Pour répondre à ma propre question d’il y a deux semaines, pour ceux qui voudraient recevoir les alertes des nouvelles publications, il y a un bouton « s’inscrire à la newsletter » en-dessous de l’espace dédié aux commentaires. Notez qu’il n’y a absolument aucune obligation, je n’irai certainement pas vérifier le nombre d’abonnés et encore moins les noms… C’est juste pour ceux qui avaient demandé et qui n’auraient pas vu. Merci Alix pour l’info !

 

Ce nouvel article a tardé plus que je ne l’aurai voulu, parce que je dois bien admettre que cette semaine, le moral n’a pas toujours été au rendez-vous. La bonne nouvelle c’est que c’est passé à présent donc ça y est, je peux de nouveau raconter sur un ton normal. Il n’était en effet pas question de vous imposer mes pleurnicheries ridicules et de toute façon, je n’aime pas donner des nouvelles lorsque je ne me sens pas bien. Toutefois, par avance, pardonnez-moi pour les quelques états d’âme qui ponctueront immanquablement mes histoires de la semaine : oui, je veux me souvenir de tout, des hauts et des bas.

 

Je vous ai quitté le mercredi 31 janvier au soir, dans la précipitation de la publication du précédent article… Le jeudi 1er février, je me suis levée tôt pour reprendre un bus Stray, pour une journée qui s’annonçait bien chargée. Heureusement qu’une fille de la même auberge que moi prenait le même bus car, je n’avais pas percuté mais avant 8H30, la porte principale est systématiquement fermée… Or, en passant par la porte de derrière, cela rallongeait sacrément un trajet censé être ultra court à la base… Mon absence d’anticipation me perdra peut-être un jour, mais pour l’instant les Dieux de l’organisation ont décidé d‘être sympas avec moi.

 

Dans le bus, j’ai eu la surprise de retrouver Sytse, mon camarade néerlandais croisé à Paihia et qui a traîné en route, bien que pas aux mêmes endroits que moi. Ce fut l’occasion de nous donner quelques nouvelles, sans que toutefois nous ne passions trop de temps ensemble : ce sont surtout les gens de notre petit groupe commun qui nous avaient rapproché la première fois. Le chauffeur, également, était le même que celui qui nous avait emmené au tout début à Paihia : objectivement très gentil mais moins avenant que d’autres chauffeurs Stray que j’ai pu croiser par la suite.

 

La première étape du voyage était aux grottes de Waitomo, il s’agit de grottes éclairées par des vers luisants (« glowworm cave » en anglais). Le site tout autour avait l’air charmant (de la roche vieille de plusieurs millions d’années, des arbres, une petite cascade, un pont au-dessus de la rivière…) mais il pleuvait sans discontinuer ce jour-là.

 

Notre guide était très prévenant et particulièrement attentif à moi, c’était adorable. Déjà, j’ai eu le plaisir de rentrer gratuitement, alors que je ne me serais certainement pas permise de demander : « tu ne vois pas les vers luisants », a-t-il dit en guise de justification. Certes, d’accord, et bien merci beaucoup !

 

Nous avons visité deux grottes avec, entre les deux, une pause boissons chaudes (ce sera chocolat chaud pour moi parce qu’il faisait froid quand même…) On nous a distribué des casques et nous avons donc progressé au sein de différentes chambres taillées dans la roche, allant de plus en plus loin sous terre. Le principe est que plus on s’enfonce dans la grotte, plus il fait sombre et plus cela fait briller les vers luisants. Ces derniers brillent d’autant plus fort lorsqu’ils ont faim, dans le but d’attirer une proie.

 

Dans la première grotte, une petite rivière s’écoule sous terre et nous avons pris place sur une barque pour la traverser. A ce moment-là, le spectacle semblait saisissant et a rendu notre groupe totalement silencieux… Apparemment, il y a plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions de vers luisants qui brillent  telles des étoiles dans le ciel.

 

A mon niveau, j’ai senti l’obscurité, l’humidité… Nous étions sous la forêt et, comme il pleuvait, les gouttes de la forêt tombaient jusqu’à chez nous. Normalement, il est formellement interdit de toucher les parois de roches ainsi que les stalactites et stalagmites taillées par l’érosion mais, là encore, notre guide a fait une exception pour moi. J’ai bien dit que non, si c’était interdit je respectais ça, mais il m’a donné l’autorisation alors, j’en ai profité.

 

En revanche, mon téléphone était au fond de mon sac et je ne l’ai pas sorti… Je vais essayer de récupérer une photo des vers luisants chez quelqu’un et, si j’y arrive, je vous la posterai la prochaine fois. En attendant, vous avez droit à une photo de moutons : ça y est, je les ai entendu et senti, enfin ! Comme c’était les premiers depuis mon arrivée (il y en a eu beaucoup d’autres sur la route mais on ne me l’a pas dit et je n’ai pas posé la question), la photo s’imposait sans hésitation.

Sheeps

 

La seconde étape de la journée était à Hobbiton ! Il s’agit du lieu de tournage du seigneur des anneaux. Le plateau avait ensuite été démonté et le village a été reconstruit dix ans plus tard pour y adapter le hobbit. La colline où est construite Hobbiton avait été repérée par Peter Jackson lorsqu’il survolait l’île du Nord pour faire du repérage, l’endroit semblait coller à merveille aux indications de J.R.R. Tolkien. A la base se trouvait là une ferme isolée donc il a fallu demander l’autorisation à la famille qui gérait l’exploitation agricole. Même l’armée néo-zélandaise a été impliquée pour déblayer le terrain !

 

Cela, on nous le raconte lorsqu’on est dans le bus qui nous amène du lieu où on achète les billets à Hobbiton, avec l’appui d’une vidéo qui vous plonge dans l’ambiance et d’une guide enthousiaste qui fait le show. Sans surprise, il n’est absolument pas possible de se balader seul dans le village et les visites guidées s’enchaînent à un rythme minuté, interdiction de s’échapper du groupe.

 

Les trous de hobbit sont creusés à flanc de colline, il y en a 44 au total et le village est construit entièrement en bois et en pierre. L’itinéraire nous fait passer par toutes les allées du village et devant chaque maison. Les portes ronde en bois sont peintes dans des couleurs différentes afin d’identifier les propriétaires et, devant certains trous de hobbit, se trouvent des objets laissant deviner leur occupation. On peut voir la maison de Sam Gamegie avec sa porte jaune !

 

Les jardins de fleurs et de légumes sont très bien entretenus. En-haut de la colline, on arrive à la maison que Bilbo transmet à Frodo au début du seigneur des anneaux… Afin de respecter les indications de Tolkien, un chêne a été replanté exprès au-dessus ! La porte verte est entrebâillée, si bien que l’on peut apercevoir un bout de couloir (mais c’est très peu profond, les scènes d’intérieur ont été intégralement tournées à Wellington).

 

Plus loin, on arrive à l’endroit où a lieu la fête d’anniversaire de Bilbo et on passe le pont que Gandalf emprunte au début du premier film. Et enfin, direction l’auberge du dragon vert dont l’intérieur, pour le coup, a été entièrement reconstituée. Une boisson est incluse avec nos billets, on a le choix entre une bière ou un cidre (j’ai pris une bière au gingembre, sans alcool, pour ma part).

 

Concernant la façon dont j’ai ressenti la visite, malheureusement je ne l’ai pas vécu dans les conditions les plus favorables. Je me trouvais dans un groupe qui, pour la plupart, se connaissait déjà (peu de gens s’arrêtent à Raglan) et que j’avais rejoint le matin même, sans avoir créé d’affinité avec les uns ou les autres. En plus, il pleuvait à torrent, on avait donc le choix entre s’encombrer d’un parapluie fourni à l’entrée (ce qu’on a fait avec ma co-équipière dans un premier temps) ou être trempés jusqu’aux os (ce qu’on a fait dans un second temps quand on en a eu marre du parapluie…) Je trouve que notre groupe était beaucoup trop important et donc, entre les arrêts de chacun à la queue leu leu pour les photos et le fait que la pluie rendait mon téléphone carrément récalcitrant, j’ai eu du mal à suivre les explications de la guide…

 

J’ai essayé de rester collée à elle au début mais finalement j’ai laissé tomber. Une jeune voyageuse allemande m’a très gentiment proposée de rester avec moi pendant la visite pour me guider et m’aider à suivre le groupe, ce qui était vraiment très bienvenue. Elle a été adorable et s’arrêtait partout où elle pouvait pour me faire toucher des choses : donc rapidement, j’ai davantage traîné en arrière pour toucher ce que je pouvais que véritablement suivi. En revanche, j’ai trouvé ça carrément fun de pouvoir toucher les portes et fenêtres de hobbit, les barrières, les boîtes aux lettres… Il faut leur reconnaître un souci impressionnant du détail !

 

En somme, heureusement que cette fille était là, sincèrement mais j’aurais préféré vivre et partager cette visite avec des amis. Dans le bus du retour, ils n’ont rien trouvé de mieux que de faire souffler de l’air froid au lieu du chauffage, moralité je suis arrivée à Rotorua carrément frigorifiée…

 

Arrivés à l’auberge, comme toujours gigantesque réservée par Stray, je me retrouve face à un personnel absolument adorable qui affiche un grand souci de m’aider. La dame de l’accueil m’annonce le numéro de ma chambre, me dit qu’elle va m’emmener et là… Oh ! Elle m’a mise dans une chambre individuelle, avec un grand lit, une salle de bains privative, des serviettes éponges toute douces… Alors que j’ai payé pour un dortoir. Je bloque, je mets quelques secondes à comprendre, je ne dis rien sur le coup mais j’y retourne ensuite, en disant que vraiment c’est très gentil mais c’est pas nécessaire… Bon, j’avoue, j’ai fait ça seulement après avoir profité d’une bonne douche chaude en prenant mon temps et avoir utilisé leurs super serviettes bien loin de la mienne en microfibres, faut pas déconner, j’avais froid !

 

Bref, la dame me répond que ce n’est pas tant pour moi, c’est aussi pour eux parce que c’est plus simple en cas d’urgence… J’aurais bien répondu que je ne voyais pas le rapport mais allez, j’ai pas argumenté… Sur le moment, je dois bien admettre que j’étais un tout petit peu désappointée, parce que je comptais sur les dortoirs pour discuter avec des gens du groupe, espérant trier mes photos de Hobbiton ainsi qu’en récupérer d’autres vu que mon téléphone avait bloqué… C’est clair que ce n’est pas ma chambre isolée qui allait m’intégrer ! Toutefois, j’ai très vite laissé tomber, me disant que de toute façon je n’avais pas de lien avec ce groupe et que je ne les reverrai plus, puisque notre bus repartait le lendemain alors que pour ma part, il était hors de question que je me contente d’une seule demi-journée à Rotorua avec tout ce qu’il y a à y faire… C’est du délire ! Rotorua est en effet particulièrement connue pour son activité géothermique, autant dire tout ce qu’on n’a pas chez nous. Donc, pour les photos de Hobbiton, j’ai résolu d’écrire à mon amie Sarah, rencontrée à la précédente étape, et voilà celles qu’elle a sélectionnées pour vous.

 

Hobbiton1___Hobbit_Hole

Hobbiton2___View_of_the_area

Hobbiton3___Table_with_plants_and_vegetables

Hobbiton4___Hobbit_clothes

Hobbiton5__House_on_the_water_near_the_green_dragon

 

Ce sont les siennes donc la météo n’est pas représentative de ce que j’ai eu…

 

Evidemment, comme dans l’itinéraire Stray, il n’y avait qu’une nuit de prévue, notre chauffeur-guide avait tout un tas de proposition d’activités à nous faire, évidemment payantes, pour le lendemain… Je les ai toutes déclinées me disant une fois de plus que, non merci mais j’aurais bien le temps de faire ce que je veux par moi-même, ne me stressez pas tout de suite… Et, de fait, après avoir pris possession de ma chambre, je n’ai plus revu personne, ni le soir ni le lendemain matin.

 

Donc ma soirée, je l’ai passé affalée sur mon grand lit avec internet et la possibilité de mettre ma musique sans déranger personne… J’adore ça, les soirées affalée sur mon lit avec internet, d’habitude mais là, c’était le début d’un sentiment de solitude qui allait me prendre pour une bonne partie de la semaine donc, ce n’était pas mal et j’ai savouré ma chance mais ce n’était pas aussi joyeux que ça aurait pu l’être. J’ai toutefois pu éditer tranquillement mon précédent post et ça, c’était nécessaire (c’est tellement frustrant de poster quelque chose qu’on ne trouve pas fini).

 

Le lendemain, vendredi 2 février, très loin de moi l’envie d’une quelconque activité payante : je venais d’arriver, j’avais plutôt envie de me balader tranquillement. Ça tombe bien, l’auberge de Stray était très bien situé pour une fois et se trouvait à 10 minutes de marche du Kuirau Park, accessible gratuitement et qui permet d’observer l’activité géothermique de la ville. Armée de mon GPS et des indications de la dame de la réception, je me suis d’abord dirigé vers un café histoire de… Boire un café, déjà, et goûter à nouveau les œufs Benedict pour me mettre en forme !

 

Ensuite, donc, direction ce fameux parc, dans lequel je suis arrivée sans vraiment m’en rendre compte. Au départ j’ai un peu tourné en rond, ne trouvant aucune activité géothermique, jusqu’à ce qu’un gardien du parc ne m’indique l’activité préférée des touristes : le bassin d’eau chaude pour les pieds. Donc, j’arrive là-bas, j’enlève mes chaussures et je fais comme plein de touristes, je baigne mes pieds en espérant que ça leur fera du bien : ça tombe bien, j’avais une ou deux ampoules pénibles…

 

Je suis restée là un bon moment, parce que c’était bien agréable et parce que, au bout du bassin, il y avait un jet qui déversait de l’eau de façon pas régulière du tout : c’est-à-dire que parfois, le jet était très calme et d’un coup, il grondait et crachait vers l’avant et le haut… C’était très marrant à observer et ça m’a bien occupée, même si j’ai pas osé m’approcher à moins d’un mètre de peur de ce qui allait m’exploser à la figure. D’ailleurs, en me baladant dans le bassin, j’ai pu constater que la température de l’eau est très changeante d’un pas à l’autre. Si à un bout du bassin elle reste relativement stable, du côté où il y a le jet la chaleur change sans cesse et ça devient presque brûlant lorsque le jet se manifeste.

 

Après cela, le même gardien m’a emmené à une espèce de jeux pour enfants où il faut escalader des cordes… Ça, j’ai vraiment pas compris mais j’ai essayé pour ne pas lui dire non… C’était rigolo deux minutes mais vraiment pas plus et je n’ai pas besoin de venir à Rotorua pour ça. Donc, dès lors que j’ai estimé pouvoir partir sans être vexante, c’est là qu’ont commencé mes véritables pérégrinations dans le parc.

 

J’ai marché un moment, tourné sans doute, à la recherche de cette fameuse activité géothermique… C’était un peu perturbant parce que les gens à qui je demandais ne semblaient pas vraiment comprendre ce que je voulais… Et là, illumination : « tu as un téléphone, et si tu demandais à Google comment on dit « sources chaudes » en anglais ?) Mais bravo, quelle riche idée ! Tiens, une pierre, asseyons-nous et cherchons... On dit « hot spring », si vous voulez savoir !

 

Bizarrement, à partir de là, ma balade est devenue plus fructueuse ! J’ai demandé à trois personnes (dont un monsieur qui m’a raconté toute sa vie mais en bouffant tous les mots donc je n’ai rien compris…) Au bout d’un instant, me voilà face à une barrière, derrière laquelle je peux entendre ce qui semble être la plus grande source chaude du parc. Je me balade un peu le long de la barrière, je fais demi-tour avant de m’enfoncer dans la forêt, j’écoute le son et je rêvasse… Puis, quelques gouttes commencent à tomber et je me dis qu’il est temps que je me mette en quête de la sortie, contente d’avoir pu entendre cette source.

 

Et là, en tournant un peu pour chercher la sortie, surprise ! Je tombe sur une toute petite source chaude au milieu de la pierre, que l’on peut toucher cette fois contrairement à la grande de toute à l’heure qu’on ne pouvait pas approcher (même s’il est tout de même fortement déconseillé de mettre sa main trop prêt de là où ça fume, évidemment). Bref, étant donné que j’étais sur le retour et que je ne cherchais plus rien, c’était comme si j’avais déniché un trésor et j’étais toute heureuse (alors que c’était sans doute très visible pour n’importe qui d’autre), tellement heureuse que j’ai sorti mon téléphone et j’ai tenté une petite vidéo que voici.

 

 

 

En me retournant, j’ai trouvé une autre petite source du même genre… Eh bien la voilà, l’activité géothermique que je cherchais depuis le matin ! En plus les gouttelettes de pluie n’avaient été que des gouttelettes et il faisait à nouveau bien beau.

 

D’ailleurs, j’ai remarqué plusieurs endroits où il y a de l’eau chaude tout simplement au sol. Et, dans l’air, partout dans Rotorua, des odeurs de soufre. Tout le monde m’avait préparé au fait que ce serait potentiellement pénible mais en ce qui me concerne, ça ne m’a pas dérangé du tout et j’ai trouvé que ça faisait totalement partie de l’ambiance de la ville.

 

Finalement, j’ai quand même essayé de rentrer et là par contre, j’ai ramé… Je tiens à dire que, dans un parc, un GPS c’est assez inutile… Au bout d’une bonne demi-heure à tourner dans ce labyrinthe, un monsieur s’est arrêté et a proposé de me ramener à mon auberge dans son véhicule non-identifié qui ressemblait à un Quad (en fait, je ne sais pas vraiment ce que c’était, j’étais assise à droite pour une fois et c’était ouvert sur les côtés et ça faisait le bruit d’un tracteur…)

 

De retour à l’auberge où j’avais laissé mes sacs avant de partir le matin, je retrouve les dames adorables de l’accueil et l’une d’elle, qui finissait son service, à qui je demandais des renseignements sur les bus pour me rendre à l’auberge que j’avais réservée pour les nuits suivantes, propose de m’y emmener dans sa voiture… Alors que je quitte l’établissement où elle travaille ! Elle est très sympathique et la discussion sur le trajet est bien agréable. Arrivée dans ma nouvelle auberge, une jeune fille qui travaille à la réception, une finlandaise avec un Working Holiday Visa, propose à son tour de m’accompagner au supermarché d’à côté pour mes courses de la semaine lorsqu’elle finit son service.

 

Cette nouvelle auberge était très agréable, très écolo, tenue par un couple (elle est allemande, lui est américain de St-Louis dans le Missouri) qui vit en Nouvelle-Zélande depuis 20 ans. Tous deux sont très amicaux et ont eu à cœur que je me sente bien chez eux.

 

Ce soir-là, j’ai fait la connaissance de Mireille et Roland, deux français à la retraite, originaires du sud-ouest, qui voyagent ensemble et viennent en Nouvelle-Zélande pour les tournois de rugby. Oui, je sais, des français… Avec tout ce que j’ai pu en dire… Eh bien, ils étaient très sympas et moi, j’étais en mode blues donc, ça m’a fait beaucoup de bien et je pense sincèrement que nous resterons en contact.

 

Ils repartaient le lendemain matin. Moi, en ce samedi 3 février, j’avais l’opportunité de profiter de la voiture d’une autre voyageuse pour me rendre à Wai-O-Tapu. Sauf qu’il pleuvait des cordes et que, si elle devait y aller ce jour-là car elle ne restait qu’un seul jour à Rotorua, pour ma part j’avais encore plusieurs jours devant moi et j’ai décidé d’attendre un moment où il ferait beau (tant pis si je devais prendre la navette hors de prix conçue exprès pour arnaquer les touristes, plutôt ça que de ne pas en profiter. Le parc de Wai-O-Tapu est en effet le parc géothermique le plus connu de la région où l’on fait une magnifique balade au milieu des fumerolles et autres bassins aux minéraux… Les couleurs y sont splendides (de l’orange, du vert…) alors, y aller quand il fait gris, c’est quand même dommage.

 

Du coup, Mireille et Roland m’avaient parlé du Polynesian Spa, tout à côté de l’auberge et je me suis dit que c’était bien une météo à aller se prélasser dans un spa, tiens ! Donc, j’ai pris mon temps pour me préparer et en début d’après-midi, grâce aux indications très claires de la manager de l’auberge et à une dame d’origine indienne rencontrée sur le chemin à qui je demandais un coup de main, je suis arrivée au spa, au milieu de ses neuf bassins, de 38 à 42 degrés, dont il est dit que l’eau thermale a des vertus pour la peau. Si c’est vrai, il est clair que ma peau va mieux parce que je suis restée des heures, à passer d’un bassin à un autre, à rester dehors quand j’avais un peu trop chaud puis à y retourner quand j’avais un peu trop froid… Une jeune femme d’origine philippine, qui travaille au spa, a pris grand soin de moi en m’accompagnant dès que je voulais changer de bassin. Lors d’une de mes pauses à l’extérieur, nous avons longuement papoté et elle m’a confié qu’elle aurait aimé être psychologue, policière ou travailler dans le tourisme, mais que ces trois options avaient été rejetées par ses parents (pour des raisons diverses et fallacieuses), ce qui l’a amenée à faire de l’informatique…

 

Lorsque j’étais sur le retour, elle et un autre garçon philippin (j’ignore s’ils ont un lien de parenté) ont proposé là encore de me ramener en voiture et j’ai même eu droit à un jus de fruit offert… Quelle chanceuse je suis, vraiment !

 

En arrivant à l’auberge, j’ai entendu un groupe de filles dans le salon qui avait l’air sympa et je suis allée demander si je pouvais m’installer avec elle. Finalement, j’ai découvert qu’il s’agissait de quatre copines, venues spécialement de Wellington pour le week-end car il y avait un festival à Rotorua le lundi. En effet, mardi 6 février, c’était Waitangi Day (le jour qui commémore la signature du traité de Waitangi dont je vous ai parlé dans un précédent article). Le lundi était donc chômé pour les néo-zélandais et c’était un week-end prolongé.

 

Evidemment, moi, j’ai entendu « festival », « concerts », « musique » et des tas de petites lumières se sont allumées dans ma tête : en voilà une occasion magnifique de goûter un peu à la culture locale et pas seulement aux attractions touristiques !

 

Comme je m’étais incrustée dans leur petit groupe, les filles m’ont gentiment proposé de venir manger avec elles à l’extérieur et j’ai accepté avec joie. On est allé au centre-ville, où il y avait tout sauf des restaurants néo-zélandais… Beaucoup de restaurants asiatiques mais les filles avaient envie de manger italien, ce que j’ai trouvé plutôt rigolo (d’aller manger italien en essayant de rencontrer des locaux en Nouvelle-Zélande !) Comme quoi, on est les mêmes partout dans le monde : quand on se retrouve avec nos copains, nous, on va rarement manger typiquement français après tout…

 

Le lendemain, dimanche 4 février, il faisait beau et cette fois, je me suis levée avec la ferme intention d’aller à Wai-O-Tapu (ce qui veut dire « eau sacrée » en maori). Lorsque je me suis rendue à la réception pour demander où se prenait la navette, il se trouve que justement, il y avait là un voyageur qui s’apprêtait à y aller avec sa voiture et qui était d’accord de m’emmener… Encore une fois une belle chance pour moi ! Il s’appelle Derek, est originaire des Etats-Unis (c’est fou ce que je rencontre comme gars des Etats-Unis qui s’appellent Derek !) Il est originaire plus spécifiquement de Virginie, à côté d’une petite ville qui s’appelle… Strasbourg ! N’est-ce pas trop rigolo ?

 

Et bien franchement, heureusement que nous y sommes allés ensemble. Car oui, il ne m’a pas seulement déposée, il a bien voulu que l’on fasse la balade tous les deux, ce qui était vraiment chouette pour moi car c’est quand même un sacré circuit et je ne vois pas du tout comment j’aurais pu le faire toute seule.

 

La première étape était un peu à l’extérieur du parc, il s’agit d’un geyser qui est déclenché manuellement tous les jours à 10H15. Bon, le micro de la dame ne marchait pas du coup je n’ai pas bien entendu les explications mais apparemment, l’histoire est que ce geyser a été découvert par des prisonniers, qui ont voulu laver leurs vêtements dans le bassin et ont été surpris par son irruption. Voici une petite photo du parc où nous étions à 9H30, quasiment les premiers, avant les bus de touristes, attendant le geyser.

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Et voici une vidéo du geyser : personnellement je n’ai pas trouvé ça tellement impressionnant  sachant que ce n’est pas naturel mais déclenché avec du savon, toutefois visuellement je pense que ça vaut quand même le détour.

 

 

 

En revanche, la balade qui suit dans le parc puis dans une forêt de pins, au milieu des bassins d’eaux fumantes et jaillissantes de toutes les couleurs, est bel et bien une réserve tout ce qu’il y a de plus naturelle. En ce qui me concerne, j’ai surtout écouté les « glou glou » et les « plop plop » ainsi que senti les fortes odeurs de soufre. Derek m’a proposé de se charger des photos et de me les envoyer, ce que j’ai accepté avec plaisir car ce sera plus facile pour faire le tri. Néanmoins, ça devra attendre qu’il rentre chez lui à la fin du mois mais je lui fais confiance pour y penser et je vous mettrai les photos dans un article à part dès que je les reçois, promis. Je pense que visuellement c’est vraiment puissant et j’ai hâte que vous puissiez en profiter.

 

Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés dans le même quartier où j’avais été la veille au soir et nous avons mangé thaïlandais, cette fois. Je voulais inviter Derek pour le remercier mais il m’a devancé et a payé pour nous deux, autant dire que j’étais carrément gênée…

 

L’après-midi, j’avais l’intention d’aller avec mes petits pieds au lac Rotorua mais je me suis à nouveau retrouvé assaillie par un coup de barre et je n’ai pas du tout réussi à bouger… Je m’en suis voulu à mort et le soir, c’était un peu le retour du blues. Ça peut paraître idiot mais je me suis sentie seule : oui, je rencontre tout le temps un tas de monde mais les gens viennent et repartent, tout comme moi, chacun avec son propre rythme et je crois que tout d’un coup, j’étais en manque de quelqu’un qui ne soit pas juste de passage, avec qui je puisse faire des projets de choses à vivre ensemble.

 

Et puis, j’avais fait le choix de rester plus longtemps que prévu à Rotorua car il y avait plein de choses que je voulais faire, dont certaines que je ne pouvais pas faire seule. La sortie qui me tenait particulièrement à cœur, c’était Redwood Forest, une forêt de séquoias géants : ce ne sont que des chemins de petite randonnée à suivre donc impossible sans un guide. Du coup, je me suis dit que, plutôt que de me rajouter un état de stress, j’allais rester un peu et me laisser plus de chance de trouver quelqu’un pour le faire avec moi, quitte à ne pas m’arrêter à l’étape suivante. Donc j’avais une semaine, ce qui est largement suffisant voire beaucoup mais et si je ne trouvais personne et que je repartais malheureuse de ne pas avoir vu cette forêt ? J’ai conscience que c’est totalement idiot de se déprimer pour ça, il y a tellement de problèmes plus graves et j’ai essayé de me raisonner mais voilà, j’étais juste à côté, ne pas pouvoir y aller quand c’est autant à porter de main, c’est tellement frustrant…

 

En ce fameux dimanche soir de petite forme, j’ai néanmoins rencontré Paul, un compagnon de chambre britannique, qui m’a demandé ce que je faisais en me voyant vous poster la vidéo sur le blog et qui m’a demandé l’adresse, dans l’intention de lire mes articles par Google translation… Good luck !

 

J’ai également rencontré une dame âgée allemande, voyageant avec son mari, qui ne parle presque pas un seul mot d’anglais mais qui avait décidé de prendre soin de moi et, de dimanche à mercredi, elle m’a proposé tour à tour de la soupe, de la salade, du café soluble (parce qu’il n’y avait ni machine ni café instantané dans cette auberge…) Elle est d’origine lituanienne et a décidé que je devais venir en Lituanie. Ah, vous auriez dû me voir lutter contre l’anglais pour essayer de ressortir mes quelques notions d’allemand ! Son mari parle un peu français aussi, ça a aidé parfois.

 

Tout ça est anecdotique mais j’ai envie de me souvenir de tous ces gens croisés, qui ont été gentils et avenants à un moment où je ne pétais pas la forme.

 

Ce même dimanche soir, pour ne pas me laisser abattre, j’ai pris mon téléphone, je me suis connectée à internet et je me suis achetée un billet pour le festival du lendemain dont les filles de Wellington m’avaient parlé. En plus, ça se passait au Blue Lake (également appelé « Lake Tikitapu »), un endroit également magnifique de Rotorua qui était sur ma liste !

 

Le lundi 5 février, donc, en fin de matinée, j’étais parée pour le festival et prête à faire du stop pour y aller (parce que, en Nouvelle-Zélande, tout le monde fait ça et que c’est hyper facile, les gens s’arrêtent très naturellement). Mais, quand je m’en suis ouverte à la manager de l’auberge, en espérant qu’elle me soutiendrait et m’aiderait, elle m’a dit que non, quand même, c’est dangereux si je ne vois pas qui s’arrête… J’ai pas argumenté (voyez comme je suis raisonnable) et j’ai sagement accepté le taxi, un monsieur tout à fait adorable qui est venu me chercher.

 

Bon, contrairement à mes espérances, je n’ai pas vraiment rencontré de gens à ce festival : c’est un endroit où les gens viennent en famille et entre amis, moi non plus je ne parle pas aux autres quand je suis en festival avec mes copains… Je me suis toutefois imprégnée d’un moment de fête locale, ce qui était le but. Selon une des employée du festival qui a fait la queue avec moi lorsque je suis allées me chercher un café, il y a eu 6200 billets vendus et, vu les quelques personnes avec lesquelles j’ai parlées, les gens venaient d’un peu partout sur l’île du nord. D’ailleurs, ils étaient super équipés : couvertures, matelas gonflables, bouées, parasol… J’ai regretté de ne pas avoir emmené mon maillot de bain car on pouvait se baigner dans le lac, même si je pense qu’il faisait un peu trop frais et que je ne me serais probablement pas motivée.

 

J’ai donc passé l’après-midi assise dans l’herbe, à écouter la musique et j’ai tout de même rencontré un couple d’Auckland, dont la dame m’a proposée de partager sa couverture et son parasol (qui est devenu un parapluie lorsqu’il se mettait de temps en temps à pleuvoir). Un chouette moment de vie locale, même si musicalement ce n’était pas ma tasse de thé : on a commencé par de la pop gentillette, puis un artiste plus hip-hop et un autre plus électro qui faisaient un peu le show, puis à nouveau de la pop trop fleur bleue pour que ça puisse me toucher… Peu importe, ce n’était que des artistes néo-zélandais inconnus pour moi et j’y suis allée volontairement en non connaissance de cause.

 

Voici une photo du Blue Lake, prise par la dame d’Auckland à la fin du festival, vers 18H, lorsque les gens étaient sortis de l’eau.

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Pour le retour, j’ai suivi le mouvement et je suis montée dans le bus spécialement affrété pour l’occasion, bien que je ne savais pas où il m’emmenait… Il me rapprochait de la ville, c’était déjà pas mal ! Ensuite, contrairement à ce que j’avais espéré, personne n’a proposé de me ramener et je n’ai rien demandé donc, à nouveau, je me suis résigné au taxi.

 

Le soir, à l’auberge, j’ai fait la connaissance de Laura (une française adorable qui partageait mon dortoir), Maria (une allemande qui voyage également avec Stray et que je retrouverai quelques jours plus tard), ainsi que deux copines de Suisse qui voyagent ensemble (dont l‘une est aveugle, du genre très sympa et futée donc c’était plutôt rigolo).

 

Le mardi 6 février, a commencé ma longue attente pour aller à la fameuse Redwood Forest… J’ai demandé à la réception s’ils pouvaient me prévenir si quelqu’un y allait, dans le but que je puisse demander si je pouvais m’incruster… Donc j’ai attendu et attendu, en vain. Matinée plutôt larvée, du cou, si ce n’est que c’est là que j’ai enfin commencé à répondre à vos messages. En début d’après-midi, il était devenu évident que ça ne servait plus à rien d’attendre… Alors j’ai essayé de me bouger pour aller au lac Rotorua parce que, je voulais le voir de toute façon (je m’étais loupée déjà le dimanche) et ça, au moins, je pouvais m’y rendre seule à pied. C’est un lac où les gens ne se baignent pas mais il avait l’air bien joli. J’étais quand même un peu triste du coup j’ai eu du mal à m’extraire de ma léthargie mais j’ai fini par y aller, encore une fois grâce aux très bonnes indications de la manager. Je me suis posée dans l’herbe en face du lac, allongée sur le dos à penser et rêver… Il faisait bon, j’avais presque un peu chaud. J’étais bien, j’aurais pu rester plus longtemps (ma faute, j’avais qu’à bouger plus tôt !) Mais le soir, j’avais réservé pour un spectacle maori donc, j’étais attendu et il fallait que je rentre.

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Le spectacle se produisait dans un village maori, comme il y en a plusieurs autour de Rotorua et dont j’ai malheureusement oublié le nom (et oublié de redemander…) Igor, un garçon d’origine ukrainienne qui dormait à la même auberge, y allait également et nous avons donc passé cette soirée ensemble. Une fois dans le bus, notre chauffeur nous dit que, pour la soirée, nous sommes une tribu invitée au village et qu’il faut donc qu’il y en ait un qui soit notre chef… Evidemment, Igor lève la main pour être volontaire, arguant que ce sera une bonne expérience !

 

J’avoue, il s’en est sorti avec les honneurs. Bon, honnêtement, c’était assez similaire à ce que j’avais pu vivre dans le Northland : cérémonie de bienvenue, mot d’accueil, remerciement du chef de la tribu invitée, chants et danses, démonstration d’armes… Comme d’habitude je ne mets pas de vidéo qui pourrait les engager mais, si vous tapez « maori welcome ceremony » sur Google, vous en trouverez quelques exemples.

 

La différence avec mes expériences passées c’est que, cette fois, il y avait le repas en plus. Il s’agit du Hangi, le plat traditionnel maori : c’est du poulet et de l’agneau, des pommes de terre et des patates douces, le tout cuit dans la terre à l’aide de pierre chauffée, à feu très doux donc… J’ai trouvé ça très bon ! A table, Igor et moi étions avec deux canadiennes à la retraite, qui étaient associées professionnellement et qui maintenant voyagent ensemble, elles étaient très sympas et j’ai passé un bon moment.

 

Ensuite, le programme consistait à nous faire faire une promenade dans les bois pour aller voir des vers luisants… Honnêtement, cette partie était absolument inintéressante : on s’arrêtait tous les dix pas pour des explications à rallonge, on n’a presque pas marché et c’était un peu une arnaque je trouve.

 

Et puis, je dois bien admettre que, si mon intérêt pour la culture maorie reste absolument intact, je crois que je suis passée à une autre phase de mon questionnement : au-delà de ce qu’on présente aux touristes (et qui est authentique, je ne le remets pas en cause), quelle est la place réelle des maoris en Nouvelle-Zélande, sur le plan politique et sociétal ? Leur langue et leur drapeau sont reconnus officiellement, ce qui est plus que pour la plupart des indigènes ailleurs dans le monde, mais ils restent néanmoins une minorité et je ne sais pas du tout quelle est la part d’embellissement (ni même s’il y en a une) dans ce qu’on nous présente. Vraiment, je ne porte aucun jugement, ce sont des questions que je me pose auxquelles je n’ai pas de réponse pour le moment.

 

J’ai essayé à plusieurs reprises de savoir s’il y aurait des célébrations auxquelles je puisse me rendre pour Waitangi Day et les gens répondaient plutôt qu’ils ne savaient pas… La seule qui m’a donné une autre réponse c’est la manager de l’auberge, qui m’a dit que ce jour-là, il y a davantage de manifestations que de célébrations.

 

Bref, au retour de cette soirée, Igor a lui aussi pris l’adresse de ce blog parce que, dit-il, il veut voir comment je m’en sors au Tongariro (prochaine étape, je vous en reparlerai). Après ça, petit moment de partage agréable avec mes compagnons de chambre (une suédoise, deux canadiens, un néerlandais et Maria, l’allemande rencontrée la veille).

 

Mercredi 7 février : rebelote avec la Redwood Forest et le manager de l’auberge me donne quelques espoirs en me disant qu’un couple anglais a l’intention d’y aller cet après-midi mais qu’il ne sait pas s’ils repasseront par là avant d’y aller… Eh bien, ils ne sont pas repassés et, deuxième matinée larvée pour moi (où, cette fois, j’ai fini de vous répondre quand même !) A ce stade, j’étais vraiment triste pour cette forêt mais, j’arrivais tout de même à me dire que, non, je n’allais pas passer la journée à déprimer dans mon lit, fallait que je bouge… Donc comme la veille, j’ai bougé tard et, après avoir échangé trois mots avec le manager de l’auberge et un jeune qui travaille à la réception, j’opte pour un retour au Blue Lake : après tout, je n’avais fait que toucher l’eau du bout des doigts lundi, je voulais la sentir vraiment.

 

J’ai tenté de rappeler le taxi qui m’avait emmené au festival le lundi et qui pratiquait des prix carrément raisonnables, mais il n’était pas disponible… Je vous passe les détails de mes tentatives infructueuses pour trouver un autre taxi à un prix qui ne soit pas exagéré, de celui qui m’annonce quelque chose au téléphone pour me dire autre chose une fois arrivé, puis de mon abandon en constatant que ce sont vraisemblablement les tarifs en vigueur… De toute façon, l’idée de rester à l’auberge à ne rien faire était pire que tout alors, je tenais vraiment à aller au lac.

 

Comme la veille en face du lac Rotorua, je me suis allongée dans l’herbe un bon moment, j’étais bien, puis j’ai été réveillée par quelques gouttelettes de pluie… J’avais mis mon maillot de bain sur moi mais il faisait trop frais, j’ai donc opté pour aller juste tremper mes pieds jusqu’aux mollets, l’eau était plutôt bonne et j’ai pris plaisir à y marcher un temps. Il y a une balade de 5KM autour du lac mais, seule, je ne l’ai pas tentée (l’après-midi était déjà bien avancée et ça ne me semblait pas raisonnable d’aller m’éloigner comme ça).

 

Lorsqu’il fut temps pour moi de rentrer, je me suis pointée sur le parking avec la ferme intention de trouver quelqu’un pour me ramener en ville et, bingo, la première personne à qui j’expose ma requête me dit qu’elle peut m’emmener et je me suis retrouvée dans la voiture de toute une famille néo-zélandaise, ils m’ont ramené carrément jusque devant mon auberge ! D’ailleurs, je vous fais part du conseil fort avisé de cette dame, à qui je faisais part de mon étonnement sur la météo très changeante, de la Nouvelle-Zélande en général mais de Rotorua en particulier : « ici, il faut toujours avoir avec toi ton manteau de pluie et ton maillot de bain en même temps, tu ne sais jamais duquel tu auras besoin… » Et en effet, c’est fou comme ici, il est quasiment impossible de prévoir la météo, non seulement pour le lendemain mais même pour dans une heure !

 

A part cette petite escapade au lac, cette journée aura été plutôt morne et, en colère contre moi-même, je me suis dit que, si les autres il leur suffit de se mettre au bord de la route, de faire du stop et de suivre les panneaux pour faire toutes les promenades qu’ils veulent, pourquoi tu ne prendrais pas le taureau par les cornes toi aussi ? Après tout, la plus petite balade de la Redwood Forest, c’est une demi-heure, ce n’est pas la mort… Ce soir-là, je décide donc que le lendemain, dernière matinée à Rotorua, j’irai seule à cette fameuse Redwood Forest et je verrai bien, là-bas, au culot si je trouve quelqu’un pour m’accompagner !

 

Donc allez, le lendemain, jeudi 8 février à 9H, je fonce à la réception, je dis « pouvez-vous m’appeler un taxi s’il vous plaît ? Je vais à la Redwood Forest toute seule, on verra bien ». Mon fameux chauffeur du lundi n’était toujours pas disponible donc, même compagnie que la veille (mais je connaissais les tarifs en vigueur cette fois donc plus de surprise et de toute façon, je m’en fichais complètement, mon envie de faire était bien plus forte). Arrive donc une chauffeur, hyper avenante, qui rigole beaucoup et fort, qui s’extasie de mon voyage en solitaire… Elle me raconte qu’elle est maorie et vit à Rotorua depuis 40 ans et moi, je suis bêtement contente de papoter avec quelqu’un qui soit du coin et ne soit pas un touriste pour une fois !

 

Arrivée au centre d’information de la Redwood Forest, j’expose ma requête : « bonjour, je veux visiter la forêt mais je suis toute seule, y aurait-il quelqu’un pour venir avec moi ? » Je sens bien la gêne du type en face de moi, qui me répond « je ne crois pas mais attendez, je vais demander… » Il va voir une de ses collègues, qui répond « je ne crois pas mais attendez, on va demander… » A ce stade, je savais bien qu’ils allaient me dire non avec le plus de gêne possible et moi, j’en étais à me demander quelle serait la meilleure stratégie pour m’incruster avec des gens sans avoir l’air impolie, quand une dame m’aborde : « si tu veux, nous on a fini mais on peut refaire un tour avec toi, est-ce que c’est suffisant pour toi si on fait juste le tour d’une demi-heure ? »

 

Mais oui, oui, oui, bien sûr que c’est suffisant ! Moi, depuis le début, je veux juste toucher les séquoias géants et sentir cette forêt autour de moi, je n’ai pas besoin que ça dure des heures ! Me voilà donc partie avec ces trois australiens, hyper sympas, qui sont à Rotorua pour cinq jours, à l’occasion d’une course de 160KM qui a lieu samedi. Vous vous rendez compte, 160KM ! Ces gens ont toute mon admiration, en plus de mon affection sans faille pour m’avoir permis de visiter cette magnifique forêt. Je vous jure, avec tout ce que je l’ai attendue, vous avez intérêt à savourer les photos !

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Oui, d’accord, tout le monde n’est pas obligée d’être aussi hystérique et bornée que moi… Mais franchement, je ne regrette pas une seule seconde de m’être faite une montagne de cette sortie parce qu’elle vaut vraiment le coup, cette forêt est douce et magnifique et tellement accueillante … J’adore les forêts, encore plus le matin. Je ne comprends pas pourquoi les gens n’y vont pas plus mais d’un autre côté tant mieux, c’était plus calme.

 

Un temps, je me suis dit que j’étais quand même un peu bête, au lieu de me morfondre deux jours à attendre bêtement j’aurais pu y aller plus tôt… Mais alors, j’aurais peut-être rencontré d’autres gens mais pas ceux-là et ils étaient absolument géniaux… Donc, non, aucun regret et toute sensation d’avoir perdu du temps est évaporée. Et puis, Rebecca, la dame qui m’a abordée, m’a donné son adresse mail en me disant « quel que soit le temps que ça te prend, le jour où tu viens en Australie écris-moi ». Crois-moi, c’est noté et je vais même écrire avant pour savoir comment s’est passée la course !

 

Une fois la promenade finie, ils ne pouvaient pas me ramener parce qu’ils n’allaient pas vers la ville mais moi, de toute façon, j’avais bien envie de me payer un café et de le savourer pour fêter cette sortie. D’accord, je ne suis pas sûre que ce café était digne d’être savouré vu sa qualité, mais à moi il m’a semblé bon parce que j’étais en état de manque et d’euphorie…

 

Ensuite, comme la veille, je pars à la recherche du parking en vue de demander si quelqu’un peut me ramener et, comme la veille, le premier à qui j’expose ma demande me dit « moi, je peux ». En fait, ici, c’est tout à fait normal de demander aux gens qui ont une voiture s’ils peuvent emmener des inconnus en chemin, car en-dehors des grandes villes les transports en commun sont inexistants et les taxis sont hors de prix. Donc, jamais, on n’a l’impression d’être impoli ou d’abuser.

 

C’était un canadien, hyper sympa encore une fois et très avenant, qui vit en Nouvelle-Zélande depuis 20 ans et étaient avec deux amis venus lui rendre visite du Canada. C’était leur dernier jour donc ils voulaient prendre le temps de se dire au revoir (ce qui est tellement normal), du coup il ne m’a pas proposé de me ramener à l’auberge mais m’a laissée devant l’office du tourisme. Là, armée de mon GPS, j’ai trouvé mon chemin toute seule comme une grande (alors que deux jours plus tôt, en revenant du lac Rotorua, j’avais eu besoin d’aide, notamment d’une jeune fille qui avait cherché ma rue pour moi et avait fait demi-tour exprès pour m’accompagner).

 

Jeudi après-midi, au revoir Rotorua, c’était chouette pour de vrai malgré les coups de mou ! Direction Taupo, juste pour une nuit, histoire de voir le lac Taupo, très réputé. C’est grâce à Maria et ses bonnes idées que j’ai pu y aller et j’en suis ravie : Taupo n’est pas prévu (seulement optionnel) dans l’itinéraire de base de Stray et, vu le temps que j’avais passé à Rotorua, je pensais que je ne pourrai pas m’y arrêter. Or, dans l’itinéraire de Stray, il y a une soirée maorie, que l’on peut zapper si on rejoint Taupo par nos propres moyens. Etant donné que j’ai déjà suivi des événements maoris par moi-même, j’ai sans hésitation sauté celui prévu par Stray et j’ai réservé un bus Intercité pour aller à Taupo à la place.

 

Maria et moi prenions donc le même bus Intercité ce jeudi et nous rejoindrons le même bus Stray ce vendredi. En revanche, nous ne sommes pas dans la même auberge à Taupo. Quand même, les gens, j’ai réservé dans une auberge où ils proposent de venir nous chercher en voiture si on ne veut pas marcher avec tous nos bagages ! J’ai lu ça sur leur site et je les ai appelés en mode « vraiment, vous faites ça ? Incroyable ! »

 

En revanche, ils ne m’ont pas proposé de m’emmener au supermarché donc là, j’ai dû me débrouiller toute seule et ce n’était pas simple… Leurs explications étaient assez claires mais cette ville, tout de même, est un peu flippante… Il n’y a pas grand monde dans les rues et des grands carrefours… A un moment, j’ai attendu longtemps pour croiser une âme qui puisse m’aider à traverser… Un jeune néo-zélandais d’origine philippine, voyant mon désarroi, a fini par m’accompagner et, une fois dans cet immense supermarché, il s’agissait de trouver quelqu’un pour m’aider dans les rayons… Là encore, le karma m’a carrément souri : une dame qui était là avec sa fille (adolescente ou jeune adulte déjà) m’a aidé et j’ai pu faire mes courses de base, de quoi subvenir à mes besoins en attendant le prochain arrêt avec le groupe Stray.

 

Une fois à la caisse, cette adorable dame me demande comment je suis arrivée jusqu’ici et, évidemment, vous me connaissez maintenant, j’ai en tête de trouver quelqu’un pour me ramener (elle ou un autre, peu importe…) Donc, je lui dis que je suis venue à pied mais que c’était galère… Bingo, elle me propose de me ramener et me dépose juste devant mon auberge, le bonheur alors que le trajet aller m’avait donné tant de fil à retordre !

 

Ce soir, dans cette auberge, je n’ai rien demandé mais je me retrouve dans une chambre de trois pour moi toute seule, sur un lit simple (c’est-à-dire pas superposé…) Conditions idéales et carrément inespérées pour vous écrire et en plus, je peux écouter ma musique ! J’ai juste socialisé un peu autour de la table du dîner, ce qui m’a permis de demandé à une suissesse, très prévenante et rigolote, de m’aider pour trier les photos que vous avez vues.

 

Le lac Taupo, c’est au programme de demain matin donc vous en verrez des photos dans le prochain article.

 

Et, le prochain article verra également le dénouement de ce suspense absolument insoutenable : Perrine va-t-elle arriver au bout du Tongariro Crossing ou va-t-elle mourir dans d’atroces souffrances avant la fin ? A suivre !

 

Normalement je le fais dimanche si tout va bien, priez pour moi…

 

Punaise il était horriblement long cet article, je suis désolée je m’étale beaucoup trop…

 

Oh et au fait, ça y est, mon premier mois de voyage est passé... Déjà ? ...