Kia ora !

 

Ça veut dire « bonjour » en maori, ou « bienvenue » ou « bonne journée » ou « portez-vous bien » aussi.

 

Avant toute chose, je vous demande une ovation collective et un tonnerre d’applaudissements pour mon grand frère, s’il vous plaît, grâce à qui vous avez désormais droit à des photos à l’endroit. C’est lui qui a trouvé la solution et repassera derrière moi (sans pression, quand il pourra) pour rééditer mes publications. En voilà un qui n’a pas volé le titre d’adjoint technique que je lui ai attribué dès le début : et pourquoi « adjoint », d’ailleurs ? Responsable technique, au moins, non mais !

 

Ensuite, certains d’entre vous m’ont demandé s’il y avait une possibilité pour être prévenu des nouvelles publications. Alors, personnellement, je ne l’ai pas trouvée : en même temps j’ai dû chercher moins de deux minutes, on a vu mieux comme persévérance, ou peut-être Canalblog s’est-il dit que je n’avais pas besoin de m’abonner à mes propres articles… Allez savoir. Néanmoins, j’ai vu dans mes statistiques que j’avais deux abonnés (merci à eux) donc il y en a deux au moins dans l’assistance qui ont trouvé, ce qui signifie que oui, les amis, il y a un moyen même si je ne sais pas lequel. En revanche, j’ai remarqué qu’à certains moments, Canalblog débloque : en ce moment ça semble revenu à la normal mais durant plusieurs jours je recevais moins de la moitié des notifications et je devais vérifier directement sur le blog pour ne pas manquer une réponse à apporter, donc je me permets de questionner la fiabilité du truc…

 

Une troisième chose et promis, je reprendrai un récit normal après ça. Dans mon dernier post où je vous parlais de Rangitoto, j’ai oublié de vous raconter que notre adorable guide, alors que nous nous baladions au milieu de la végétation, m’a présenté un arbre répondant au doux nom de Manuka, également appelé « tea tree ». Il m’en a donné une branche et m’a dit de faire infuser les feuilles dans de l’eau chaude pour tester, ce que je n’ai pas manqué de faire une fois de retour à l’auberge. Eh bien, j’ai trouvé ça bon ! Comment décrire le goût ? Je dirais bien que ça avait un goût de plante mais vous pourriez légitimement me répondre « tu parles d’une surprise ! » Et si je vous dis « un goût d’herbe », ça ne donnera pas envie et ça ne rendra pas justice à ce que ce fut vraiment. Bon, je ne sais pas alors mais quoi qu’il en soit, ça sentait la nature et c’était bon. Sand doute que vous vous en fichez un peu de cette anecdote mais moi je voulais m’en souvenir alors voilà, c’est écrit.

 

Bref, et donc, on avance ? Nous en étions restés à vendredi matin 19 janvier où, de bonne heure, je devais prendre mon premier bus Stray pour me rendre vers le Northland, c’est-à-dire la région la plus au Nord de l’île du Nord. Rendez-vous avec W devant mon auberge à 7H30 afin qu’elle m’emmène au point de rencontre dans sa voiture, ce qui m’a évité de me poser pendant des heures la question de comment j’allais y aller, entre mes pieds et mon GPS, le bus de ville ou le taxi… Elle m’a donc déposé et nous nous sommes dit au revoir, jusqu’à nos retrouvailles début mars avec une autre amie à Wellington.

 

Je fus la dernière récupérée car j’étais la seule à m’être inscrite pour être cherchée à un autre arrêt que le principal, vu que c’était plus proche de mon auberge : je jure que je n’ai pas fait exprès de faire exception !

 

Une fois montée dans le bus Stray et parti sur les routes néo-zélandaises, notre chauffeur, tout en conduisant, nous raconte la légende maorie de la création du monde : à l’origine, il y eut Papatuanuku, la Mère-Terre et Ranginui, le Père-Ciel ; cette légende explique la naissance des différents Dieux, puis, des différentes formes de vie sur terre (vous pouvez en trouver une traduction sur internet si vous souhaitez la lire, si vous ne trouvez pas faites-moi signe et je préciserai au prochain article).

 

Notre premier arrêt a eu lieu environ 1H30 plus tard pour une petite balade au milieu des arbres. Malheureusement, je ne me souviens pas du nom de l’endroit mais voilà une photo pour vous faire une idée :

Vegetation

 

C’est là que je rencontrerai mes premiers compagnons de voyage par le biais d’Ashleigh, une anglaise qui était dans la même auberge que moi à Auckland sans que nous ne nous soyons parlées. Ces nouveaux compagnons de route passeront 2-3 jours avec moi.

 

Le deuxième arrêt était à Whangarei mais uniquement pour déjeuner, non pour visiter, ce qui m’amènera à décider plus tard de m’y arrêter sur le chemin du retour.

 

Nous sommes arrivés à Paihia aux alentours de 14H, une petite ville plutôt très touristique qui fait partie d’un ensemble plus global appelé Bay of Island « baie des îles ».

 

Après avoir pris rapidement possession de nos chambres, notre petit groupe composé de trois néerlandais, une luxembourgeoise, une canadienne et une anglaise, décide de se rendre à Russell, une petite ville juste à côté (moins de 1000 habitants), à 10 minutes de ferries. Je crois que je n’aurais jamais autant pris le bateau de toute ma vie (en même temps, ma fille, tu es partie voyager sur une île, de quoi est-ce que tu t’étonnes exactement ?) D’après Wikipedia (oui, je cite mes sources même quand elles sont pourries), ce fut la première ville portuaire fondée en Nouvelle-Zélande par les européens : de manière plus générale, la baie des îles fut d’ailleurs la première région colonisée.

 

Il faisait grand beau, la balade à Russell fut donc bien agréable après la pluie d’Auckland que nous avions quittée le matin même. Nous sommes d’abord monté jusqu’à un joli point de vue puis en redescendant, nous avons fait un arrêt à la plage (juste pour tremper nos pieds bien que les vagues nous aient trempé davantage) puis un autre arrêt pour une petite glace de rigueur… Voici deux photos, l’une depuis le point de vue et l’autre sur le chemin du retour.

RUSSEL_PDV

Russell_plage

 

En somme, ce fut une sortie bien agréable.

 

Le soir, nous nous étions inscrits pour un barbecue que l’auberge organise systématiquement pour ceux dont c’est la première soirée. Honnêtement, ce n’était pas un mauvais moment car j’étais en bonne compagnie, mais la viande était trop cuite et la musique trop forte (enfin, de trop mauvaise qualité surtout) donc, je ne regrette rien mais on aurait pu s’en passer.

 

Je comprendrai par la suite que cette auberge (ou plus vraisemblablement toutes les auberges de cette chaîne) semble avoir un partenariat avec les compagnies de bus hop-on hop-off. Je n‘ai croisé que des voyageurs se déplaçant avec Stray ou Kiwi Experience, la seconde compagnie qui compose le marché. Ca flaire par conséquent un peu l’usine et l’attrape-touriste qui ne s’est pas renseigné davantage : c’est plus cher que la plupart des autres auberges alors que la cuisine est immonde à vous en dégoûter de vous préparer à manger, le wifi n’est gratuit que de 7H à 19H et il n’y a pas de casiers pour nos affaires de valeur… A l’avenir, je réfléchirai davantage à mes alternatives entre suivre le mouvement pour être avec mes camarades de voyage ou réserver par moi-même des auberges plus agréables. Notez que je ne me plains pas, le personnel de l’auberge était adorable et je ne suis pas du genre à me déranger de vivre dans des conditions matérielles moyennes, mais c’était beaucoup trop cher payé pour ce que c’était et j’ai donc eu un peu l’impression d’une arnaque.

 

A Paihia, j’avais donc payé pour trois nuits mais finalement, j’ai décidé de rester une quatrième nuit car j’avais l’opportunité de croiser des amies rencontrées à Auckland, les filles canadienne et finlandaise qui étaient dans la même auberge que moi et qui venaient dans le Nord à la même période. Juste pour le principe et parce que mes copains repartaient tous avant moi de toute façon, j’ai donc bougé même pour une nuit dans une autre auberge tout à côté.

 

Bref, revenons-en à nos moutons (avouez qu’en Nouvelle-Zélande, cette expression est appropriée bien que tiens, je n’ai pas encore vu de moutons alors qu’il paraît qu’ils sont 40 millions ! Ils sont où, dis ? Bah, sans doute pas dans les villes ou au bord de la mer hein donc on verra ça plus tard…)

 

Samedi 20 janvier, Stray organisait une sortie à la journée à Cape Reinga. Il s’agit de la pointe Nord de l’île du Nord, lieu connu notamment pour son phare. Dans la mythologie maorie, il s’agit du dernier endroit où se rendent les âmes avant leur voyage dans l’au-delà. Il s’agit, également, du point où se rencontrent l’océan Pacifique à l’Est et la mer de Tasman à l’Ouest.

 

Au risque de sembler un peu rabat-joie, j’ai trouvé ça décevant : énormément de temps dans le bus, tout ça pour quelques arrêts d’une demi-heure à chaque fois… J’avoue que je n’ai pas compris car les gens qui voyagent en voiture s’arrêtent à Cape Reinga au moins pour une nuit, alors qu’on n’a fait qu’une toute petite marche de moins de 30 minutes… Là encore, heureusement que la compagnie était agréable. Le temps était au brouillard mais voici tout de même quelques photos.

Cape_Reinga_1

Cap_Reinga_2

Cape_Reinga_3

 

Je pense que l’endroit est magnifique, c’est vraiment l’organisation de Stray que je regrette ici.

 

Voici également une photo d’un arbre plusieurs fois centenaires, appelé un « Kauri », vu dans une forêt tropicale dans laquelle nous nous sommes arrêtés un moment à l’aller, quelques instants après être sortis de Paihia. C’est un arbre que l’on peut voir beaucoup dans cette région de la Nouvelle-Zélande et qui est connu pour être l’arbre qui forme les plus gros troncs dans le pays.

Kauri_tree

 

Impressionnant la taille, vous ne trouvez pas ?

 

Au retour de Cape Reinga, on a fait du sandboard et ça, c’était fun ! J’ai d’ailleurs apprécié que les organisateurs me laissent essayer sans poser la moindre question alors que je m’étais préparée psychologiquement au contraire. Je ne sais pas s’il y a un équivalent en français (planche de sable ?) mais en gros, le sandboard consiste à monter une pente bien raide avec ses petits pieds et sa planche dans les mains, pour avoir ensuite le plaisir de la descendre en glissant. Franchement, je me suis éclatée. Bon, je ne vous cache pas que c’est cinq minutes de souffrance absolue en montée pour environ 20 secondes de descente, mais il faut ce qu’il faut… Car oui, les enfants, j’ai souffert et j’ai fini avec du sable de la tête aux pieds, littéralement. Je l’ai fait trois fois, les deux premières fois en m’arrêtant au premier palier et la troisième fois en montant au sommet pour la gloire mais en fait, de gloire, il n’y en eut aucune parce que je soufflais littéralement d’épuisement… Et là, la question qui tournait en boucle dans ma tête était : « et toi, tu es sûre que tu veux tenter la randonnée du Tongariro, avec ta condition physique toute pourrie ? » Et bien, on verra… Pour information, le Tongariro Crossing est une randonnée très réputée en Nouvelle-Zélande, autant pour sa beauté que pour sa difficulté.

 

C’est un peu ballot que je n’aie pas eu le loisir de tenter une quatrième descente alors que je venais enfin de comprendre comment tourner (parce que, oui, j’ai systématiquement fini les pieds vers le bas alors qu’on démarre tête la première…) Ah, et bien, il faudra que j’en refasse pour tester l’efficacité de mes virages.

 

Pour le reste de la journée, je vous passe les différents arrêts de pure consommation pour manger ou prendre un café… Oui, je le dis, on s’est fait balader dans un bus comme de vulgaires touristes : certes, je suis une vulgaire touriste moi aussi mais les excursions en bus comme si je ne pouvais pas marcher plus de cent mètres sans me fatiguer, très peu pour moi.

 

Bon, finalement, ce n’est pas plus mal que j’ai vécu ça dès le premier jour car au moins, j’ai acquis la certitude que je devais m’organiser pour sortir des sentiers battus et rebattus de Stray. SI le soutien logistique peut être un appui, je crois qu’il ne faut pas que je les attende pour le frisson…

 

Ce soir-là, avec notre petite bande, nous nous sommes achetés des bouteilles de vin, que nous avons bu assis par terre dans nos chambre dans des tasses à thé : non, la française que je suis n’a pas hurlé, c’était plutôt drôle. Ensuite, on est allé en face, là où ils organisent les barbecues, pour danser et boire quelques bières.

 

Le lendemain, la moitié de notre petit groupe est reparti et ne restait plus que Ashleigh, la fille anglaise et Sytze, un néerlandais (qui s’est fait appeler Sam tout du long parce que Sytze, pour les anglophones, c’était trop compliqué). Il a plu à torrent toute la journée donc, ce fut un lazy day (jour de flemme) absolu pour Ashleigh et moi, à part une mini balade au centre-ville qui s’est terminé par la visite d’une petite église en pierre toute mignonne. Sinon, et bien, j’avais des tas de choses à rattraper dans mes communications internet (pourquoi je dis ça au passé, d’ailleurs ? J’ai toujours des tas de choses à rattraper sur internet…)

 

Néanmoins, Ashleigh a pris pour vous une petite photo de la vue depuis Paihia :

Vue_depuis_Paihia

 

Le lundi 22 janvier, j’étais bien décidée à ne pas passer deux jours de suite devant mon ordinateur (je suis en Nouvelle-Zélande, quand même, la flemme je la maîtrise à merveille chez moi). Donc au réveil, direction l’office du tourisme. J’avais envie de visiter le Waitangi Treaty Grounds, il s’agit de l’endroit même où le traité qui proclame la fondation de la Nouvelle-Zélande en tant que nation à part entière a été signé le 6 février 1840, entre les chefs maoris et la couronne d’Angleterre. Entraînés par mon élan, mes deux compagnons sont venus avec moi. Le Waitangi est une rivière (« Wai » veut dire « eau » en maori, donc vous pouvez faire le lien avec Waiheke Island par exemple dont je vous ai parlé la dernière fois). Pour se rendre au lieu du musée, il faut donc traverser un petit pont au-dessus de la rivière, balade très agréable d’une trentaine de minutes dont je ne profiterai qu’à l’aller car ensuite, mes compagnons devaient repartir vers la suite de leur voyage, ils ont donc dû écourter leur visite (par conséquent, taxi pour moi au retour parce qu’il n’y avait aucune navette).

 

Ils ont néanmoins eu le loisir de profiter avec moi de la visite guidée. C’était extrêmement intéressant. On nous a parlé des premiers maoris arrivés en Nouvelle-Zélande (notamment Kupe, qui serait le premier) ; d’Abel Tasman, qui fut le premier explorateur européen en 1642 puis  du Capitaine James Cook en 1769, envoyé par le gouvernement britannique, qui dessinera des cartes des terres qu’il explore.

 

Le traité signé en 1840 comprend seulement trois articles. Il reconnaît la Nouvelle-Zélande comme étant placée sous la souveraineté de la couronne britannique ; il assure toutefois aux chefs maoris et à leurs tribus qu’ils restent possesseurs de leurs terres ; enfin, il garantit l’égalité des droits entre maoris et sujets britanniques.

 

Toutefois, des différences d’interprétation entre le texte anglais et le texte maori, notamment sur la notion de souveraineté par rapport aux terres, se font de plus en plus prégnantes et cela aboutira aux guerres entre collons et maoris dans les années 1860.

 

 Bon, malheureusement, notre guide parlait à toute vitesse et moi j’avais un coup de fatigue donc j’étais moins alerte… Moralité je n’ai pas réussi à tout suivre et j’en étais agacée contre moi-même. Cela dit, le point positif est que ça m’a donné envie de lire à propos de cette histoire et de me renseigner davantage.

 

Quoi qu’il en soit, le traité de Waitangi reste considéré comme un acte fondateur de la nation néo-zélandaise et occupe, encore à ce jour, une place importante dans la politique nationale. Pour ma part, je dois admettre que ce qui me frappe beaucoup en Nouvelle-Zélande, c’est l’importance extrême qu’ils accordent au fait de faire vivre la culture maorie : j’ai le sentiment qu’il s’agit d’une fierté pour la Nouvelle-Zélande, ce qui est loin d’être le cas dans d’autres pays où les indigènes doivent se battre pour être reconnus et considérés.

 

Après le départ d’Ashleigh et Sam, je suis restée pour attendre le show culturel. Il s’agit d’un groupe de maoris, qui nous invitait dans leur « meeting house » (c’est-à-dire une grande maison où il est coutume de recevoir les invités). Il s’agit de grandes maisons en bois, décorées par de magnifiques sculptures à l’entrée et dans le fond. Ils nous ont donc fait vivre une cérémonie traditionnelle, avec rituel avant d’entrer, chants et danses, démonstration du maniement des armes… J’ai d’ailleurs cru reconnaître un Haka (lequel, comme vous le savez sans doute, a traditionnellement pour vocation d’intimider l’ennemi). Les chants étaient absolument magnifiques, très entraînant, joyeux, harmonieux et puissants…

 

Ce soir-là, j’ai changé d’auberge et l’accueil dans mon auberge d’une nuit fut tout à fait chaleureux. La tenancière était à fond avec la petite voyageuse aveugle du bout du monde que je suis et un jeune allemand a eu à cœur de me faire visiter les lieux (c’est fou ce qu’il y a comme voyageurs allemands dans les auberges néo-zélandaises, encore plus que des français…)

 

Mardi 23 janvier, dernier jour à Paihia. Enfin, il a fait grand soleil et Dieu sait que ce n’était pas gagné vu les deux jours qu’on venait de passer, alors que j’avais prévu une activité en extérieur. J’en ai eu, du bol ! En effet, j’ai retrouvé le même chauffeur de taxi que la veille, pour retourner à quelques centaines de mètres des mêmes lieux dans l’optique d’une sortie sur un waka, c’est-à-dire un bateau traditionnel maori (ou devrais-je dire une pirogue ?) C’est ma maman, grâce à ses lectures sur internet, qui m’avait parlé de cette possibilité (c’est fou, ces gens qui sont plus renseignés que moi alors que je suis sur place…) Ça tombait très bien, ça faisait longtemps que je n’avais pas ramé (ça n’avait pas grand-chose à voir avec de l’aviron mais on retrouve tout de même quelque chose d’approchant dans le geste, ce qui m’a fait très plaisir comme sensation).

Wak_tour

 

Sur les wakas, nous sommes en deux lignes, la ligne de droite qui tient les rames de droite et la ligne de gauche qui tient les rames de gauche. Trois maoris nous accompagnaient dont l’un est resté tout du long avec moi pour me montrer les gestes, il était adorable et a voulu prendre plein de photos pour vous ! Je ne vous en ai sélectionnées que quelques-unes car lorsqu’il disait « pour ta famille et tes amis », il entendait des échanges privés mais je ne me permettrais pas d’afficher leurs têtes sur un blog publiquement accessible. Donc, j’ai expressément demandé quelques photos avec uniquement le paysage.

 

Waka_1

Waka_2

Waka_3

 

 

Lorsqu’on rame, les maoris chantent (ou ça ressemble plutôt à des incantations), des mots en rythme que l’on répète ensuite tous ensemble. Ça permet de ramer tous au même rythme sur une sorte de musique collective, ça donne une forme de cohésion et je pense que, culturellement, ça permet de renforcer la communauté. Ce sont des mots qui parlent de la rivière, du bateau, de la rame, etc.

 

On s’est arrêté à une maison maorie, pour être à nouveau invités à en franchir le seuil après un rituel d’accueil. C’était une maison beaucoup plus petite que la veille : si j’ai bien compris, il s’agissait de la maison du chef alors que la veille, il s’agissait d’une maison spécifiquement conçue pour les rencontres et les invitations. La personne qui a le rang de chef est appelé « Rangatira » en maori. C’est de cet arrêt que proviennent les photos que vous venez de voir. J’ai également une vidéo de la cérémonie avant d’entrer dans la maison, je pourrai vous la montrer à mon retour ou vous la partager via WhatsApp ou Messenger si vous voulez.

 

Après cette belle sortie, j’ai retrouvé mes amies Minna et Mira, les filles respectivement finlandaise et canadienne rencontrées à Auckland. Ça m’a fait extrêmement plaisir de les voir et nous avons passé un déjeuner plein de rires. Je leur ai demandé leur aide pour sélectionner les photos que j’allais vous poster et, ce faisant, nous avons pris une photo de nous trois que je leur ai promis de poster, dans l’espoir qu’elles deviennent peut-être un jour des stars en France… Nous voici, donc !

Group_picture

 

Celle à ma droite est Mira (canadienne) et celle à ma gauche est Minna (finlandaise). D’ailleurs, Mira a l’intention de lire ce blog pour travailler son français, je devrais me mettre un peu la pression et m’exprimer correctement…

 

Après ce chouette déjeuner, je suis remontée dans un bus Stray pour une petite heure et, sur le chemin d’Auckland, je me suis arrêtée à Whangarei, réputée pour sa jolie cascade. Et ô joie, il pleuvait de nouveau averse alors qu’on venait de quitter le soleil… Heureusement, ça n’a pas duré et on a été largement gâté par la suite. J’avais réservé dans une auberge, certes à quelques pas de l’endroit où le bus nous dépose et nous recherche, mais qui se trouvait en réalité bien loin du centre-ville. Je n’étais pas seule, une jeune voyageuse allemande à peine sortie du lycée descendait au même endroit que moi et comptait pouvoir rester dans la même auberge, ce qu’elle a pu faire même si elle n’avait pas réservé. Nous nous sommes retrouvées en réalité dans une grande maison (que dis-je, une maison immense !) Une espèce de labyrinthe sans aucune forme de logique (oui, je sais, ceci est un pléonasme). Trois cuisines, autant de salles de bain et de salons… La maison était propre et confortable mais c’était un défi sans nom de retrouver son chemin là-dedans. Le lendemain, on a fini par croiser quelques autres voyageurs mais pendant 24H, on a bien cru qu’on avait une maison pour nous toutes seules… Bon, au moins, on ne risquait pas de se marcher dessus et on avait de la place, ce qui m’a permis de m’étaler encore plus que d’habitude.

 

Ce ne fut pas moins un défi de trouver un supermarché pour nous assurer de la nourriture pour les prochains jours. La maison se situe en plein milieu d’une très longue route, sur laquelle passent des centaines de voiture mais pas un seul piéton… C’est un peu… déroutant, voire anxiogène, je dois dire. Si Mira (encore une), la jeune allemande n’avait pas été là, j’aurais dû déployer des trésors d’ingéniosité pour me débrouiller (je pense que j’aurais soulé le gérant pour un coup de main, appelé un taxi, hurlé pour qu’on m’indique un bus…) J’aurais béni la 3G de mon téléphone aussi, qui m’aurait permis d’utiliser un GPS (cela dit, je la bénis déjà régulièrement vu que le wifi est assez aléatoire). Mais bref, on a toujours besoin d’un plus petit que soi, disait Lafontaine et du coup, je n’ai eu à faire aucune de ces choses. Et dire que les deux auberges de Paihia m’avaient semblé compliquées et un poil impersonnelles parce que réparties sur plusieurs espaces !

 

Le lendemain, mercredi 24 janvier, après un petit déjeuner tardif, direction la fameuse cascade ! Cette dernière se trouve un peu à l’extérieur de Whangarei. Ma colocataire du moment et moi sommes donc partis en recherche du bus le plus proche, qui en réalité n’était pas proche du tout. En revanche, il nous déposait juste à côté de la cascade et nous avons profité d’un très bel après-midi ensoleillé. Nous avons d’abord marcher le long d’un petit chemin, qui fait le tour de la cascade et nous emmène vers différents points de vue. Voici une photo de chacun des trois points de vue.

 

 

Whangarei_falls_PDV1

Whangarei_falls_PDV2

Whangarei_falls_PDV3

 

Au dernier, nous nous sommes installées à une table de pique-nique et nous sommes restées là, à nous relaxer. Au risque que certains (que je peux entendre d’ici) se moquent, j’ai toujours adoré les cascades et je pourrais rester des heures à les écouter en rêvassant, ce que j’ai donc fait ce jour-là. Puis au bout d’un moment, Mira a eu envie d’aller tester la température de l’eau et je l’ai suivie. Comme on avait emmené nos maillots de bain et qu’il y avait des toilettes pour se changer, on s’est dit qu’il n’y avait quand même pas de raison qu’on en profite pas davantage… Aussitôt dit aussitôt fait, on est allé se changer puis on est retourné dans l’eau avec bonheur. Au bout de quelques mètres, comme j’en ai eu marre de me faire mal aux pieds sur les pierres au sol, on a tout simplement plongé sans réfléchir et on a nagé pour se rendre le plus près possible de la cascade. Comme elle était quand même très forte et qu’on n’avait pas pied à cet endroit, on a sagement évité de se mettre en-dessous mais tout de même, cette baignade nous a fait un bien fou.

 

Je me suis longuement tâté de rester un jour supplémentaire à Whangarei parce que j’ai entendu parler d’une réserve naturelle pour découvrir les oiseaux et, évidemment, je veux voir des kiwis (je parle là des oiseaux protégés, pas des habitants de Nouvelle-Zélande…) J’ai réfléchi longuement à tenter de chambouler mes plans de réservation de bus et d’auberge des deux jours à venir mais finalement, je n’ai pas plus envie que ça de rester ici. Cet endroit hyper calme m’a permis de rédiger ce post dans de très bonnes conditions et c’était génial mais à présent, je souhaite passer à la prochaine étape. J’ai bien vérifié que je pourrai voir des kiwis à d’autres endroits de mon périple et j’ai décidé de poursuivre mon voyage. Déjà, j’ai mis une semaine à faire ce que Stray planifie en deux jours dans son programme de base… Faudrait peut-être que je m’active un peu ? Oui, ben, plus tard… J’ai le temps ! En sachant que Stray prévoit qu’on peut faire l’itinéraire que je vous ai indiqué en un mois si on se dépêche…

 

Donc, aujourd’hui jeudi 25 janvier, retour express à Auckland juste pour la nuit, avant de repartir demain matin de bonne heure en direction de la péninsule de Coromandel.