation le permet.

 

Jeudi 15 février, donc, direction l’île du sud ! Je m’attendais à retrouver mon nouveau groupe Stray au terminal de la compagnie de ferry, mais ce ne fut pas le cas et, finalement, une australienne venue en Nouvelle-Zélande pour rendre visite à des amis a gentiment proposé de m’accompagner sur le bateau. C'est fou ce que je rencontre comme australiens aussi ici (ce qui a tout de même plus de sens et de logique que pour les allemands...) Elle s’est assise avec moi et, là encore autour d’un café (enfin, de deux cafés successifs), nous avons papoté et fait connaissance : elle s’appelle Stephanie, a étudié en Suède il y a deux ans, espère pouvoir revenir en Europe pour faire un Master, travaille en attendant dans une crèche pour mettre un peu d’argent de côté. Elle est très sympa et j‘ai passé un agréable moment en sa compagnie. A un moment, je lui demande si elle veut bien m’accompagner dehors pour prendre des photos de la vue et, en franchissant la porte pour nous rendre à l’extérieur, nous avons été carrément surprises par la puissance du vent qui aurait pu emporter nos téléphones si on ne les avait pas bien tenu. Alors qu’à l’intérieur, on ne sent quasiment rien et on se croirait presque dans un vaste salon de thé, avec des tables et des fauteuils partout…

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A la sortie du ferry, je me demandais où trouver mon bus Stray mais Stephanie ne m’a pas lâché tant que je n’avais pas mon bagage et mon point de rendez-vous. Et puis, il faut reconnaître aux néo-zélandais une organisation fluide, si bien que je savais où je devais aller avant même d’avoir à le demander. Je ne prenais le bus que pour deux petites heures puisque, contrairement à presque tous les autres, j’avais prévu de rester un peu à Nelson avant de me rendre au Parc National Abel Tasman.

 

C’est donc là où je me trouvais hier, vendredi 16 février, rédigeant ce post depuis la bibliothèque municipale. Je n’ai rien prévu d’exceptionnel à Nelson car j’y reste peu de temps, l’idée est donc juste de m’y promener tranquillement en profitant du soleil : cette ville du nord-ouest de l’île du sud est en effet connue pour faire partie de la région la plus ensoleillée de Nouvelle-Zélande. J’aurais pu vous écrire depuis l’auberge (encore que, la connexion wifi n’est pas top), mais aller à la bibliothèque à 10MN de marche m’a permis de découvrir un bout de la ville, d’aller manger un morceau en face et de croiser un peu la vie locale tout en étant tranquille pour écrire.

 

D’ailleurs, après avoir quitté la bibliothèque en fin d’après-midi hier, le soleil brillait toujours haut dans le ciel et je n’avais aucune envie de retourner m’enfermer. J’ai donc repéré un bar à vin pas loin et je suis allée déguster un bon verre de Sauvignon blanc produit dans la région de Nelson. Le bar était vraiment chaleureux, tout en bois, avec des tables en forme de tonneaux, une terrasse au soleil et un certain standing dans la façon de servir le vin (lequel était bien frais et très bon). Par la suite, sur les conseils du serveur, je suis allée juste en face pour manger un bon burger.

 

Au moment où j’allais partir, un groupe s’est mis à jouer en live, de la musique pop rock que j’ai bien aimée. Toutefois, au bout de la deuxième chanson, j’ai eu un flash : à la réception de l’auberge, ils ne m’ont pas donné le code pour rentrer après la fermeture des portes et je n’ai pas pensé à demander, n’ayant pas prévu de rentrer tard toute seule… Donc, ça m’obligeait à un retour anticipé et, au moment où j’allais appeler un taxi par peur d’arriver trop tard pour que quelqu’un m’ouvre si je rentrais à pied, un couple a proposé de me ramener en voiture.

 

Ce matin, je suis à l’auberge pour finir de poster et, alors que je pensais cette auberge plutôt quelconque, je la découvre bien plus agréable que de prime abord. L’endroit où j’avais voulu aller (parce qu’ils servaient du « free hot chocolate pudding » tous les soirs) était plein à mon grand désarroi (je n'étais visiblement pas la seul à en vouloir) mais finalement, aujourd’hui, je découvre que là où je suis, nous avons accès à un petit déjeuner gratuit avec plein de pain différents et de bonne chose à tartiner… En fait, je ne sais pourquoi mais à Nelson, c’est la foire d’empoigne entre les auberges pour savoir qui donnera accès aux meilleurs services… Tant mieux pour nous ! J’ai retrouvé par le plus grand des hasards un voyageur français qui est passé par la même auberge que moi à Auckland et tout le monde se révèle fort sympathique ici.

 

En plus, toute à l’heure, avant de reprendre un bus Stray à 15H, je vais aller prendre un café avec Derek : pas celui rencontré à Rotorua mais celui rencontré au tout début de mon séjour, à Auckland. Il travaille pas loin de Nelson dans une exploitation viticole et il vient dans le coin pour le week-end. C’est vraiment génial, quand on arrive à se recroiser en chemin avec des gens rencontrés plus tôt !

 

Bon, j’ai fait les comptes, juste pour le plaisir et j’en suis à mon quinzième lieu d’hébergement depuis mon arrivée le 7 janvier, le quatorzième depuis le 19 janvier (puisque je suis restée 12 jours à Auckland). Et savez-vous ce qui est le plus pénible, outre de défaire et refaire son sac constamment ? Ce n’est pas l’adaptation à un nouveau dortoir ou de nouveaux sanitaires, c’est de changer constamment de cuisine ! Je crois que cette comptabilisation m’a permis de mieux accepter les coups de fatigue (pas morale mais physique) qui continuent de m’assaillir assez régulièrement sans que je ne les comprenne toujours…

 

D’ailleurs, constatant que, à la fois les auberges mais également les trajets avec Stray se remplissaient à la vitesse de la lumière du côté sud du pays, beaucoup plus que sur l’île du nord, j’ai eu une petite montée d’adrénaline et j’ai passé pas mal de temps ces derniers jours à planifier mes prochaines étapes. Du coup, je suis parée à peu près pour les trois prochaines semaines : applaudissez-moi, s’il vous plaît, c’est un exploit (jusqu’à présent, c’était plutôt les trois prochains jours, et encore, mais dans le sud on ne peut clairement pas trop se le permettre).

 

Pour finir, je vous fais partager une petite anecdote datant de hier après-midi : à la bibliothèque, j’ai interpelé deux filles pour savoir où je pouvais m’asseoir avec mon ordinateur. Elles m’ont indiqué un emplacement, sont parties, puis sont revenues au bout de cinq minutes : « au fait, on voulait juste s’assurer que tu sais où dormir ce soir ? » Les gens de ce pays sont incroyables, sans déconner !

 

Cet après-midi, je prendrai donc un nouveau bus Stray pour me rendre pour deux journées pleines au très réputé parc national d’Abel Tasman, du nom du premier explorateur européen (néerlandais pour être précise) qui a découvert la Nouvelle-Zélande, plus spécifiquement son île du sud, en 1642.

 

Comme d’habitude, je n’ai pas eu le temps de répondre à vos derniers messages mais je vous lis toujours avec le même plaisir et ça viendra sans faute, promis.