Merci pour vos retours concernant les photos. Après vérification, il semble qu’il ne soit pas possible de les tourner une fois qu’elles sont postées, je crains donc que vous ne soyez condamnés à regarder certaines photos à l’envers… J’en suis désolée et j’espère sincèrement qu’il n’y en aura pas trop.

 

Avant de poursuivre le récit de mes journées, voici pour celles/ceux qui veulent voir, la photo évoquée dans mon précédent article, prise par Evelyne samedi dernier, de ma petite personne en costume des soldats néo-zélandais de la 1ère guerre mondiale.

Costume_endroit

 

Et donc, ensuite ? Dimanche 14 janvier, j’avais réservé un billet pour Waiheke Island (prononcez « Waihiki »). En effet, en Nouvelle-Zélande, les E deviennent des I à la prononciation : une fois que vous avez intégré que « rid » veut dire « red », « lift » veut dire « left » et « stip » veut dire « step », comprendre le kiwi devient finalement assez facile.

 

Waiheke se trouve à une demi-heure de bateau d’Auckland. Il s’agit d’une petite île peuplée de 8000 habitants environ, hors touristes. L’activité économique se concentre essentiellement autour du tourisme justement, mais également de la production de vin puisqu’il y a des vignobles sur l’île.

 

Lorsque j’ai quitté l’auberge en ce dimanche matin, il pleuviotait à Auckland (ma première pluie néo-zélandaise ! Il y en a eu d’autres depuis, j’ai surtout été chanceuse pour ma première semaine je crois, d’autant plus que juste avant mon arrivée, ils ont subi une grosse tempête qui a duré près d’une semaine). Bref, du coup, je me suis dit que c’était quand même un peu ballot, juste le jour où j’avais prévu d’aller sur cette île réputée pour ses plages… Sauf que cette pluie s’est révélée être une petite joueuse et, une fois arrivée à Waiheke, j’ai joyeusement profité d’une journée de grand soleil.

 

Etant partie seule, j’avais réservé le bus hop-on hop-off de l’île : c’est le même système avec lequel je voyagerai autour de la Nouvelle-Zélande, mais à l’échelle de Waiheke (le chauffeur s’arrête aux différents points intéressants en vous expliquant de quoi il s’agit, vous descendez où vous voulez et vous le reprenez quand vous voulez, en sachant qu’il passe à chaque arrêt toutes les demi-heures).

 

Je suis d’abord descendue au tout premier arrêt, pour aller me balader dans le village principal de l’île. Il s’agit d’un tout petit village, avec des rues en pente (comme il y en a beaucoup à Auckland également). Il faisait beau, on entendait les oiseaux chanter, ça sentait bon les fruits et légumes et les fleurs… Plusieurs cafés et restaurants se succédaient, l’ambiance était paisible et me donnait l’impression d’un village qui se réveillait doucement en ce dimanche matin, comme moi en somme.

 

Je suis restée sur la petite route principale pour éviter de trop me perdre et j’ai marché tranquillement. A un moment j’ai senti que je sortais du village : il y avait de moins en moins de restaurants et de plus en plus d’arbres… D’ailleurs, je me suis longuement arrêtée devant une fleur qui sentait super bon, tentant de l’identifier… Mais j’ai beau avoir grandi à la campagne et adoré la nature, je reste désespérément mauvaise pour reconnaître la faune et la flore. Alors, j’ai pensé à vous, j’ai sorti mon téléphone et j’ai fait ce que j’ai pu pour prendre une photo, des fois qu’il y ait des botanistes dans la salle (ou tout simplement des gens plus doués que moi, ce qui devrait pouvoir se trouver).

fleurs_endroit

 

Puis j’ai repris le bus, j’ai passé quelques étapes et je me suis arrêtée à un endroit qui avait l’air sympa, « the Boathouse », dans l’idée de déjeuner. Là, la serveuse s’est totalement prise d’affection pour mon projet de voyage en solitaire et elle a pris soin de moi d’une façon absolument adorable. Etant sur cette île qui semblait réputée pour sa « seafood », je voulais manger des produits de la mer… Ce pub en proposait, sous une forme de fast food amélioré (pizzas aux fruits de mer, burgers au poisson…) Du coup, j’ai pris une salade César avec du bacon et du saumon… Oui, c’est concept, je vous l’accorde, mais c’était pas mauvais !

 

J’avais dans l’idée de seulement déjeuner là-bas puis de poursuivre un peu plus loin pour aller me poser sur la plage. Sauf que la gentille serveuse m’a installée sur la terrasse en face de l’océan, ce qui m’a permis de manger en écoutant les vagues et en rêvassant… Ensuite, je m’étais résolu à seulement profiter de l’air marin sans pouvoir me baigner, puisque j’étais seule et que je ne pouvais donc pas surveiller mes affaires. Mais, toujours mon adorable serveuse, m’a dit que je devais y aller et qu’elle se chargeait de garder mon sac…

 

Dans la foulée, une jeune aucklandaise (18 ans environ je dirais), en vacances avec son frère, ses parents et ses deux chiens, passait par là et a proposé de m’accompagner. Nous avons donc traversé les 50 mètres qui séparaient le pub de l’océan et nous nous sommes jetés dans l’eau avec ravissement. Elle était hyper bonne ! Nous avons passé une bonne heure comme ça, à papoter toutes les deux et à nous faire régulièrement coupé la chique par les hautes vagues qui nous arrivaient dans la figure…

 

De retour au pub, la serveuse m’attendait et avait fini son service, alors elle m’a offert un café et s’est posé avec moi… J’ai donc appris qu’elle s’appelle Lina, est estonienne, est en Nouvelle-Zélande dans le cadre du Working Holiday Visa (comme beaucoup de jeunes voyageurs ici), et a vécu deux ans à Paris… Nous avons été rejoint par l’une de ses amies, Evelyne (encore une), estonienne également. Là encore, nous avons bavardé un bon moment et beaucoup rigolé, avons échangé quelques mots avec un client du pub (une sorte de marginal très cultivé qui s’exprimait en rap…)

 

Voilà une petite photo, prise par Lina, de la plage où j’ai passé ce superbe après-midi :

Waiheke_island

 

Au bout d’un moment, il a quand même été temps pour les filles de rentrer et pour moi de poursuivre ma visite. Sur les conseils de Lina, ma dernière étape a eu lieu chez un vignoble pour une dégustation de vin. Comme depuis l’arrêt de bus il fallait marcher dix bonnes minutes le long d’un chemin et que ceux travaillant dans le bus ne pouvaient pas m’accompagner, ils se sont arrangés pour que quelqu’un du vignoble vienne me chercher et me ramène. Et voilà, après un verre de blanc et deux verres de rouge (je certifie d’ailleurs que le vin de Waiheke est bon bien que totalement méconnu), il a fallu rentrer. Avec regret, je dois dire : je pense que si je n’avais pas déjà réservé ma nuit à Auckland, je serai restée un peu.

 

Le soir à l’auberge, j’ai fait la connaissance éphémère d’un voyageur totalement hippie, juste là pour la nuit, qui joue de la guitare, voyage à vélo et fait du volontariat dans des jardins partagés… Ça a l’air absolument cliché, dit comme ça mais je peux garantir qu’il était sincère.

 

Le lendemain, lundi 15 janvier, retour aux ferries puisque j’avais réservé une sortie sur une autre île, Rangitoto, qui est une île volcanique également à une demi-heure de bateau d’Auckland. Rangitoto signifie « ciel rouge sang » en maori et le volcan est en sommeil depuis maintenant 600 ans.

 

Pour monter au sommet du volcan, il y a une randonnée que je pouvais difficilement faire seule, c’est pourquoi j’ai réservé une visite guidée, qui nous faisait la visite de l’île dans un camion ouvert sur les côtés. Je n’aime pas les tours en camion ou en bus, je ne sens pas la nature autour de moi, j’ai besoin de marcher… Mais j’avoue que, dans mon idée, réserver ce tour pouvait peut-être me permettre de rencontrer quelqu’un qui accepterait ensuite de faire la randonnée avec moi. Or, ça n’a pas fonctionné cette fois… Ça ne peut pas rouler à tous les coups, n’est-ce pas ? Allez, je le dis : oui, j’étais frustrée et déçue. Ça doit être écrit quelque part dans mon karma qu’entre les volcans et moi, c’est une histoire d’amour et de frustration : j’adore les volcans, ils m’impressionnent mais déjà au Chili, je n’avais pas pu finir l’ascension qu’on avait prévu de faire faute d’un guide disponible pour m’aider…

 

J’ai néanmoins passé une bonne matinée avec notre guide et c’est cela que je veux retenir. Il a pris du temps avec moi pour faire le tour du sommet où nous nous étions rendus (après avoir gravi une centaine de marches) et pour me décrire notre environnement. Je lui ai parlé de vous et ainsi, il a passé son temps à me dire « donne-moi ton téléphone que je fasse une photo pour tes amis ». Il en a prises plein, de la vue et de la végétation alors, profitez-en !

Rangitoto_1

Rangitoto2_endroit

Rangitoto3_endroit

Rangitoto4_endroit

Rangitoto5_endroit

 

Au retour, une anglaise m’a proposé d’attendre le bateau avec elle et ses amis, elle en a profité pour me lire les différents panneaux explicatifs. Elle était adorable et a fait son maximum, mais elle ne pouvait pas grand-chose contre ma frustration. Allez, tout ça n’est pas important, ce n’est pas comme s’il n’y avait pas des problèmes beaucoup plus graves que d’être en Nouvelle-Zélande et de louper une activité… Depuis le début de mon voyage, j’ai rencontré des gens géniaux qui ont partagé des bouts de route avec moi, que je n’aurais pas rencontrés si je n’avais pas été aveugle. Il y a forcément des contreparties et tout va très bien pour moi.

 

Mardi 16 janvier, journée tranquille, le matin à l’auberge et l’après-midi avec W, qui m’a gentiment accompagnée pour quelques démarches que j’avais à faire en ville. Nous avons ensuite fait un petit tour dans Albert Park et nous avons fini autour d’un verre dans un café sur les quais. Le soir, j’ai passé une agréable soirée à l’auberge, qui s’est prolongée tardivement, avec l’ensemble des voyageurs réunis pour une fois (et non les francophones d’un côté, les germanophones de l’autre et les autres qui parlent anglais quelque part au milieu…)

 

Mercredi 17 janvier, j’avais envie d’aller au jardin tropical du musée d’Auckland dont je vous avais parlé l’autre fois. Le musée d’Auckland se situe dans un parc que je trouve magnifique, Auckland Domain, de loin celui que je préfère dans toute la ville.

Auckland_Domain

 

Pour se rendre au musée, il faut donc marcher à travers le parc et grimper une petite colline, j’ai adoré cette balade les deux fois où je l’ai faite. Par conséquent, y retourner une troisième fois pour profiter du jardin tropical me faisait bien plaisir. W est venue avec moi cette fois et nous avons passé une agréable après-midi toutes les deux. J’ai d’abord passé une heure à toucher chaque plante et sentir chaque fleur du jardin tropical, bien qu’entre dimanche et mercredi je ne sois pas devenue plus douée pour reconnaître ce que j’avais en face de moi. Puis nous nous sommes assises dans le parc et nous avons papoté tranquillement, avant de finir la journée devant une pizza au même endroit que mon tout premier soir à Auckland.

 

Voici une photo prise par W, entre les deux bâtiments du jardin tropical :

Wintergarden_endroit

 

Aujourd’hui, il fait un temps horrible mais de toute façon c’est journée lessive et rangement, puisque je quitte Auckland demain matin  à 7H30. Autant je n’ai aucune envie de ranger tout ce que j’ai éparpillé en près de deux semaines, autant je suis contente de quitter Auckland et d’aller voir un peu plus loin (oui, j’ai conscience que cette phrase ressemble terriblement à une phrase d’enfant gâtée…)

 

J’ai aimé cette auberge qui a été la première à m’accueillir en Nouvelle-Zélande. J’ai trouvé que, finalement, les dortoirs de huit et les sanitaires communs, c’était moins oppressant que ce à quoi je m’étais attendue. J'ai aimé les matins au réveil, où je partageais avec certains le besoin d'un "vrai" café pour pouvoir émerger. J’ai aimé la cuisine partagée et son ambiance un peu bordélique lorsque chacun préparait son repas du soir. J’ai souvent râlé contre les français, non parce que je ne les trouvais pas sympas (ils le sont et j'ai passé de chouettes moments avec eux) mais parce que je les trouvais trop nombreux. J’aurais parfois voulu un peu plus d’intimité mais j’ai néanmoins su la trouver lorsque j’en ai eu besoin. J’ai très sincèrement apprécié l’état d’esprit des autres voyageurs, qui me laissaient faire les choses par moi-même et me montraient spontanément plutôt que de faire à ma place lorsque je posais une question.

 

Merci à Hannes, manager de l’auberge, que je n’aimais pas au début parce que je le trouvais psychorigide et infantilisant, mais qui a eu le mérite de revenir discuter par la suite et de me dire qu’il avait été effrayé en me voyant. Merci à toute son équipe, toujours accessible, souriante et aimable. Merci à Yann, voyageur français travaillant à l’auberge, qui a eu à cœur de me donner des coups de main pour me simplifier la vie quotidienne.

 

Demain, je montrai dans mon premier bus Stray, direction le Nord. Voici une carte de mon itinéraire de ces dix prochaines semaines, j’espère que vous verrez à peu près :

Carte

 

Sinon, cliquez ici et vous pourrez trouver la carte normalement :

Maximus Pass

From the Far North to the very Far South, the Maximus Pass includes nearly the whole Stray New Zealand travel network and is our most popular pass!

https://www.straytravel.com

 

PS : j’ai à nouveau bien ramé pour les photos donc vous avez de nouveau le droit de me dire ce qui en est, je finirai peut-être par trouver une solution efficiente… Déjà, j’ai réussi à éditer mon post du premier coup avec les photos dans le bon ordre et au bon endroit, on avance !