Ma vie en zone Kiwi

17 février 2018

Tongariro or not Tongariro, premier séjour à Wellington et passage sur l'île du sud

Et oui, rien que ça, ça en fait des choses pour un seul titre !

 

Tuons immédiatement dans l’œuf le suspense insoutenable avec lequel j’ai clôturé mon précédent article : oui, je suis en vie puisque je vous écris, ce qui ne signifie pas pour autant que je sois venue à bout du Tongariro Crossing… La randonnée a en effet été fermée durant plusieurs jours en raison de conditions météorologiques défavorables (en l’espèce des vents violents). C’est qu’ils ne plaisantent pas avec la sécurité et je trouve ça plutôt rassurant, à vrai dire. Par chance pour moi, j’ai une seconde opportunité puisque début mars, je retrouve W et une autre amie en visite pour quelques jours, elles ont planifié de faire le Tongariro Crossing pile le lendemain où j’avais prévu de les quitter donc, je n’aurai qu’à rester avec elles un jour de plus.

 

Toutefois, je me demande actuellement si cette annulation n’est pas finalement une bonne chose pour moi car, sincèrement, je pense que je n’aurai jamais de la vie réussi à suivre le groupe et je l’aurais mal vécu. En effet, tout ce que j’en ai lu depuis et les échos que j’en ai eu me font prendre conscience de la difficulté réelle de la chose et, aujourd’hui, je pense que je ne le ferai pas avec mes copines (qui seront ralenties et trop occupées à m’aider) : soit je me paierai le luxe de mon voyage en investissant pour un guide rien que pour moi, soit je ne la ferai peut-être pas… Tout le monde, même de bons marcheurs, dit que c’est difficile. Qu’il faut 7H et encore, il faut se dépêcher pour ne pas louper la navette du retour. Or moi, je ne vois pas où je dois marcher et, si j’ai un peu d’endurance, j’ai en revanche besoin de plus de temps que les autres et de me sentir sereine à ce sujet. De l’avis général, la randonnée est une galère mais la vue magnifique récompense les efforts… Ce qui ne sera clairement pas mon cas. Alors, pourquoi je la ferais ? Sans aucun doute, pour le défi personnel que ça constitue à mes yeux. Cependant, essayer et ne pas y arriver sera plus frustrant et douloureux pour moi que de ne pas essayer du tout, alors je me demande vraiment quelle pression je dois me mettre à ce sujet… Personne ne me demande rien, après tout. Donc, je vais téléphoner à un guide, je pense et je vais lui faire confiance quand à ce qu’il me dira.

 

Cette fameuse randonnée dont je fais tout un plat est réputée pour être la plus belle du pays et l’un des plus beaux treks du monde. Elle est longue de 19,4KM et se déroule au sein du parc national du Tongariro, l’endroit qui a servi de décor pour le Mordor dans le Seigneur des anneaux. Sa particularité, qui fait sa richesse et sa beauté, tient dans la diversité des paysages traversés. D’après le site de Kiwipal « le circuit traverse un désert alpin, serpente entre des volcans, descend dans un cratère, contourne des lacs émeraudes, longe des sources brûlantes et s'achève dans une forêt vierge ». Ça fait rêver, non ? A suivre, donc !

 

Ensuite, si vous me permettez, j’aimerais revenir un petit instant sur le précédent article. Il était bien trop détaillé et trop long et je vous fais mes excuses pour vous avoir fait lire mes états d’âme et mes plaintes qui n’avaient absolument pas lieu d’être exposés. Je savais, en publiant, que l’article n’était pas bon, que j’aurais dû le laisser reposer et le reprendre, mais j’aurais alors inévitablement pris un retard que je voulais vraiment éviter (par manque de temps et de réseau). Je me rends compte que c’est moi qui avait besoin d’écrire tout ça, pour extérioriser et évacuer une bonne fois pour toute cette semaine qui avait été un peu longue à passer mais ça n’avait rien d’intéressant pour vous.

 

A aucun moment, même dans mes coups de mou, je n’ai regretté quoi que ce soit et n’ai eu envie de rentrer en France, je reste définitivement consciente de ma chance d’être là où je suis et de réaliser un rêve. Bon, la bonne nouvelle, c’est que mes stupides ruminations de la semaine passée m’auront permis de me réajuster pour mieux gérer les déceptions et sentiments de solitude à l’avenir.

 

Je vous avais donc laissé avec le projet d’aller, vendredi matin, voir le lac Taupo : il s’agit du plus grand lac de Nouvelle-Zélande, qui s’écoule par le fleuve Waikato (lequel donne son nom à cette région de l’île du nord). Regonflée à bloc par la superbe matinée que j’avais vécue la veille à la Redwood Forest, j’étais en plus bien heureuse de retrouver, cet après-midi-là, le confort d’un groupe Stray. Eh oui, Dieu sait que je me suis régulièrement plainte du côté parfois trop organisé, mais ce système de bus reste pour moi une indéniable facilité, certes sur le plan logistique et pratique des trajets mais aussi et surtout pour rencontrer aisément d’autres voyageurs solo. Faire des allers/retours entre le groupe Stray et mon indépendance régulièrement me convient donc parfaitement. En plus, Rotorua et Taupo étant un lieu où beaucoup de voyageurs font halte, j’arriverai dans un groupe qui ne sera pas encore trop constitué des jours précédents.

 

En ce matin du vendredi 9 février, je suis néanmoins partie plus tard que prévu, parce qu’une adorable voyageuse de l’auberge m’a proposée de partager un café avec elle (certes un café instantané mais vous me connaissez, quand on prononce le mot « café » devant moi, je suis faible…) J’ai tout de même fini par m’activer. Comme la veille, j’étais moyennement rassurée par l’absence absolue d’autres piétons dans les rues et les immenses boulevards à traverser, mais j’avais du temps devant moi malgré mon retard.

 

Toutefois, devant un carrefour particulièrement impressionnant, j’ai décrété que je ne me risquerai pas seule à cette traversée et que j’attendrai une aide salvatrice le temps qu’il faudrait. C’est là qu’est arrivé Dave, qui prenait la même route que moi (on ne se séparait qu’au bout, moi à gauche pour le lac et lui à droite pour aller prendre un petit déjeuner). Dave est d’origine britannique mais il vit en Tasmanie depuis 20 ans. Et là, je vous fais partager la question qui me taraude depuis : pourquoi, mais pourquoi est-ce que je n’ai pas prévu de prolonger mon voyage par une dizaine de jours en Tasmanie, si déjà je suis en Nouvelle-Zélande ? Certes, je dois quitter le pays au bout de trois mois avec mon visa touristique mais la Tasmanie, c’est l’Australie, donc ça fonctionnait ! J’y ai pensé plein de fois en plus, mais je me suis dit que bon, déjà, j’allais me concentrer sur la gestion de mon voyage en Nouvelle-Zélande… Sauf que maintenant, je m’en sentirai largement capable. Alors, je vous annonce officiellement que je vais tenter un changement de billet retour mais je crois pouvoir dire d’avance que la compagnie chinoise qui me sert de transporteur risque fortement de me rire au nez…

 

Arrivée au lac, je suis restée assise un petit moment à proximité, le nez dans mon téléphone pour répondre à mes messages plus qu’autre chose : en effet, l’endroit où je me trouvais était tout près de la grande route et il y avait une barrière qui empêchait de s’approcher trop prêt de l’eau, du coup je n’ai pas pu la toucher bien que je l’ai tout de même entendu. Il faisait vraiment très beau donc c’était agréable, mais un peu trop bruyant quand même. Voilà une photo de ce fameux lac pour vous, prise par Dave.

Lac_Taupo

 

Lequel, au moment où j’allais repartir pour avoir suffisamment de temps sans me stresser pour le trajet retour, est réapparu et m’a invité… A prendre un café ! Donc une fois de plus j’ai été faible, encore plus que la première fois car il m’invitait dans un vrai café, tout en me proposant très gentiment de me raccompagner à mon auberge ensuite pour récupérer mes sacs (puisque je lui faisais part de mon horaire de bus à respecter et de ma difficulté à envisager ce trajet retour rapidement si j’étais seule).

 

Grâce à Dave, j’ai découvert le centre-ville de Taupo avec plein de petits cafés, tellement plus agréable que les immenses boulevards que je parcourais depuis la veille. Merci à lui car sans cette rencontre, je serai repartie avec une image un peu erronée de cette ville. Après cet agréable moment, Dave m’a laissé aux mains hospitalières des salariés de l’auberge qui m’emmenaient en voiture jusqu’à mon arrêt de bus. Je lui ai donc dit au revoir et merci, sauf que j’ai eu l’immense surprise de le revoir alors que j’allais monter dans le bus : nous étions passés devant mon arrêt sur le chemin du retour et il venait m’apporter… Un café à emporter ! C’est fou ce que le café (ou plutôt le manque de bon café) me permet de socialiser dans ce pays et là, en deux heures, je crois que j’avais compensé tout mon état de manque de la semaine passée…

 

Deux jours plus tard, sur Messenger, j’aurai la surprise de trouver un message du Manager de l’auberge, qui m’avait retrouvé sur Facebook parce que Dave était venu lui donner ses coordonnées en demandant s’il pouvait me les transmettre, des fois que je vienne en Tasmanie et que je veuille une visite guidée… Quelqu’un peut me rappeler pourquoi je n’ai pas prévu d’aller en Tasmanie, déjà ? …

 

En prenant le bus, j’ai retrouvé Maria, la jeune allemande rencontrée à Rotorua et qui avait pris le bus pour Taupo avec moi la veille. C’est incroyable, je rencontre plus d’allemands ici qu’à Strasbourg… Cela tient au fait que, en Allemagne, il est un usage fortement ancré que les jeunes, après le lycée et avant leurs études supérieures, partent pour une année de césure. Ils sont donc globalement plus jeunes que les voyageurs français, qui eux partent davantage après leurs études ou pendant.

 

Je passerai pas mal de temps avec Maria les jours suivants : elle est absolument sympathique, et en plus elle a eu une façon très futée de me donner les repères dont j’avais besoin pour que je puisse retrouver mes affaires au milieu de toutes celles des autres. Tout le reste du groupe, cependant, était également très amical et l’ambiance était très bonne.

 

D’ailleurs, il est une chose que je ne vous ai pas encore raconté mais les chauffeurs Stray ont tous des surnoms donnés par la compagnie, on ne connaît jamais leur prénom. Alors, devinez un peu le surnom du chauffeur que j’ai rejoint à Taupo ? Dumbledore ! Dire « j’ai parlé à Dumbledore » me faisait bien marrer à chaque fois…

 

Notre premier arrêt avec Stray était un arrêt un peu spécial, qui est une spécificité de Stray : il s’agit d’une ferme, appelée « Blue Duck Station », située dans la petite ville de Whakahoro. Il s’agit d’un endroit tout à fait reculé, hors des routes goudronnées, sans la moindre réception réseau évidemment… Cette ferme s’implique beaucoup au niveau de la conservation de l’environnement. Plusieurs activités payantes en lien avec la nature nous y étaient proposées mais pour ma part, j’avais surtout envie de me balader et de profiter de l’endroit : ça tombe bien, bon nombre de personnes du groupe étaient dans le même état d’esprit.

 

Je me suis en revanche inscrite pour les deux dîners du vendredi et du samedi soir qui nous étaient proposés, me disant qu’à priori, on devrait bien manger dans une ferme… Grand bien m’en a pris : c’était en effet délicieux et ça fait tellement de bien de manger autre chose que les repas basiques que je me prépare dans mes auberges !

 

Le samedi 10 février, après un petit déjeuner à papoter et à profiter du cadre extérieur de la ferme, nous sommes partis en petit groupe en direction d’une cascade. La balade était un très chouette moment, tranquille dans la forêt, en revanche le temps était particulièrement mauvais : il avait beaucoup plu la veille, aussi les chemins étaient-ils extrêmement boueux. Merci maman et papa pour les baskets offertes à Noël, elles ont sacrément tenues le choc et se sont révélées indispensables à cette occasion !

 

119146008

119146010

 

Bon, le sketch de cet après-midi-là (et de la soirée) a consisté à faire une machine, à attendre 4H (sans exagération) que le cycle de sèche-linge ne finisse tout ça pour récupérer des habits encore mouillés… Oui, on en a bien ri, une fois qu’on a eu fini de s’exaspérer…

 

Le lendemain, dimanche 11 février, déception générale de ne pas pouvoir faire le Tongariro Crossing. Nous sommes tout de même allés au parc national car toutes les parties n’étaient pas fermées et nous avions des opportunités d’autres balades. Le premier arrêt fut très court, simplement pour aller voir la cascade (Tawhai Falls) qui a servi de décor au bassin de Gollum dans le Seigneur des anneaux (les deux tours).

119146013

 

Ensuite, les volontaires pouvaient se rendre aux chutes Taranaki pendant que les autres se relaxaient, cela consistait en une marche de 2H-2H30. J’ai fait partie des volontaires, avec une autre fille et six garçons, tous du genre plutôt sportifs donc je me disais que j’avais intérêt à suivre le rythme… Mais finalement, outre les grosses marres de boue là encore à certains endroits, le chemin n’était pas difficile et l’ambiance était joyeuse : beaucoup de blagues autour du fait qu’en vrai, ce sont les chutes Taranaki qu’il faut venir voir, ce n’est pas le Tongariro Crossing la vraie randonnée… En réalité, cette marche fait partie d’un trek beaucoup plus importants, de 3 jours et 50KM au sein du Tongariro.

 

119146016

119146024

 

Le soir, je me suis enfin inquiétée de réserver une bonne fois pour toutes l’endroit où j’allais dormir à Wellington vu que j’y arrivais le lendemain quand même et j’y restais pour trois nuits, lâchant à nouveau mon groupe Stray… Et là, mes enfants, ce fut toute une histoire !

 

J’avais en effet décidé que dans certaines villes (surtout les grandes) où j’allais rester plus d’une nuit, j’avais envie de réserver une chambre chez des gens via Airbnb plutôt que dans une auberge, histoire de rencontrer des locaux. En effet, mon expérience à Auckland m’a fait comprendre que dans les grandes villes, c’est-à-dire là où se concentre l’activité et le travail, les auberges sont peuplées de jeunes européens de moins de 30 ans qui ont un visa « Vacances Travail ». Autant lorsqu’on s’éloigne des grandes villes on rencontre facilement des voyageurs du monde entier, autant à Wellington (qui soit dit en passant est la capitale de la Nouvelle-Zélande bien qu’Auckland soit la plus grande ville) je n’y croyais pas trop.

 

Sauf que d’abord, Airbnb m’a fait tout un sketch pendant trois jours parce qu’ils voulaient comparer une photo de moi avec une photo de mon passeport par mesure de sécurité, or bon courage pour leur envoyer une photo suffisamment claire qu’ils puissent accepter… Merci à la géniale serveuse du café où je me suis établie à mon arrivée à Wellington le lundi après-midi, c’est elle qui a enfin pris la bonne photo, faisant taire Airbnb et réglant définitivement le problème. Ensuite, le premier endroit où j’ai réservé, la fille n’habitait plus là (pourquoi elle laisse son annonce alors ? Allez savoir…) Evidemment, mon manque d’anticipation faisait que, à la veille de mon séjour, le choix était limité. J’ai donc fini par réserver chez un autre hôte, ça n’avait pas l’air absolument extraordinaire mais il semblait tout de même sympathique. Il n’y avait rien d’écrit dans son annonce concernant la proximité des transports en commun mais je me suis dit que, quand même, à Wellington, il y aurait sans doute des bus à peu près partout…

 

Et bien non ! Lorsque je rentre en communication avec mon hôte, il me demande si j’ai une voiture car il n’y a aucun bus chez lui… Je me dis que bon, c’est ballot mais on verra bien avec Uber ou un voisin sympa… Mais au fil de la discussion, il me dit qu’il est vraiment au milieu de nulle part, sans aucune connexion réseau… Là, je me dis que ça va être bien l’angoisse quand même et je fais les démarches pour annuler, me retrouvant, l’après-midi de mon arrivée à Wellington, le lundi 12 février, sans solution pour le soir même…

 

D’ailleurs, j’ai appelé le service Airbnb en Nouvelle-Zélande parce que je n’arrivais pas à annuler via mon application et, incroyable ! Même dans les services clients ils sont sympas dans ce pays… En 10MN la fille a pris mon problème en main, m’a envoyé un mail pour me confirmer qu’elle faisait les démarches, m’a rappelé pour me dire qu’elle s’était mise en contact avec mon hôte et que je serai remboursée intégralement contrairement à ce que prévoient normalement les conditions d’annulation, m’a renvoyé un mail pour me reconfirmer tout ça par écrit et me transmettre un lien vers d’autres annonces… Sérieusement, les gens, en France j’aurais passé ces 10MN à argumenter et l’autre au bout aurait passé 10MN à m’expliquer pourquoi c’est compliqué ou pas possible… Merci d’ailleurs à mon hôte qui a facilité mon annulation en l’acceptant sans difficulté.

 

Bon, à ce stade, je n’étais pas vraiment inquiète : j’allais me rabattre sur une auberge, tant pis, Airbnb ce serait pour une prochaine fois parce que là les possibilités devenaient restreintes… Sauf que toutes les auberges que j’appelais étaient complètes pour au moins les deux prochaines nuits et je commençais à descendre dangereusement dans les bas-fonds des auberges à l’air un peu craignos…

 

A Wellington, je retrouvais de la famille : mon Grand Oncle et ma Grande Tante ? Enfin, le cousin de ma mère et sa femme (M et V), je vous laisse définir par vous-mêmes qui ils sont pour moi… Ils voyagent également pour trois mois en Nouvelle-Zélande et commençaient par l’île du Sud, Wellington était donc l’endroit où nos programmes de voyage respectifs parvenaient à se croiser et ça, c’était une perspective absolument réjouissante. La capitale de la Nouvelle-Zélande se trouve en outre à la croisée des chemins puisque c’est là que se prend le ferries pour passer de l’île du nord vers l’île du sud.

 

Ils m’ont bien assuré qu’au pire, je pourrai dormir ce soir-là sur le canapé de leur propre appartement Airbnb, mais l’idée pour moi était quand même que j’assume mes petits problèmes d’organisation. A ce stade, j’ai donc résolu de payer plus cher une nouvelle solution Airbnb, je ne voulais pas que mon séjour à Wellington se transforme en un truc anxiogène dans une auberge pourrie.

 

Et, une fois de plus, j’ai été tellement chanceuse dans mes bêtises ! L’hôte avait l’air carrément génial selon l’annonce mais, même là, c’était au-delà de mes espérances. Baha et Maysoon sont un couple d’origine Libyenne, lui vit à Wellington depuis 25 ans et elle depuis 12 ans. Ils habitent une maison à flanc de colline avec vue sur la mer, dans un quartier tout à fait charmant. Bon, je me trouve avec V sur la seule vraie belle photo de la vue, j’espère qu’elle acceptera d’apparaître sur le blog (je lui demanderai et supprimerai au besoin).

View

 

La maison était d’une propreté hallucinante, si bien que j’avais presque peur de laisser des traces de mon passage… Les draps et les serviettes étaient d’une douceur… Un vrai luxe combiné à des qualités humaines exceptionnelles !

 

Lorsque M et V m’ont accompagné là-bas en voiture, nous avons été accueillis par un verre tous ensemble dans leur salon. Puis, quand juste avant de sortir dîner nous leur demandons conseil, j‘en profite pour m’enquérir d’un endroit où  je pourrais manger un bon barbecue (le barbecue étant une institution en Nouvelle-Zélande). Réponse de Baha : « chez moi, je t’invite » ! Et nous voilà invités gracieusement, tous les trois, à partager un barbecue le lendemain soir autour de leur table. Incroyable, vous dis-je !

 

Donc, le programme pour le dîner du lendemain étant réglé, nous restait à trouver où manger en ce dimanche soir. Comme le restaurant conseillé par Baha prêt de la maison était fermé, nous sommes allés au Centre-Ville, dans un restaurant où M et V était allé la veille et avait mangé du bon poisson. Ça m’a fait tellement plaisir de les voir (c’est qu’on ne se voit pas si souvent que ça en France vu qu’ils ne vivent pas en Alsace, on s’est organisé plus facilement pour se croiser en Nouvelle-Zélande alors que je les avais manqué lorsqu’ils sont venus par chez nous cet été !) Donc, de joyeuses retrouvailles autour d’une bonne bière et puis, enfin, j’ai mangé des moules (depuis le temps que les gens me disent de manger ça quand je leur demande ce qui est bon en Nouvelle-Zélande). Elles étaient immenses, beaucoup plus grosses que chez nous, et très bonnes (avec une sauce à l’ail et au vin blanc).

 

Le lendemain, mardi 13 février, je profite du fait que Maysoon ait un jour de repos pour discuter avec elle en prenant mon petit déjeuner. Nous parlons voyages, différences culturelles, langues étrangères, ouverture d’esprit… C’était très agréable et je découvre que je suis accueilli par des gens amateurs de bon café : et oui, le café, encore, d’autres socialisent en fumant des clopes après tout… Qui plus est, Wellington est réputée pour être la capitale du bon café en Nouvelle-Zélande, vous pensez bien que ça m’a immédiatement parlé et que j’en ai consommé sans modération, dès que j’ai pu. Déjà que je partais avec un très bon apriori pour cette ville que tous décrivent comme très vivante, mon impression n’en a été que renforcée. D’ailleurs, c’est ici que j’ai officiellement craqué et me suis acheté une machine à pressoir pour me faire du vrai café quand il n’y a rien dans les auberges… Oui, je suis désespérante, peut-être… Mais c’est petit et facile à transporter, alors il n’y a pas de raison de se priver !

 

En effet, Wellington est une ville tout à fait charmante, qui selon moi dégage, bien plus qu’Auckland, une âme et une atmosphère qui lui sont propres. Déjà, il y a des collines partout dans la ville et, en ce qui me concerne, j’ai toujours adoré les villes vallonnées, je trouve que ça a beaucoup de charme. Il paraît que Wellington fait penser à San Francisco (et Dieu sait que j’étais tombée amoureuse de San Francisco lorsque j’y étais allée avec des amis en mai-juin 2016). Bon, je dois bien admettre que, au niveau de mon ressenti, je n’ai pas fait naturellement le rapprochement : mais peut-être la ressemblance est-elle surtout visuelle ? D’un autre côté, je dois bien admettre que, si ma première impression de Wellington est tout à fait positive, c’est une ville que je n’ai toutefois pas encore bien comprise : je n’arrive pas à comprendre comment elle s’organise, ou comment elle ne s’organise pas… Mais j’y reviendrai par un vol intérieur puisque c’est là que je retrouve mes amies début mars et j’y resterai quelques jours de plus.

 

Pour en revenir à ce mardi 13 février, nous nous sommes retrouvés en tout début d’après-midi avec M et V. J’avais lu, par mes recherches internet, que l’on pouvait faire une balade appelée la « Wellington writers walk », jalonnée tout du long par des citations d’écrivains ayant vécu à Wellington. Mais comme on ne l’a pas trouvé, nous sommes allés marcher le long de l’eau dans le quartier d’Oriental Bay. C’était très agréable, malgré le vent qui soufflait fort : nous avons clairement compris ce jour-là pourquoi les habitants surnomment leur ville « Windy Welly ! » Voici deux photos, l’une de la vue et l’autre des petites maisons colorées croisées sur le chemin.

Oriental_bay_1

Oriental_bay_2

 

Après ça, M est allé nous chercher de bonnes choses à manger au supermarché d’à côté et nous nous sommes installés dans un parc, sur un banc au soleil pour pique-niquer, avant de nous rendre à la cafeteria du très reconnu musée Te Papa juste à côté pour un café de fin de repas. Bien entendu, même si l’endroit était très agréable et le café très bon, ce musée a bien d’autres richesses beaucoup plus intéressantes à dévoiler et toutes les personnes que je connais qui sont allés en Nouvelle-Zélande m’ont dit de prévoir d’y passer au minimum une journée entière. Ce sera le cas à mon retour en mars, je vous en parlerai donc plus en détail à ce moment-là.

 

Ensuite, petite pause à l’appartement de M et V avant de nous rendre chez Baha et Maysoon, avec du vin et des biscuits apéritifs, pour le barbecue auquel nous étions conviés. Et quel barbecue, mes amis ! En apéritif, nous avons eu droit à des bâtonnets de crevettes absolument délicieux, ainsi que des calamars et une crème de betteraves à tomber. En entrée, ils nous avaient préparé des Pauas : il s’agit de fruits de mer que Baha avait cherchés en plongeant le week-end précédent. La récolte de ses fruits de mer est limitée, chacun ne peut en chercher que dix histoire de préserver l’espèce. J’ai bien essayé de trouver un équivalent en français mais il n’y en a pas, tout simplement parce que ça n’existe pas chez nous… Au niveau de la texture ça ressemble un peu aux coquilles Saint-Jacques mais le goût n’est pas du tout similaire en revanche.

 

En plat principal, nous avons eu de l’agneau avec une grande salade composée. Je ne suis pas du tout fan de l’agneau d’habitude mais, lorsqu’on dit qu’en Nouvelle-Zélande il est meilleur, c’est en effet totalement le cas et je me suis régalée ! Enfin, une glace aux noix de pécan pour faire passer tout ça et j’ai bien cru que je n’aurais plus besoin de manger pour les trois prochains jours.

 

Ces ôtes sont incroyables.

 

Après ce merveilleux moment de générosité et de partage, il fut temps pour moi de dire au revoir à M et V qui repartaient vers le nord le lendemain matin.

 

Pour ma part, le mercredi 14 février, j’ai à nouveau traîné le matin (c’est que quand on a une chambre et un grand lit rien que pour soi…) Puis, très gentiment, Baha m’a évité le bus et m’a conduit en voiture jusqu’au Centre-Ville où j’avais prévu de prendre la « Cable Car », il s’agit d’un funiculaire qui mène au jardin botanique. En chemin, il a pris pour vous, depuis la fenêtre de sa voiture, une photo de ce qu’ils appellent la «Wind Needle» (littéralement "l'aiguille du vent") ; il s’agit d’une sorte de boussole je suppose, qui se plie dans un sens où dans l’autre en fonction du sens du vent..

Wind_needle

 

Nous sommes également passés devant les studios Weta, fondés par Peter Jackson, mondialement reconnus et qui sont basés à Wellington.

 

Ce jour-là, il y avait nettement moins de vent que la veille et un grand soleil nous réchauffait très agréablement, donc mon idée était simplement de passer l’après-midi à me balader dans ce jardin botanique.

 

C’est ce que j’ai fait, en me posant de temps en temps sur un banc ou dans l’herbe, en marchant au hasard des allées le reste du temps, en touchant parfois quelques plantes ou fleurs… L’endroit est très paisible et voilà bien une solitude qui ne m’a pas pesé du tout, bien au contraire. J’ai allègrement profité du champ des cigales : on les entend très souvent en Nouvelle-Zélande, ça fait vraiment partie du paysage sonore jusqu’à présent. Je pouvais en effet les entendre dans le Northland, à Hahei et Raglan, puis on les avait un peu perdues à Rotorua mais retrouvées dès la ferme de Blue Duck Station.

 

J’avais dans l’idée de toujours avancer, ne pas faire demi-tour, mais à un moment j’ai entendu les voitures et c’est vrai que j’étais pas mal descendu quand même… A ce moment-là, j’ai voulu me mettre en recherche de la roseraie, qui paraît-il vaut vraiment le détour. Mais, à force de me perdre volontairement, et bien j’étais perdue pour de bon… J’ai même atterri dans une propriété privée en poussant une porte pour voir ce qui se cachait derrière… J’ai demandé mon chemin aux quelques personnes que j’ai croisé, notamment un couple qui a pris le temps de discuter quelques minutes et, à un moment, je me suis retrouvée devant le centre d’information où une adorable dame (Melanie) qui en partait m’a proposé de m’emmener en voiture à ce fameux jardin de roses. En prime, elle s’est préoccupée de m’indiquer le café où je pourrai déjeuner avant que ça ne ferme).

 

Mine de rien, l’après-midi était presque passé. Je me suis un peu promenée dans les allées de la roseraie mais bizarrement je ne trouvais pas les roses pour les sentir… Pour cause, elles étaient disposées un peu partout dans l’herbe où je n’avais pas osé marcher ne sachant si c’était autorisé. Une jeune femme qui était là avec ses deux enfants en bas-âge est donc venue avec moi pour m’indiquer plusieurs sortes de roses différentes à sentir et j’en ai profité pour lui demander de faire quelques photos pour vous.

Rose_garden_1

Rose_garden_2

 

J’avais fini exactement au moment où Baha me contactait pour savoir où j’en étais et, lui et Maysoon, qui sortaient du travail, sont venus me récupérer en voiture. Le soir, Baha a proposé que l’on se cherche un bon Fish and Chips et, une fois de plus, il m’a invité (en fait, c’est comme si j’avais été en chambre d’hôte !)

 

Le lendemain, alors que je devais me lever très tôt pour prendre le ferries, Baha s’est levé à 6H15 pour m’y conduire… C’est sûr, nous nous reverrons en mars et je retournerai chez eux si leur organisation le permet.

 

Jeudi 15 février, donc, direction l’île du sud ! Je m’attendais à retrouver mon nouveau groupe Stray au terminal de la compagnie de ferries, mais ce ne fut pas le cas et, finalement, une australienne venue en Nouvelle-Zélande pour rendre visite à des amis a gentiment proposé de m’accompagner sur le bateau. C'est fou ce que je rencontre comme australiens aussi ici (ce qui a tout de même plus de sens et de logique que pour les allemands...) Elle s’est assise avec moi et, là encore autour d’un café (enfin, de deux cafés successifs), nous avons papoté et fait connaissance : elle s’appelle Stephanie, a étudié en Suède il y a deux ans, espère pouvoir revenir en Europe pour faire un Master, travaille en attendant dans une crèche pour mettre un peu d’argent de côté. Elle est très sympa et j‘ai passé un agréable moment en sa compagnie. A un moment, je lui demande si elle veut bien m’accompagner dehors pour prendre des photos de la vue et, en franchissant la porte pour nous rendre à l’extérieur, nous avons été carrément surprises par la puissance du vent qui aurait pu emporter nos téléphones si on ne les avait pas bien tenu. Alors qu’à l’intérieur, on ne sent quasiment rien et on se croirait presque dans un vaste salon de thé, avec des tables et des fauteuils partout…

Vue_du_ferries_1

Vue_du_ferries_2

Vue_du_ferries_3

 

A la sortie du ferries, je me demandais où trouver mon bus Stray mais Stephanie ne m’a pas lâché tant que je n’avais pas mon bagage et mon point de rendez-vous. Et puis, il faut reconnaître aux néo-zélandais une organisation fluide, si bien que je savais où je devais aller avant même d’avoir à le demander. Je ne prenais le bus que pour deux petites heures puisque, contrairement à presque tous les autres, j’avais prévu de rester un peu à Nelson avant de me rendre au Parc National Abel Tasman.

 

C’est donc là où je me trouvais hier, vendredi 16 février, rédigeant ce post depuis la bibliothèque municipale. Je n’ai rien prévu d’exceptionnel à Nelson car j’y reste peu de temps, l’idée est donc juste de m’y promener tranquillement en profitant du soleil : cette ville du nord-ouest de l’île du sud est en effet connue pour faire partie de la région la plus ensoleillée de Nouvelle-Zélande. J’aurais pu vous écrire depuis l’auberge (encore que, la connexion wifi n’est pas top), mais aller à la bibliothèque à 10MN de marche m’a permis de découvrir un bout de la ville, d’aller manger un morceau en face et de croiser un peu la vie locale tout en étant tranquille pour écrire.

 

D’ailleurs, après avoir quitté la bibliothèque en fin d’après-midi hier, le soleil brillait toujours haut dans le ciel et je n’avais aucune envie de retourner m’enfermer. J’ai donc repéré un bar à vin pas loin et je suis allée déguster un bon verre de Sauvignon blanc produit dans la région de Nelson. Le bar était vraiment chaleureux, tout en bois, avec des tables en forme de tonneaux, une terrasse au soleil et un certain standing dans la façon de servir le vin (lequel était bien frais et très bon). Par la suite, sur les conseils du serveur, je suis allée juste en face pour manger un bon burger.

 

Au moment où j’allais partir, un groupe s’est mis à jouer en live, de la musique pop rock que j’ai bien aimée. Toutefois, au bout de la deuxième chanson, j’ai eu un flash : à la réception de l’auberge, ils ne m’ont pas donné le code pour rentrer après la fermeture des portes et je n’ai pas pensé à demander, n’ayant pas prévu de rentrer tard toute seule… Donc, ça m’obligeait à un retour anticipé et, au moment où j’allais appeler un taxi par peur d’arriver trop tard pour que quelqu’un m’ouvre si je rentrais à pied, un couple a proposé de me ramener en voiture.

 

Ce matin, je suis à l’auberge pour finir de poster et, alors que je pensais cette auberge plutôt quelconque, je la découvre bien plus agréable que de prime abord. L’endroit où j’avais voulu aller (parce qu’ils servaient du « free hot chocolate pudding » tous les soirs) était plein à mon grand désarroi mais finalement, aujourd’hui, je découvre que là où je suis, nous avons accès à un petit déjeuner gratuit avec plein de pain différents et de bonne chose à tartiner… En fait, je ne sais pourquoi mais à Nelson, c’est la foire d’empoigne entre les auberges pour savoir qui donnera accès aux meilleurs services… Tant mieux pour nous ! J’ai retrouvé par le plus grand des hasards un voyageur français qui est passé par la même auberge que moi à Auckland et tout le monde se révèle fort sympathique ici.

 

En plus, toute à l’heure, avant de reprendre un bus Stray à 15H, je vais aller prendre un café avec Derek : pas celui rencontré à Rotorua mais celui rencontré au tout début de mon séjour, à Auckland. Il travaille pas loin de Nelson dans une exploitation viticole et il vient dans le coin pour le week-end. C’est vraiment génial, quand on arrive à se recroiser en chemin avec des gens rencontrés plus tôt !

 

Bon, j’ai fait les comptes, juste pour le plaisir et j’en suis à mon quinzième lieu d’hébergement depuis mon arrivée le 7 janvier, le quatorzième depuis le 19 janvier (puisque je suis restée 12 jours à Auckland). Et savez-vous ce qui est le plus pénible, outre de défaire et refaire son sac constamment ? Ce n’est pas l’adaptation à un nouveau dortoir ou de nouveaux sanitaires, c’est de changer constamment de cuisine ! Je crois que cette comptabilisation m’a permis de mieux accepter les coups de fatigue (pas morale mais physique) qui continuent de m’assaillir assez régulièrement sans que je ne les comprenne toujours…

 

D’ailleurs, constatant que, à la fois les auberges mais également les trajets avec Stray se remplissaient à la vitesse de la lumière du côté sud du pays, beaucoup plus que sur l’île du nord, j’ai eu une petite montée d’adrénaline et j’ai passé pas mal de temps ces derniers jours à planifier mes prochaines étapes. Du coup, je suis parée à peu près pour les trois prochaines semaines : applaudissez-moi, s’il vous plaît, c’est un exploit (jusqu’à présent, c’était plutôt les trois prochains jours, et encore !)

 

Pour finir, je vous fais partager une petite anecdote datant de hier après-midi : à la bibliothèque, j’ai interpelé deux filles pour savoir où je pouvais m’asseoir avec mon ordinateur. Elles m’ont indiqué un emplacement, sont parties, puis sont revenues au bout de cinq minutes : « au fait, on voulait juste s’assurer que tu sais où dormir ce soir ? » Les gens de ce pays sont incroyables, sans déconner !

 

Cet après-midi, je prendrai donc un nouveau bus Stray pour me rendre pour deux journées pleines au très réputé parc national d’Abel Tasman, du nom du premier explorateur européen (néerlandais pour être précise) qui a découvert la Nouvelle-Zélande, plus spécifiquement son île du sud, en 1642.

 

Comme d’habitude, je n’ai pas eu le temps de répondre à vos derniers messages mais je vous lis toujours avec le même plaisir et ça viendra sans faute, promis.

Posté par Perrine67 à 00:51 - Commentaires [8] - Permalien [#]


08 février 2018

Rotorua

Pour répondre à ma propre question d’il y a deux semaines, pour ceux qui voudraient recevoir les alertes des nouvelles publications, il y a un bouton « s’inscrire à la newsletter » en-dessous de l’espace dédié aux commentaires. Notez qu’il n’y a absolument aucune obligation, je n’irai certainement pas vérifier le nombre d’abonnés et encore moins les noms… C’est juste pour ceux qui avaient demandé et qui n’auraient pas vu. Merci Alix pour l’info !

 

Ce nouvel article a tardé plus que je ne l’aurai voulu, parce que je dois bien admettre que cette semaine, le moral n’a pas toujours été au rendez-vous. La bonne nouvelle c’est que c’est passé à présent donc ça y est, je peux de nouveau raconter sur un ton normal. Il n’était en effet pas question de vous imposer mes pleurnicheries ridicules et de toute façon, je n’aime pas donner des nouvelles lorsque je ne me sens pas bien. Toutefois, par avance, pardonnez-moi pour les quelques états d’âme qui ponctueront immanquablement mes histoires de la semaine : oui, je veux me souvenir de tout, des hauts et des bas.

 

Je vous ai quitté le mercredi 31 janvier au soir, dans la précipitation de la publication du précédent article… Le jeudi 1er février, je me suis levée tôt pour reprendre un bus Stray, pour une journée qui s’annonçait bien chargée. Heureusement qu’une fille de la même auberge que moi prenait le même bus car, je n’avais pas percuté mais avant 8H30, la porte principale est systématiquement fermée… Or, en passant par la porte de derrière, cela rallongeait sacrément un trajet censé être ultra court à la base… Mon absence d’anticipation me perdra peut-être un jour, mais pour l’instant les Dieux de l’organisation ont décidé d‘être sympas avec moi.

 

Dans le bus, j’ai eu la surprise de retrouver Sytse, mon camarade néerlandais croisé à Paihia et qui a traîné en route, bien que pas aux mêmes endroits que moi. Ce fut l’occasion de nous donner quelques nouvelles, sans que toutefois nous ne passions trop de temps ensemble : ce sont surtout les gens de notre petit groupe commun qui nous avaient rapproché la première fois. Le chauffeur, également, était le même que celui qui nous avait emmené au tout début à Paihia : objectivement très gentil mais moins avenant que d’autres chauffeurs Stray que j’ai pu croiser par la suite.

 

La première étape du voyage était aux grottes de Waitomo, il s’agit de grottes éclairées par des vers luisants (« glowworm cave » en anglais). Le site tout autour avait l’air charmant (de la roche vieille de plusieurs millions d’années, des arbres, une petite cascade, un pont au-dessus de la rivière…) mais il pleuvait sans discontinuer ce jour-là.

 

Notre guide était très prévenant et particulièrement attentif à moi, c’était adorable. Déjà, j’ai eu le plaisir de rentrer gratuitement, alors que je ne me serais certainement pas permise de demander : « tu ne vois pas les vers luisants », a-t-il dit en guise de justification. Certes, d’accord, et bien merci beaucoup !

 

Nous avons visité deux grottes avec, entre les deux, une pause boissons chaudes (ce sera chocolat chaud pour moi parce qu’il faisait froid quand même…) On nous a distribué des casques et nous avons donc progressé au sein de différentes chambres taillées dans la roche, allant de plus en plus loin sous terre. Le principe est que plus on s’enfonce dans la grotte, plus il fait sombre et plus cela fait briller les vers luisants. Ces derniers brillent d’autant plus fort lorsqu’ils ont faim, dans le but d’attirer une proie.

 

Dans la première grotte, une petite rivière s’écoule sous terre et nous avons pris place sur une barque pour la traverser. A ce moment-là, le spectacle semblait saisissant et a rendu notre groupe totalement silencieux… Apparemment, il y a plusieurs centaines de milliers, voire plusieurs millions de vers luisants qui brillent  telles des étoiles dans le ciel.

 

A mon niveau, j’ai senti l’obscurité, l’humidité… Nous étions sous la forêt et, comme il pleuvait, les gouttes de la forêt tombaient jusqu’à chez nous. Normalement, il est formellement interdit de toucher les parois de roches ainsi que les stalactites et stalagmites taillées par l’érosion mais, là encore, notre guide a fait une exception pour moi. J’ai bien dit que non, si c’était interdit je respectais ça, mais il m’a donné l’autorisation alors, j’en ai profité.

 

En revanche, mon téléphone était au fond de mon sac et je ne l’ai pas sorti… Je vais essayer de récupérer une photo des vers luisants chez quelqu’un et, si j’y arrive, je vous la posterai la prochaine fois. En attendant, vous avez droit à une photo de moutons : ça y est, je les ai entendu et senti, enfin ! Comme c’était les premiers depuis mon arrivée (il y en a eu beaucoup d’autres sur la route mais on ne me l’a pas dit et je n’ai pas posé la question), la photo s’imposait sans hésitation.

Sheeps

 

La seconde étape de la journée était à Hobbiton ! Il s’agit du lieu de tournage du seigneur des anneaux. Le plateau avait ensuite été démonté et le village a été reconstruit dix ans plus tard pour y adapter le hobbit. La colline où est construite Hobbiton avait été repérée par Peter Jackson lorsqu’il survolait l’île du Nord pour faire du repérage, l’endroit semblait coller à merveille aux indications de J.R.R. Tolkien. A la base se trouvait là une ferme isolée donc il a fallu demander l’autorisation à la famille qui gérait l’exploitation agricole. Même l’armée néo-zélandaise a été impliquée pour déblayer le terrain !

 

Cela, on nous le raconte lorsqu’on est dans le bus qui nous amène du lieu où on achète les billets à Hobbiton, avec l’appui d’une vidéo qui vous plonge dans l’ambiance et d’une guide enthousiaste qui fait le show. Sans surprise, il n’est absolument pas possible de se balader seul dans le village et les visites guidées s’enchaînent à un rythme minuté, interdiction de s’échapper du groupe.

 

Les trous de hobbit sont creusés à flanc de colline, il y en a 44 au total et le village est construit entièrement en bois et en pierre. L’itinéraire nous fait passer par toutes les allées du village et devant chaque maison. Les portes ronde en bois sont peintes dans des couleurs différentes afin d’identifier les propriétaires et, devant certains trous de hobbit, se trouvent des objets laissant deviner leur occupation. On peut voir la maison de Sam Gamegie avec sa porte jaune !

 

Les jardins de fleurs et de légumes sont très bien entretenus. En-haut de la colline, on arrive à la maison que Bilbo transmet à Frodo au début du seigneur des anneaux… Afin de respecter les indications de Tolkien, un chêne a été replanté exprès au-dessus ! La porte verte est entrebâillée, si bien que l’on peut apercevoir un bout de couloir (mais c’est très peu profond, les scènes d’intérieur ont été intégralement tournées à Wellington).

 

Plus loin, on arrive à l’endroit où a lieu la fête d’anniversaire de Bilbo et on passe le pont que Gandalf emprunte au début du premier film. Et enfin, direction l’auberge du dragon vert dont l’intérieur, pour le coup, a été entièrement reconstituée. Une boisson est incluse avec nos billets, on a le choix entre une bière ou un cidre (j’ai pris une bière au gingembre, sans alcool, pour ma part).

 

Concernant la façon dont j’ai ressenti la visite, malheureusement je ne l’ai pas vécu dans les conditions les plus favorables. Je me trouvais dans un groupe qui, pour la plupart, se connaissait déjà (peu de gens s’arrêtent à Raglan) et que j’avais rejoint le matin même, sans avoir créé d’affinité avec les uns ou les autres. En plus, il pleuvait à torrent, on avait donc le choix entre s’encombrer d’un parapluie fourni à l’entrée (ce qu’on a fait avec ma co-équipière dans un premier temps) ou être trempés jusqu’aux os (ce qu’on a fait dans un second temps quand on en a eu marre du parapluie…) Je trouve que notre groupe était beaucoup trop important et donc, entre les arrêts de chacun à la queue leu leu pour les photos et le fait que la pluie rendait mon téléphone carrément récalcitrant, j’ai eu du mal à suivre les explications de la guide…

 

J’ai essayé de rester collée à elle au début mais finalement j’ai laissé tomber. Une jeune voyageuse allemande m’a très gentiment proposée de rester avec moi pendant la visite pour me guider et m’aider à suivre le groupe, ce qui était vraiment très bienvenue. Elle a été adorable et s’arrêtait partout où elle pouvait pour me faire toucher des choses : donc rapidement, j’ai davantage traîné en arrière pour toucher ce que je pouvais que véritablement suivi. En revanche, j’ai trouvé ça carrément fun de pouvoir toucher les portes et fenêtres de hobbit, les barrières, les boîtes aux lettres… Il faut leur reconnaître un souci impressionnant du détail !

 

En somme, heureusement que cette fille était là, sincèrement mais j’aurais préféré vivre et partager cette visite avec des amis. Dans le bus du retour, ils n’ont rien trouvé de mieux que de faire souffler de l’air froid au lieu du chauffage, moralité je suis arrivée à Rotorua carrément frigorifiée…

 

Arrivés à l’auberge, comme toujours gigantesque réservée par Stray, je me retrouve face à un personnel absolument adorable qui affiche un grand souci de m’aider. La dame de l’accueil m’annonce le numéro de ma chambre, me dit qu’elle va m’emmener et là… Oh ! Elle m’a mise dans une chambre individuelle, avec un grand lit, une salle de bains privative, des serviettes éponges toute douces… Alors que j’ai payé pour un dortoir. Je bloque, je mets quelques secondes à comprendre, je ne dis rien sur le coup mais j’y retourne ensuite, en disant que vraiment c’est très gentil mais c’est pas nécessaire… Bon, j’avoue, j’ai fait ça seulement après avoir profité d’une bonne douche chaude en prenant mon temps et avoir utilisé leurs super serviettes bien loin de la mienne en microfibres, faut pas déconner, j’avais froid !

 

Bref, la dame me répond que ce n’est pas tant pour moi, c’est aussi pour eux parce que c’est plus simple en cas d’urgence… J’aurais bien répondu que je ne voyais pas le rapport mais allez, j’ai pas argumenté… Sur le moment, je dois bien admettre que j’étais un tout petit peu désappointée, parce que je comptais sur les dortoirs pour discuter avec des gens du groupe, espérant trier mes photos de Hobbiton ainsi qu’en récupérer d’autres vu que mon téléphone avait bloqué… C’est clair que ce n’est pas ma chambre isolée qui allait m’intégrer ! Toutefois, j’ai très vite laissé tomber, me disant que de toute façon je n’avais pas de lien avec ce groupe et que je ne les reverrai plus, puisque notre bus repartait le lendemain alors que pour ma part, il était hors de question que je me contente d’une seule demi-journée à Rotorua avec tout ce qu’il y a à y faire… C’est du délire ! Rotorua est en effet particulièrement connue pour son activité géothermique, autant dire tout ce qu’on n’a pas chez nous. Donc, pour les photos de Hobbiton, j’ai résolu d’écrire à mon amie Sarah, rencontrée à la précédente étape, et voilà celles qu’elle a sélectionnées pour vous.

 

Hobbiton1___Hobbit_Hole

Hobbiton2___View_of_the_area

Hobbiton3___Table_with_plants_and_vegetables

Hobbiton4___Hobbit_clothes

Hobbiton5__House_on_the_water_near_the_green_dragon

 

Ce sont les siennes donc la météo n’est pas représentative de ce que j’ai eu…

 

Evidemment, comme dans l’itinéraire Stray, il n’y avait qu’une nuit de prévue, notre chauffeur-guide avait tout un tas de proposition d’activités à nous faire, évidemment payantes, pour le lendemain… Je les ai toutes déclinées me disant une fois de plus que, non merci mais j’aurais bien le temps de faire ce que je veux par moi-même, ne me stressez pas tout de suite… Et, de fait, après avoir pris possession de ma chambre, je n’ai plus revu personne, ni le soir ni le lendemain matin.

 

Donc ma soirée, je l’ai passé affalée sur mon grand lit avec internet et la possibilité de mettre ma musique sans déranger personne… J’adore ça, les soirées affalée sur mon lit avec internet, d’habitude mais là, c’était le début d’un sentiment de solitude qui allait me prendre pour une bonne partie de la semaine donc, ce n’était pas mal et j’ai savouré ma chance mais ce n’était pas aussi joyeux que ça aurait pu l’être. J’ai toutefois pu éditer tranquillement mon précédent post et ça, c’était nécessaire (c’est tellement frustrant de poster quelque chose qu’on ne trouve pas fini).

 

Le lendemain, vendredi 2 février, très loin de moi l’envie d’une quelconque activité payante : je venais d’arriver, j’avais plutôt envie de me balader tranquillement. Ça tombe bien, l’auberge de Stray était très bien situé pour une fois et se trouvait à 10 minutes de marche du Kuirau Park, accessible gratuitement et qui permet d’observer l’activité géothermique de la ville. Armée de mon GPS et des indications de la dame de la réception, je me suis d’abord dirigé vers un café histoire de… Boire un café, déjà, et goûter à nouveau les œufs Benedict pour me mettre en forme !

 

Ensuite, donc, direction ce fameux parc, dans lequel je suis arrivée sans vraiment m’en rendre compte. Au départ j’ai un peu tourné en rond, ne trouvant aucune activité géothermique, jusqu’à ce qu’un gardien du parc ne m’indique l’activité préférée des touristes : le bassin d’eau chaude pour les pieds. Donc, j’arrive là-bas, j’enlève mes chaussures et je fais comme plein de touristes, je baigne mes pieds en espérant que ça leur fera du bien : ça tombe bien, j’avais une ou deux ampoules pénibles…

 

Je suis restée là un bon moment, parce que c’était bien agréable et parce que, au bout du bassin, il y avait un jet qui déversait de l’eau de façon pas régulière du tout : c’est-à-dire que parfois, le jet était très calme et d’un coup, il grondait et crachait vers l’avant et le haut… C’était très marrant à observer et ça m’a bien occupée, même si j’ai pas osé m’approcher à moins d’un mètre de peur de ce qui allait m’exploser à la figure. D’ailleurs, en me baladant dans le bassin, j’ai pu constater que la température de l’eau est très changeante d’un pas à l’autre. Si à un bout du bassin elle reste relativement stable, du côté où il y a le jet la chaleur change sans cesse et ça devient presque brûlant lorsque le jet se manifeste.

 

Après cela, le même gardien m’a emmené à une espèce de jeux pour enfants où il faut escalader des cordes… Ça, j’ai vraiment pas compris mais j’ai essayé pour ne pas lui dire non… C’était rigolo deux minutes mais vraiment pas plus et je n’ai pas besoin de venir à Rotorua pour ça. Donc, dès lors que j’ai estimé pouvoir partir sans être vexante, c’est là qu’ont commencé mes véritables pérégrinations dans le parc.

 

J’ai marché un moment, tourné sans doute, à la recherche de cette fameuse activité géothermique… C’était un peu perturbant parce que les gens à qui je demandais ne semblaient pas vraiment comprendre ce que je voulais… Et là, illumination : « tu as un téléphone, et si tu demandais à Google comment on dit « sources chaudes » en anglais ?) Mais bravo, quelle riche idée ! Tiens, une pierre, asseyons-nous et cherchons... On dit « hot spring », si vous voulez savoir !

 

Bizarrement, à partir de là, ma balade est devenue plus fructueuse ! J’ai demandé à trois personnes (dont un monsieur qui m’a raconté toute sa vie mais en bouffant tous les mots donc je n’ai rien compris…) Au bout d’un instant, me voilà face à une barrière, derrière laquelle je peux entendre ce qui semble être la plus grande source chaude du parc. Je me balade un peu le long de la barrière, je fais demi-tour avant de m’enfoncer dans la forêt, j’écoute le son et je rêvasse… Puis, quelques gouttes commencent à tomber et je me dis qu’il est temps que je me mette en quête de la sortie, contente d’avoir pu entendre cette source.

 

Et là, en tournant un peu pour chercher la sortie, surprise ! Je tombe sur une toute petite source chaude au milieu de la pierre, que l’on peut toucher cette fois contrairement à la grande de toute à l’heure qu’on ne pouvait pas approcher (même s’il est tout de même fortement déconseillé de mettre sa main trop prêt de là où ça fume, évidemment). Bref, étant donné que j’étais sur le retour et que je ne cherchais plus rien, c’était comme si j’avais déniché un trésor et j’étais toute heureuse (alors que c’était sans doute très visible pour n’importe qui d’autre), tellement heureuse que j’ai sorti mon téléphone et j’ai tenté une petite vidéo que voici.

 

 

 

En me retournant, j’ai trouvé une autre petite source du même genre… Eh bien la voilà, l’activité géothermique que je cherchais depuis le matin ! En plus les gouttelettes de pluie n’avaient été que des gouttelettes et il faisait à nouveau bien beau.

 

D’ailleurs, j’ai remarqué plusieurs endroits où il y a de l’eau chaude tout simplement au sol. Et, dans l’air, partout dans Rotorua, des odeurs de soufre. Tout le monde m’avait préparé au fait que ce serait potentiellement pénible mais en ce qui me concerne, ça ne m’a pas dérangé du tout et j’ai trouvé que ça faisait totalement partie de l’ambiance de la ville.

 

Finalement, j’ai quand même essayé de rentrer et là par contre, j’ai ramé… Je tiens à dire que, dans un parc, un GPS c’est assez inutile… Au bout d’une bonne demi-heure à tourner dans ce labyrinthe, un monsieur s’est arrêté et a proposé de me ramener à mon auberge dans son véhicule non-identifié qui ressemblait à un Quad (en fait, je ne sais pas vraiment ce que c’était, j’étais assise à droite pour une fois et c’était ouvert sur les côtés et ça faisait le bruit d’un tracteur…)

 

De retour à l’auberge où j’avais laissé mes sacs avant de partir le matin, je retrouve les dames adorables de l’accueil et l’une d’elle, qui finissait son service, à qui je demandais des renseignements sur les bus pour me rendre à l’auberge que j’avais réservée pour les nuits suivantes, propose de m’y emmener dans sa voiture… Alors que je quitte l’établissement où elle travaille ! Elle est très sympathique et la discussion sur le trajet est bien agréable. Arrivée dans ma nouvelle auberge, une jeune fille qui travaille à la réception, une finlandaise avec un Working Holiday Visa, propose à son tour de m’accompagner au supermarché d’à côté pour mes courses de la semaine lorsqu’elle finit son service.

 

Cette nouvelle auberge était très agréable, très écolo, tenue par un couple (elle est allemande, lui est américain de St-Louis dans le Missouri) qui vit en Nouvelle-Zélande depuis 20 ans. Tous deux sont très amicaux et ont eu à cœur que je me sente bien chez eux.

 

Ce soir-là, j’ai fait la connaissance de Mireille et Roland, deux français à la retraite, originaires du sud-ouest, qui voyagent ensemble et viennent en Nouvelle-Zélande pour les tournois de rugby. Oui, je sais, des français… Avec tout ce que j’ai pu en dire… Eh bien, ils étaient très sympas et moi, j’étais en mode blues donc, ça m’a fait beaucoup de bien et je pense sincèrement que nous resterons en contact.

 

Ils repartaient le lendemain matin. Moi, en ce samedi 3 février, j’avais l’opportunité de profiter de la voiture d’une autre voyageuse pour me rendre à Wai-O-Tapu. Sauf qu’il pleuvait des cordes et que, si elle devait y aller ce jour-là car elle ne restait qu’un seul jour à Rotorua, pour ma part j’avais encore plusieurs jours devant moi et j’ai décidé d’attendre un moment où il ferait beau (tant pis si je devais prendre la navette hors de prix conçue exprès pour arnaquer les touristes, plutôt ça que de ne pas en profiter. Le parc de Wai-O-Tapu est en effet le parc géothermique le plus connu de la région où l’on fait une magnifique balade au milieu des fumerolles et autres bassins aux minéraux… Les couleurs y sont splendides (de l’orange, du vert…) alors, y aller quand il fait gris, c’est quand même dommage.

 

Du coup, Mireille et Roland m’avaient parlé du Polynesian Spa, tout à côté de l’auberge et je me suis dit que c’était bien une météo à aller se prélasser dans un spa, tiens ! Donc, j’ai pris mon temps pour me préparer et en début d’après-midi, grâce aux indications très claires de la manager de l’auberge et à une dame d’origine indienne rencontrée sur le chemin à qui je demandais un coup de main, je suis arrivée au spa, au milieu de ses neuf bassins, de 38 à 42 degrés, dont il est dit que l’eau thermale a des vertus pour la peau. Si c’est vrai, il est clair que ma peau va mieux parce que je suis restée des heures, à passer d’un bassin à un autre, à rester dehors quand j’avais un peu trop chaud puis à y retourner quand j’avais un peu trop froid… Une jeune femme d’origine philippine, qui travaille au spa, a pris grand soin de moi en m’accompagnant dès que je voulais changer de bassin. Lors d’une de mes pauses à l’extérieur, nous avons longuement papoté et elle m’a confié qu’elle aurait aimé être psychologue, policière ou travailler dans le tourisme, mais que ces trois options avaient été rejetées par ses parents (pour des raisons diverses et fallacieuses), ce qui l’a amenée à faire de l’informatique…

 

Lorsque j’étais sur le retour, elle et un autre garçon philippin (j’ignore s’ils ont un lien de parenté) ont proposé là encore de me ramener en voiture et j’ai même eu droit à un jus de fruit offert… Quelle chanceuse je suis, vraiment !

 

En arrivant à l’auberge, j’ai entendu un groupe de filles dans le salon qui avait l’air sympa et je suis allée demander si je pouvais m’installer avec elle. Finalement, j’ai découvert qu’il s’agissait de quatre copines, venues spécialement de Wellington pour le week-end car il y avait un festival à Rotorua le lundi. En effet, mardi 6 février, c’était Waitangi Day (le jour qui commémore la signature du traité de Waitangi dont je vous ai parlé dans un précédent article). Le lundi était donc chômé pour les néo-zélandais et c’était un week-end prolongé.

 

Evidemment, moi, j’ai entendu « festival », « concerts », « musique » et des tas de petites lumières se sont allumées dans ma tête : en voilà une occasion magnifique de goûter un peu à la culture locale et pas seulement aux attractions touristiques !

 

Comme je m’étais incrustée dans leur petit groupe, les filles m’ont gentiment proposé de venir manger avec elles à l’extérieur et j’ai accepté avec joie. On est allé au centre-ville, où il y avait tout sauf des restaurants néo-zélandais… Beaucoup de restaurants asiatiques mais les filles avaient envie de manger italien, ce que j’ai trouvé plutôt rigolo (d’aller manger italien en essayant de rencontrer des locaux en Nouvelle-Zélande !) Comme quoi, on est les mêmes partout dans le monde : quand on se retrouve avec nos copains, nous, on va rarement manger typiquement français après tout…

 

Le lendemain, dimanche 4 février, il faisait beau et cette fois, je me suis levée avec la ferme intention d’aller à Wai-O-Tapu (ce qui veut dire « eau sacrée » en maori). Lorsque je me suis rendue à la réception pour demander où se prenait la navette, il se trouve que justement, il y avait là un voyageur qui s’apprêtait à y aller avec sa voiture et qui était d’accord de m’emmener… Encore une fois une belle chance pour moi ! Il s’appelle Derek, est originaire des Etats-Unis (c’est fou ce que je rencontre comme gars des Etats-Unis qui s’appellent Derek !) Il est originaire plus spécifiquement de Virginie, à côté d’une petite ville qui s’appelle… Strasbourg ! N’est-ce pas trop rigolo ?

 

Et bien franchement, heureusement que nous y sommes allés ensemble. Car oui, il ne m’a pas seulement déposée, il a bien voulu que l’on fasse la balade tous les deux, ce qui était vraiment chouette pour moi car c’est quand même un sacré circuit et je ne vois pas du tout comment j’aurais pu le faire toute seule.

 

La première étape était un peu à l’extérieur du parc, il s’agit d’un geyser qui est déclenché manuellement tous les jours à 10H15. Bon, le micro de la dame ne marchait pas du coup je n’ai pas bien entendu les explications mais apparemment, l’histoire est que ce geyser a été découvert par des prisonniers, qui ont voulu laver leurs vêtements dans le bassin et ont été surpris par son irruption. Voici une petite photo du parc où nous étions à 9H30, quasiment les premiers, avant les bus de touristes, attendant le geyser.

119057371

 

Et voici une vidéo du geyser : personnellement je n’ai pas trouvé ça tellement impressionnant  sachant que ce n’est pas naturel mais déclenché avec du savon, toutefois visuellement je pense que ça vaut quand même le détour.

 

 

 

En revanche, la balade qui suit dans le parc puis dans une forêt de pins, au milieu des bassins d’eaux fumantes et jaillissantes de toutes les couleurs, est bel et bien une réserve tout ce qu’il y a de plus naturelle. En ce qui me concerne, j’ai surtout écouté les « glou glou » et les « plop plop » ainsi que senti les fortes odeurs de soufre. Derek m’a proposé de se charger des photos et de me les envoyer, ce que j’ai accepté avec plaisir car ce sera plus facile pour faire le tri. Néanmoins, ça devra attendre qu’il rentre chez lui à la fin du mois mais je lui fais confiance pour y penser et je vous mettrai les photos dans un article à part dès que je les reçois, promis. Je pense que visuellement c’est vraiment puissant et j’ai hâte que vous puissiez en profiter.

 

Sur le chemin du retour, nous nous sommes arrêtés dans le même quartier où j’avais été la veille au soir et nous avons mangé thaïlandais, cette fois. Je voulais inviter Derek pour le remercier mais il m’a devancé et a payé pour nous deux, autant dire que j’étais carrément gênée…

 

L’après-midi, j’avais l’intention d’aller avec mes petits pieds au lac Rotorua mais je me suis à nouveau retrouvé assaillie par un coup de barre et je n’ai pas du tout réussi à bouger… Je m’en suis voulu à mort et le soir, c’était un peu le retour du blues. Ça peut paraître idiot mais je me suis sentie seule : oui, je rencontre tout le temps un tas de monde mais les gens viennent et repartent, tout comme moi, chacun avec son propre rythme et je crois que tout d’un coup, j’étais en manque de quelqu’un qui ne soit pas juste de passage, avec qui je puisse faire des projets de choses à vivre ensemble.

 

Et puis, j’avais fait le choix de rester plus longtemps que prévu à Rotorua car il y avait plein de choses que je voulais faire, dont certaines que je ne pouvais pas faire seule. La sortie qui me tenait particulièrement à cœur, c’était Redwood Forest, une forêt de séquoias géants : ce ne sont que des chemins de petite randonnée à suivre donc impossible sans un guide. Du coup, je me suis dit que, plutôt que de me rajouter un état de stress, j’allais rester un peu et me laisser plus de chance de trouver quelqu’un pour le faire avec moi, quitte à ne pas m’arrêter à l’étape suivante. Donc j’avais une semaine, ce qui est largement suffisant voire beaucoup mais et si je ne trouvais personne et que je repartais malheureuse de ne pas avoir vu cette forêt ? J’ai conscience que c’est totalement idiot de se déprimer pour ça, il y a tellement de problèmes plus graves et j’ai essayé de me raisonner mais voilà, j’étais juste à côté, ne pas pouvoir y aller quand c’est autant à porter de main, c’est tellement frustrant…

 

En ce fameux dimanche soir de petite forme, j’ai néanmoins rencontré Paul, un compagnon de chambre britannique, qui m’a demandé ce que je faisais en me voyant vous poster la vidéo sur le blog et qui m’a demandé l’adresse, dans l’intention de lire mes articles par Google translation… Good luck !

 

J’ai également rencontré une dame âgée allemande, voyageant avec son mari, qui ne parle presque pas un seul mot d’anglais mais qui avait décidé de prendre soin de moi et, de dimanche à mercredi, elle m’a proposé tour à tour de la soupe, de la salade, du café soluble (parce qu’il n’y avait ni machine ni café instantané dans cette auberge…) Elle est d’origine lituanienne et a décidé que je devais venir en Lituanie. Ah, vous auriez dû me voir lutter contre l’anglais pour essayer de ressortir mes quelques notions d’allemand ! Son mari parle un peu français aussi, ça a aidé parfois.

 

Tout ça est anecdotique mais j’ai envie de me souvenir de tous ces gens croisés, qui ont été gentils et avenants à un moment où je ne pétais pas la forme.

 

Ce même dimanche soir, pour ne pas me laisser abattre, j’ai pris mon téléphone, je me suis connectée à internet et je me suis achetée un billet pour le festival du lendemain dont les filles de Wellington m’avaient parlé. En plus, ça se passait au Blue Lake (également appelé « Lake Tikitapu »), un endroit également magnifique de Rotorua qui était sur ma liste !

 

Le lundi 5 février, donc, en fin de matinée, j’étais parée pour le festival et prête à faire du stop pour y aller (parce que, en Nouvelle-Zélande, tout le monde fait ça et que c’est hyper facile, les gens s’arrêtent très naturellement). Mais, quand je m’en suis ouverte à la manager de l’auberge, en espérant qu’elle me soutiendrait et m’aiderait, elle m’a dit que non, quand même, c’est dangereux si je ne vois pas qui s’arrête… J’ai pas argumenté (voyez comme je suis raisonnable) et j’ai sagement accepté le taxi, un monsieur tout à fait adorable qui est venu me chercher.

 

Bon, contrairement à mes espérances, je n’ai pas vraiment rencontré de gens à ce festival : c’est un endroit où les gens viennent en famille et entre amis, moi non plus je ne parle pas aux autres quand je suis en festival avec mes copains… Je me suis toutefois imprégnée d’un moment de fête locale, ce qui était le but. Selon une des employée du festival qui a fait la queue avec moi lorsque je suis allées me chercher un café, il y a eu 6200 billets vendus et, vu les quelques personnes avec lesquelles j’ai parlées, les gens venaient d’un peu partout sur l’île du nord. D’ailleurs, ils étaient super équipés : couvertures, matelas gonflables, bouées, parasol… J’ai regretté de ne pas avoir emmené mon maillot de bain car on pouvait se baigner dans le lac, même si je pense qu’il faisait un peu trop frais et que je ne me serais probablement pas motivée.

 

J’ai donc passé l’après-midi assise dans l’herbe, à écouter la musique et j’ai tout de même rencontré un couple d’Auckland, dont la dame m’a proposée de partager sa couverture et son parasol (qui est devenu un parapluie lorsqu’il se mettait de temps en temps à pleuvoir). Un chouette moment de vie locale, même si musicalement ce n’était pas ma tasse de thé : on a commencé par de la pop gentillette, puis un artiste plus hip-hop et un autre plus électro qui faisaient un peu le show, puis à nouveau de la pop trop fleur bleue pour que ça puisse me toucher… Peu importe, ce n’était que des artistes néo-zélandais inconnus pour moi et j’y suis allée volontairement en non connaissance de cause.

 

Voici une photo du Blue Lake, prise par la dame d’Auckland à la fin du festival, vers 18H, lorsque les gens étaient sortis de l’eau.

119057387

 

Pour le retour, j’ai suivi le mouvement et je suis montée dans le bus spécialement affrété pour l’occasion, bien que je ne savais pas où il m’emmenait… Il me rapprochait de la ville, c’était déjà pas mal ! Ensuite, contrairement à ce que j’avais espéré, personne n’a proposé de me ramener et je n’ai rien demandé donc, à nouveau, je me suis résigné au taxi.

 

Le soir, à l’auberge, j’ai fait la connaissance de Laura (une française adorable qui partageait mon dortoir), Maria (une allemande qui voyage également avec Stray et que je retrouverai quelques jours plus tard), ainsi que deux copines de Suisse qui voyagent ensemble (dont l‘une est aveugle, du genre sympa et futée donc c’était plutôt rigolo).

 

Le mardi 6 février, a commencé ma longue attente pour aller à la fameuse Redwood Forest… J’ai demandé à la réception s’ils pouvaient me prévenir si quelqu’un y allait, dans le but que je puisse demander si je pouvais m’incruster… Donc j’ai attendu et attendu, en vain. Matinée plutôt larvée, du cou, si ce n’est que c’est là que j’ai enfin commencé à répondre à vos messages. En début d’après-midi, il était devenu évident que ça ne servait plus à rien d’attendre… Alors j’ai essayé de me bouger pour aller au lac Rotorua parce que, je voulais le voir de toute façon (je m’étais loupée déjà le dimanche) et ça, au moins, je pouvais m’y rendre seule à pied. C’est un lac où les gens ne se baignent pas mais il avait l’air bien joli. J’étais quand même un peu triste du coup j’ai eu du mal à m’extraire de ma léthargie mais j’ai fini par y aller, encore une fois grâce aux très bonnes indications de la manager. Je me suis posée dans l’herbe en face du lac, allongée sur le dos à penser et rêver… Il faisait bon, j’avais presque un peu chaud. J’étais bien, j’aurais pu rester plus longtemps (ma faute, j’avais qu’à bouger plus tôt !) Mais le soir, j’avais réservé pour un spectacle maori donc, j’étais attendu et il fallait que je rentre.

119057395

 

Le spectacle se produisait dans un village maori, comme il y en a plusieurs autour de Rotorua et dont j’ai malheureusement oublié le nom (et oublié de redemander…) Igor, un garçon d’origine ukrainienne qui dormait à la même auberge, y allait également et nous avons donc passé cette soirée ensemble. Une fois dans le bus, notre chauffeur nous dit que, pour la soirée, nous sommes une tribu invitée au village et qu’il faut donc qu’il y en ait un qui soit notre chef… Evidemment, Igor lève la main pour être volontaire, arguant que ce sera une bonne expérience !

 

J’avoue, il s’en est sorti avec les honneurs. Bon, honnêtement, c’était assez similaire à ce que j’avais pu vivre dans le Northland : cérémonie de bienvenue, mot d’accueil, remerciement du chef de la tribu invitée, chants et danses, démonstration d’armes… Comme d’habitude je ne mets pas de vidéo qui pourrait les engager mais, si vous tapez « maori welcome ceremony » sur Google, vous en trouverez quelques exemples.

 

La différence avec mes expériences passées c’est que, cette fois, il y avait le repas en plus. Il s’agit du Hangi, le plat traditionnel maori : c’est du poulet et de l’agneau, des pommes de terre et des patates douces, le tout cuit dans la terre à l’aide de pierre chauffée, à feu très doux donc… J’ai trouvé ça très bon ! A table, Igor et moi étions avec deux canadiennes à la retraite, qui étaient associées professionnellement et qui maintenant voyagent ensemble, elles étaient très sympas et j’ai passé un bon moment.

 

Ensuite, le programme consistait à nous faire faire une promenade dans les bois pour aller voir des vers luisants… Honnêtement, cette partie était absolument inintéressante : on s’arrêtait tous les dix pas pour des explications à rallonge, on n’a presque pas marché et c’était un peu une arnaque je trouve.

 

Et puis, je dois bien admettre que, si mon intérêt pour la culture maorie reste absolument intact, je crois que je suis passée à une autre phase de mon questionnement : au-delà de ce qu’on présente aux touristes (et qui est authentique, je ne le remets pas en cause), quelle est la place réelle des maoris en Nouvelle-Zélande, sur le plan politique et sociétal ? Leur langue et leur drapeau sont reconnus officiellement, ce qui est plus que pour la plupart des indigènes ailleurs dans le monde, mais ils restent néanmoins une minorité et je ne sais pas du tout quelle est la part d’embellissement (ni même s’il y en a une) dans ce qu’on nous présente. Vraiment, je ne porte aucun jugement, ce sont des questions que je me pose auxquelles je n’ai pas de réponse pour le moment.

 

J’ai essayé à plusieurs reprises de savoir s’il y aurait des célébrations auxquelles je puisse me rendre pour Waitangi Day et les gens répondaient plutôt qu’ils ne savaient pas… La seule qui m’a donné une autre réponse c’est la manager de l’auberge, qui m’a dit que ce jour-là, il y a davantage de manifestations que de célébrations.

 

Bref, au retour de cette soirée, Igor a lui aussi pris l’adresse de ce blog parce que, dit-il, il veut voir comment je m’en sors au Tongariro (prochaine étape, je vous en reparlerai). Après ça, petit moment de partage agréable avec mes compagnons de chambre (une suédoise, deux canadiens, un néerlandais et Maria, l’allemande rencontrée la veille).

 

Mercredi 7 février : rebelote avec la Redwood Forest et le manager de l’auberge me donne quelques espoirs en me disant qu’un couple anglais a l’intention d’y aller cet après-midi mais qu’il ne sait pas s’ils repasseront par là avant d’y aller… Eh bien, ils ne sont pas repassés et, deuxième matinée larvée pour moi (où, cette fois, j’ai fini de vous répondre quand même !) A ce stade, j’étais vraiment triste pour cette forêt mais, j’arrivais tout de même à me dire que, non, je n’allais pas passer la journée à déprimer dans mon lit, fallait que je bouge… Donc comme la veille, j’ai bougé tard et, après avoir échangé trois mots avec le manager de l’auberge et un jeune qui travaille à la réception, j’opte pour un retour au Blue Lake : après tout, je n’avais fait que toucher l’eau du bout des doigts lundi, je voulais la sentir vraiment.

 

J’ai tenté de rappeler le taxi qui m’avait emmené au festival le lundi et qui pratiquait des prix carrément raisonnables, mais il n’était pas disponible… Je vous passe les détails de mes tentatives infructueuses pour trouver un autre taxi à un prix qui ne soit pas exagéré, de celui qui m’annonce quelque chose au téléphone pour me dire autre chose une fois arrivé, puis de mon abandon en constatant que ce sont vraisemblablement les tarifs en vigueur… De toute façon, l’idée de rester à l’auberge à ne rien faire était pire que tout alors, je tenais vraiment à aller au lac.

 

Comme la veille en face du lac Rotorua, je me suis allongée dans l’herbe un bon moment, j’étais bien, puis j’ai été réveillée par quelques gouttelettes de pluie… J’avais mis mon maillot de bain sur moi mais il faisait trop frais, j’ai donc opté pour aller juste tremper mes pieds jusqu’aux mollets, l’eau était plutôt bonne et j’ai pris plaisir à y marcher un temps. Il y a une balade de 5KM autour du lac mais, seule, je ne l’ai pas tentée (l’après-midi était déjà bien avancée et ça ne me semblait pas raisonnable d’aller m’éloigner comme ça).

 

Lorsqu’il fut temps pour moi de rentrer, je me suis pointée sur le parking avec la ferme intention de trouver quelqu’un pour me ramener en ville et, bingo, la première personne à qui j’expose ma requête me dit qu’elle peut m’emmener et je me suis retrouvée dans la voiture de toute une famille néo-zélandaise, ils m’ont ramené carrément jusque devant mon auberge ! D’ailleurs, je vous fais part du conseil fort avisé de cette dame, à qui je faisais part de mon étonnement sur la météo très changeante, de la Nouvelle-Zélande en général mais de Rotorua en particulier : « ici, il faut toujours avoir avec toi ton manteau de pluie et ton maillot de bain en même temps, tu ne sais jamais duquel tu auras besoin… » Et en effet, c’est fou comme ici, il est quasiment impossible de prévoir la météo, non seulement pour le lendemain mais même pour dans une heure !

 

A part cette petite escapade au lac, cette journée aura été plutôt morne et, en colère contre moi-même, je me suis dit que, si les autres il leur suffit de se mettre au bord de la route, de faire du stop et de suivre les panneaux pour faire toutes les promenades qu’ils veulent, pourquoi tu ne prendrais pas le taureau par les cornes toi aussi ? Après tout, la plus petite balade de la Redwood Forest, c’est une demi-heure, ce n’est pas la mort… Ce soir-là, je décide donc que le lendemain, dernière matinée à Rotorua, j’irai seule à cette fameuse Redwood Forest et je verrai bien, là-bas, au culot si je trouve quelqu’un pour m’accompagner !

 

Donc allez, le lendemain, jeudi 8 février à 9H, je fonce à la réception, je dis « pouvez-vous m’appeler un taxi s’il vous plaît ? Je vais à la Redwood Forest toute seule, on verra bien ». Mon fameux chauffeur du lundi n’était toujours pas disponible donc, même compagnie que la veille (mais je connaissais les tarifs en vigueur cette fois donc plus de surprise et de toute façon, je m’en fichais complètement, mon envie de faire était bien plus forte). Arrive donc une chauffeur, hyper avenante, qui rigole beaucoup et fort, qui s’extasie de mon voyage en solitaire… Elle me raconte qu’elle est maorie et vit à Rotorua depuis 40 ans et moi, je suis bêtement contente de papoter avec quelqu’un qui soit du coin et ne soit pas un touriste pour une fois !

 

Arrivée au centre d’information de la Redwood Forest, j’expose ma requête : « bonjour, je veux visiter la forêt mais je suis toute seule, y aurait-il quelqu’un pour venir avec moi ? » Je sens bien la gêne du type en face de moi, qui me répond « je ne crois pas mais attendez, je vais demander… » Il va voir une de ses collègues, qui répond « je ne crois pas mais attendez, on va demander… » A ce stade, je savais bien qu’ils allaient me dire non avec le plus de gêne possible et moi, j’en étais à me demander quelle serait la meilleure stratégie pour m’incruster avec des gens sans avoir l’air impolie, quand une dame m’aborde : « si tu veux, nous on a fini mais on peut refaire un tour avec toi, est-ce que c’est suffisant pour toi si on fait juste le tour d’une demi-heure ? »

 

Mais oui, oui, oui, bien sûr que c’est suffisant ! Moi, depuis le début, je veux juste toucher les séquoias géants et sentir cette forêt autour de moi, je n’ai pas besoin que ça dure des heures ! Me voilà donc partie avec ces trois australiens, hyper sympas, qui sont à Rotorua pour cinq jours, à l’occasion d’une course de 160KM qui a lieu samedi. Vous vous rendez compte, 160KM ! Ces gens ont toute mon admiration, en plus de mon affection sans faille pour m’avoir permis de visiter cette magnifique forêt. Je vous jure, avec tout ce que je l’ai attendue, vous avez intérêt à savourer les photos !

119057404

Redwood_Forest_2

Redwood_Forest_3

119057457

119057487

119057503

 

 

 

Oui, d’accord, tout le monde n’est pas obligée d’être aussi hystérique et bornée que moi… Mais franchement, je ne regrette pas une seule seconde de m’être faite une montagne de cette sortie parce qu’elle vaut vraiment le coup, cette forêt est douce et magnifique et tellement accueillante … J’adore les forêts, encore plus le matin. Je ne comprends pas pourquoi les gens n’y vont pas plus mais d’un autre côté tant mieux, c’était plus calme.

 

Un temps, je me suis dit que j’étais quand même un peu bête, au lieu de me morfondre deux jours à attendre bêtement j’aurais pu y aller plus tôt… Mais alors, j’aurais peut-être rencontré d’autres gens mais pas ceux-là et ils étaient absolument géniaux… Donc, non, aucun regret et toute sensation d’avoir perdu du temps est évaporée. Et puis, Rebecca, la dame qui m’a abordée, m’a donné son adresse mail en me disant « quel que soit le temps que ça te prend, le jour où tu viens en Australie écris-moi ». Crois-moi, c’est noté et je vais même écrire avant pour savoir comment s’est passée la course !

 

Une fois la promenade finie, ils ne pouvaient pas me ramener parce qu’ils n’allaient pas vers la ville mais moi, de toute façon, j’avais bien envie de me payer un café et de le savourer pour fêter cette sortie. D’accord, je ne suis pas sûre que ce café était digne d’être savouré vu sa qualité, mais à moi il m’a semblé bon parce que j’étais en état de manque et d’euphorie…

 

Ensuite, comme la veille, je pars à la recherche du parking en vue de demander si quelqu’un peut me ramener et, comme la veille, le premier à qui j’expose ma demande me dit « moi, je peux ». En fait, ici, c’est tout à fait normal de demander aux gens qui ont une voiture s’ils peuvent emmener des inconnus en chemin, car en-dehors des grandes villes les transports en commun sont inexistants et les taxis sont hors de prix. Donc, jamais, on n’a l’impression d’être impoli ou d’abuser.

 

C’était un canadien, hyper sympa encore une fois et très avenant, qui vit en Nouvelle-Zélande depuis 20 ans et étaient avec deux amis venus lui rendre visite du Canada. C’était leur dernier jour donc ils voulaient prendre le temps de se dire au revoir (ce qui est tellement normal), du coup il ne m’a pas proposé de me ramener à l’auberge mais m’a laissée devant l’office du tourisme. Là, armée de mon GPS, j’ai trouvé mon chemin toute seule comme une grande (alors que deux jours plus tôt, en revenant du lac Rotorua, j’avais eu besoin d’aide, notamment d’une jeune fille qui avait cherché ma rue pour moi et avait fait demi-tour exprès pour m’accompagner).

 

Jeudi après-midi, au revoir Rotorua, c’était chouette pour de vrai malgré les coups de mou ! Direction Taupo, juste pour une nuit, histoire de voir le lac Taupo, très réputé. C’est grâce à Maria et ses bonnes idées que j’ai pu y aller et j’en suis ravie : Taupo n’est pas prévu (seulement optionnel) dans l’itinéraire de base de Stray et, vu le temps que j’avais passé à Rotorua, je pensais que je ne pourrai pas m’y arrêter. Or, dans l’itinéraire de Stray, il y a une soirée maorie, que l’on peut zapper si on rejoint Taupo par nos propres moyens. Etant donné que j’ai déjà suivi des événements maoris par moi-même, j’ai sans hésitation sauté celui prévu par Stray et j’ai réservé un bus Intercité pour aller à Taupo à la place.

 

Maria et moi prenions donc le même bus Intercité ce jeudi et nous rejoindrons le même bus Stray ce vendredi. En revanche, nous ne sommes pas dans la même auberge à Taupo. Quand même, les gens, j’ai réservé dans une auberge où ils proposent de venir nous chercher en voiture si on ne veut pas marcher avec tous nos bagages ! J’ai lu ça sur leur site et je les ai appelés en mode « vraiment, vous faites ça ? Incroyable ! »

 

En revanche, ils ne m’ont pas proposé de m’emmener au supermarché donc là, j’ai dû me débrouiller toute seule et ce n’était pas simple… Leurs explications étaient assez claires mais cette ville, tout de même, est un peu flippante… Il n’y a pas grand monde dans les rues et des grands carrefours… A un moment, j’ai attendu longtemps pour croiser une âme qui puisse m’aider à traverser… Un jeune néo-zélandais d’origine philippine, voyant mon désarroi, a fini par m’accompagner et, une fois dans cet immense supermarché, il s’agissait de trouver quelqu’un pour m’aider dans les rayons… Là encore, le karma m’a carrément souri : une dame qui était là avec sa fille (adolescente ou jeune adulte déjà) m’a aidé et j’ai pu faire mes courses de base, de quoi subvenir à mes besoins en attendant le prochain arrêt avec le groupe Stray.

 

Une fois à la caisse, cette adorable dame me demande comment je suis arrivée jusqu’ici et, évidemment, vous me connaissez maintenant, j’ai en tête de trouver quelqu’un pour me ramener (elle ou un autre, peu importe…) Donc, je lui dis que je suis venue à pied mais que c’était galère… Bingo, elle me propose de me ramener et me dépose juste devant mon auberge, le bonheur alors que le trajet aller m’avait donné tant de fil à retordre !

 

Ce soir, dans cette auberge, je n’ai rien demandé mais je me retrouve dans une chambre de trois pour moi toute seule, sur un lit simple (c’est-à-dire pas superposé…) Conditions idéales et carrément inespérées pour vous écrire et en plus, je peux écouter ma musique ! J’ai juste socialisé un peu autour de la table du dîner, ce qui m’a permis de demandé à une suissesse, très prévenante et rigolote, de m’aider pour trier les photos que vous avez vues.

 

Le lac Taupo, c’est au programme de demain matin donc vous en verrez des photos dans le prochain article.

 

Et, le prochain article verra également le dénouement de ce suspense absolument insoutenable : Perrine va-t-elle arriver au bout du Tongariro Crossing ou va-t-elle mourir dans d’atroces souffrances avant la fin ? A suivre !

 

Normalement je le fais dimanche si tout va bien, priez pour moi…

 

Punaise il était horriblement long cet article, je suis désolée je m’étale beaucoup trop…

 

Oh et au fait, ça y est, mon premier mois de voyage est passé... Déjà ? ...

Posté par Perrine67 à 18:35 - Commentaires [14] - Permalien [#]

04 février 2018

La vidéo promise !

Ca y est, dernier article édité dès que j'ai pu 24H après le postage (parce qu'à la relecture certains passages m'avaient vraiment rendue dingue tellement c'était brouillon), je vous publie enfin la vidéo promise. C'est mon frère, encore lui, qui a trouvé la solution parce que celle sur laquelle je m'acharnais, à savoir tenter de compresser la vidéo pour que Canalblog l'accepte comme un fichier, était totalement inefficiente... J'avais plutôt pas envie du tout de me créer un compte youtube, par peur que mon adresse mail soit visible et parce que ça semblait vraiment compliqué... Mais en 2 secondes, le responsable technique a pris les choses en main à coups de création d'une autre adresse mail puis finalement de création d'un compte de marques et d'autres trucs auxquels je n'ai franchement pas tout compris... Du coup, c'est en ligne et ça semble presque facile, maintenant. Merci grand frère !

 

Et finalement, avec tout ce que j'ai pu m'énerver hier (dans la première version de ce post), la fenêtre de lecture a fini par apparaître... Sérieusement, Canalblog, parfois je ne sais plus si je t'aime ou non... A moins que ce ne soit mon ordinateur le problème parce que ça s'obstinait à ne pas s'afficher chez moi... Bref, je ne sais pas comment ni pourquoi mais ça marche !


 

 

 



 

 

Hey, j'ai une chaîne youtube maintenant...

 

 

Posté par Perrine67 à 07:04 - Commentaires [8] - Permalien [#]

31 janvier 2018

Hahei et Raglan

 Toutes mes excuses pour ne pas encore avoir répondu à vos différents commentaires et mails, je n’ai pas eu accès au wifi cette semaine. Je peux vous lire grâce à la 3G de mon téléphone mais vous répondre par ce même mode est vraiment pénible. Promis, je répondrai à tout même en retard mais, ayant le wifi aujourd’hui, je privilégie ce nouvel article.

 

Avant de poursuivre (ça va devenir une habitude de revenir à chaque fois sur le précédent post), voici deux photos prises au Waitangi Treaty Grounds dont je vous avais parlé la semaine dernière. Je n’avais pas mon téléphone avec moi donc j’ai dû les récupérer chez Sytse (ou Sam), mon camarade néerlandais, si vous avez suivi. La première montre un bateau maori dont je vous ai parlé à plusieurs reprises, j’avais déjà pu en admirer un au musée d’Auckland mais voilà pour vous. Il s’agit du plus grand bateau de cérémonie de guerre au monde, il mesure 35 mètres et a été construit pour commémorer les cent ans de la signature du traité de 1840. La seconde photo représente une sculpture, de celles qui décorent les « meeting houses » maories.

 

Maori_canoe

Maori_carving

 

Cette semaine a été marqué par un gros coup de fatigue durant 2-3 jours, alors ne vous étonnez pas trop si dans mon récit il y a beaucoup de « j’ai dormi » / « je me suis reposée » / « je n’ai rien fait »… Oui, oui, je suis en vacances, je sais. Vous avez le droit de vous moquer abondamment. Je ne me l’explique pas vraiment, à vrai dire. Peut-être un effet à retardement du décalage horaire, trois semaines après-coup vu que je n’en ai bizarrement ressenti aucun effet à mon arrivée ? Ou, plus vraisemblablement, je me rends compte « et je ne l’avais pas forcément mesuré » que devoir tout planifier toute seule, jour après jour, avec beaucoup de déplacements et de changements de lieux, me demande finalement pas mal d’énergie. En cela, le soutien logistique de Stray est le bienvenu malgré tout ce que je peux dire sur leur côté « voyage organisé », d’autant plus qu’on peut les quitter pour retrouver son indépendance puis revenir quand on veut. Notez que je ne me plains certainement pas, il ne manquerait plus que ça... Je suis ravie de ce voyage et je mesure chaque jour ma chance.

 

Après vous avoir écrit jeudi dernier, je suis donc reparti pour une nuit vers Auckland. J’ai fait le voyage assise entre le chauffeur kiwi du bus Stray et Michael, un voyageur anglais de 56 ans, que j’ai retrouvé le lendemain et les quelques jours suivants. Ceci a donné lieu à une longue discussion tout à fait intéressante, sur la double culture des néo-zélandais et la montée des populismes généralisée (notamment parce que le Brexit, pour un anglais ouvert sur le monde, ça reste un sujet plutôt émotionnel…)

 

Le soir, j’avais réservé directement à l’auberge où le bus repassait le lendemain, histoire de me faciliter la vie.

 

Le lendemain donc, vendredi 26 janvier, direction Hahei, petit village situé dans la baie de Mercury, à l’Est de la péninsule de Coromandel. Voici une photo prise sur la route juste avant d’arriver.

Sur_la_route_de_Hahei

 

Mes camarades de voyage privilégiés, cette fois, seront Sarah (irlandaise) et Natalie (allemande), principalement. Mais aussi Jack (anglais), Emma (anglaise), Marion (française) et un tas d’autres gens fort sympathiques.

 

Une fois arrivés à Hahei et avoir pris possession de nos chambres, il fallait qu’on se décide très, très vite quant à ce qu’on voulait faire l’après-midi. Le projet était d’aller à Cathedral Cove (ou « Te Whanganui A Hei » en maori), une réserve marine dont la plage est notamment connue pour avoir été le lieu de tournage du film « le monde de Narnia : le prince Caspian ». Deux excursions nous étaient proposées, en bateau ou en kayak : or, comme il était prévu que les vents soient trop forts le lendemain, c’était tout de suite ou jamais. On peut aussi y aller à pieds mais, étant donné que je ne savais pas si quelqu’un le ferait plus tard et que j’aime toujours autant ramer (au sens propre bien sûr), je n'ai pas laissé filer l'opportunité et j’ai opté pour le kayak avec grand plaisir.

118962469

 

Le départ se fait depuis la plage de Hahei. Un encadrant canadien a partagé le kayak avec moi et, comme il voulait progresser en français et moi en anglais, nos discussions ont donné lieu à un échange de bons procédés. D’ailleurs, c’est une parenthèse mais, les canadiens, quand ils apprennent le français, parlent avec un mélange d’accent anglophone et d’accent québécois et c’est absolument irrésistible.

 

Quoi qu’il en soit, la balade fut bien agréable. J’aime la sensation de naviguer, de sentir l’eau et le grand air autour de moi. Bizarrement cependant, je me suis rendue compte que, même sur un kayak, j’arrive à avoir le mal de mer quand les eaux sont agitées donc en cela, le fait d’être à l’arrêt charriée par les vagues a été plus difficile pour moi que de ramer.

 

Mon co-équipier canadien s’est attaché à me décrire les paysages mais, honnêtement, je ne sais pas si j’arriverai à vous en rendre compte correctement. Nous étions entourés d’un tas de petites îles et de roches qui avaient l’air totalement sublimes. D’après ce que j’ai compris, le nom maori de l’endroit vient de Hei qui a proclamé la région autour de Mercury Bay comme foyer pour sa tribu et a nommé l’île où se trouve actuellement Hahei par le fait qu’elle aurait, selon lui, la forme d’un nez (ce qui, de l’avis de tous, même en regardant bien, n’est pas tant le cas…)

 

Oh et, comme j'en avais déjà vu plusieurs fois autour d'Auckland, j'ai revu ce que les néo-zélandais appellent "Christmas Tree", dont le vrai nom est Pohutukawa : il s'agit d'arbres qui ne fleurissent qu'à noël, donnant lieu à de jolies fleurs rouges (que je n'ai pas vues puisqu'on est plus à noël, CQFD...) Mais j'en parle ici car, malgré mes efforts, je suis incapable de retenir durablement le nom de cet arbre, comme si la succession de lettres refusait de s'imprimer dans mon cerveau : je fais donc le pari qu'en l'écrivant, ça va rentrer !

 

Une fois arrivés sur la plage de Cathedral Cove, notre guide de kayak nous a proposé chocolat chaud, thé ou café de toutes sortes : il avait emmené tout le matériel pour en préparer sur la plage, c’était plutôt la classe je trouve. Cathedral Cove tient son nom de l’arche naturelle en pierre qui relie les deux criques. Et en effet, on peut passer d’une crique à l’autre en marchant sous cette arche. A mon niveau, je me suis tout de suite rendue compte de la différence d’acoustique et, à un moment, je me suis retrouvée plaquée contre la pierre par une grosse vague et trempée jusqu’au cou : c’est qu’il est plus difficile de s’éloigner quand on est dans un tunnel !)

 

A ce stade, une vidéo me semblait plus parlante que trop de photos et puis, je me suis dit que comme ça, les quelques aveugles qui me lisent (et moi-même) pourrions profiter du son. Malheureusement, je me suis donné du mal mais je n’ai pas trouvé comment vous la faire partager, promis je ne lâche pas l’affaire : je me repencherai sur la question et je vous la poste dans un article à part dès que possible.

 

C’était donc une très belle sortie. Le soir, tout comme le premier soir à Paihia, un barbecue nous était proposé. J’étais plutôt décidé à ne pas y aller cette fois mais en fait, c’était un peu différent car c’était préparé par notre chauffeur, qui restait avec nous (genre colonie de vacances) et qui nous a assuré, main sur le cœur, que ses barbecues étaient meilleurs… Et en effet, ce fut bien meilleur ! Bon, la viande était toujours trop cuite mais connaissent-ils seulement le concept de viande saignante dans ce pays ? J’aurais tendance à dire que la réponse à cette question existentielle est « non » mais si je trouve une autre réponse un jour, je rectifierai sans faute.

 

Après le repas, en mode totalement romantique mais à quinze, nous sommes allés à la plage de Hahei, à deux minutes de marche, pour un bain de minuit (ou plutôt de 22H30). L’eau était excellente, c’était top et j’aurais pu y rester des heures.

 

Le lendemain, samedi 27 janvier, direction Hot Water Beach. Il s’agit d’une plage à proximité de Hahei où il suffit de creuser un trou dans le sable pour que celui-ci se remplisse immédiatement d’eau chaude. Bon, je suis totalement nulle en géologie donc je ne vais pas être la mieux placée pour vous expliquer le phénomène… Mais je crois qu’il s’agit de sources thermales d’origine volcanique, qui s’écoulent non loin de là et remontent à la surface, permettant ces bains d’eau chaude. A certains endroits, l’eau est bien chaude et il est plutôt agréable de s’assoir dedans mais à d’autres endroits, elle est carrément bouillante et peut monter jusqu’à 70°. Passer de l’eau fraîche mais agréable de l’océan à ces piscines d’eau chaude dans le sable est une expérience à faire, vraiment ! Cependant, j’ai lu qu’il ne suffisait pas de creuser mais qu’il fallait trouver la source, au bon endroit et au bon moment… Sauf qu’apparemment, notre chauffeur-guide savait, lui puisqu’on n’a pas galéré du tout.

 

Après ça, ce fut le début de mon coup de fatigue et l’après-midi, j’ai fait une longue sieste avant de retourner lézarder sur la plage de Hahei avec Natalie. Le soir, nous avons fait un petit tour au pub de Hahei pour une bière, il y avait là un musicien qui jouait en live de la musique rock et folk comme je l’aime donc j’étais ravie. J’ai demandé à Sarah de prendre pour vous une photo de Hahei le soir, elle voulait absolument que je vous en poste une où je suis dessus (parce que je m'étais faite un peu belle pour l'occasion) mais personnellement, je trouve que je raconte déjà bien assez ma vie ici, qu’on me voit assez souvent et qu’en plus vous connaissez tous ma tête… Donc, ce sera juste la vue, cette fois !

118962472

 

Le lendemain dimanche 28 janvier, avec Sarah et Natalie, réveil à 6H pour aller admirer le lever du soleil sur la plage de Hahei avant notre départ matinal. Comme je trouve ça hyper poétique les levers de soleil, vous avez droit à trois photos, prises par Sarah, chacune à une étape différente :

Sunrise_1

Sunrise_2

118962485

 

N’est-ce pas magnifique ?

 

Ensuite, retour dans le bus, direction Raglan. Il s’agit d’un petit village également, sur la Côte Ouest cette fois, dans la région de Waikato (et que veut dire « wai » ? Suivez un peu, que diable !) En chemin, nous avions l’opportunité de nous arrêter à Hamilton. Je me suis posée la question mais après quelques recherches, je dois bien admettre que ça ne m’a pas fait envie : Hamilton est une grande ville, or j’avais envie de me poser quelques jours en solitaire dans un endroit calme et convivial. Du coup, Raglan arrivait à point nommé dans mon parcours.

 

Sur la route, nous nous sommes arrêtés à une petite cascade, appelée Bride’s Veil (littéralement « le voile de la mariée » parce qu’il paraît que ça y ressemble). Une très jolie cascade, je pense, mais nous n’avions qu’une demi-heure d’arrêt donc pas le temps de monter jusqu’au sommet… C’est dans ces moments là que les tours organisés m’agacent profondément.

 

118962488

118962501

 

Une fois à Raglan, nous avions à nouveau plusieurs activités à notre portée mais, pour le coup, j’étais épuisée et j’en avais assez des horaires imposés par notre chauffeur, tout à fait adorable et très aidant à chaque instant (je n’ai rien à dire à ce sujet) mais un peu trop speed parce que c’est ça quand on a un groupe à gérer… Le trajet en bus avec ses chemins tournants m’avait rendu à moitié malade et puis, devoir être à telle heure à telle endroit et devoir revenir au bout de tant de temps… Donc, une fois n’est pas coutume, je n’ai absolument rien fait de mon après-midi si ce n’est dormir et me mettre un peu à l’écart. De toute façon, j’avais bien l’intention de rester à Raglan pour me poser un peu, j’avais par conséquent tout mon temps pour les activités.

 

Le soir, je suis revenue à la civilisation pour aller manger avec certains un excellent fish and chips en regardant le coucher du soleil… Voilà, quelques paragraphes plus haut vous avez eu droit au lever de soleil à Hahei, vous avez maintenant le droit de le regarder se coucher à Raglan. En plus les clichés ont été principalement pris par Michael, qui est un vrai amoureux de la photo (même si je ne lui ai donné que mon modeste téléphone portable avec lequel il a fait ce qu'il a pu).

 

118962514

118962517

Sunset_3

118962528

 

Ce soir-là, j’ai découvert que j’aime les fish and chips, probablement quand ils sont achetés au bord de la mer… J’en avais mangé qu’une seule fois, à Manchester, soit assez loin de la mer et j’avais trouvé ça vraiment très moyen, tout en ayant conscience que je n’en avais probablement jamais goûté de bons. C’est chose faite, à présent !

 

Lundi matin 29 janvier, j’ai retrouvé mon indépendance et je suis allée m’établir pour trois nuits dans une autre auberge, à côté du centre de Raglan. Les auberges de Stray, que ce soit à Hahei ou à Raglan, étaient agréables et situées dans des endroits vraiment magnifiques en pleine nature, mais c’était à chaque fois des lieux immenses dans lesquels je n’arrivais à acquérir aucune autonomie en si peu de temps. Et puis, celle de Raglan était hors de la ville, or j'avais envie d'un endroit où je puisse facilement aller me balader seule. Ma nouvelle petite auberge était un lieu vraiment charmant, organisé tout autour d’un grand jardin intérieurs avec beaucoup de plantes et de fleurs, des bancs et des fauteuils, des hamacs… Même un sauna et un Jacuzzi, bien que je ne les ai pas testés : l’occasion ne s’est pas présentée et puis bon, si j’étais arrivée en plein hiver je ne dis pas mais là il faisait bien assez chaud…

 

Pour le troisième jour consécutif (et promis le dernier), j’ai été incapable de bouger pour une bonne partie de la journée. En fin d’après-midi cependant, j’ai demandé comment aller facilement à la plage et ça tombe bien, il y en avait une à cent mètres. En effet, depuis Hahei, je rêvais de pouvoir marcher le long de l’eau aussi longtemps que je le voulais, seule et sans aucun groupe qui m’attende… Comme quoi j’ai des rêves simples, parfois ! C’est donc ce que j’ai fait. La plage était très fréquentée car, pour une raison que je n’ai pas réussi à connaître, c’était un jour férié pour les kiwis.

 

Comme souhaité j’ai marché, marché et marché encore… A un moment, il y avait un peu moins de monde autour de moi, la masse des gens étaient plus clairsemée et là, j’ai entendu et senti quelque chose passer devant moi, à de très nombreuses reprises, à un mètre environ (bien que je ne sache absolument pas estimer les distances). Je me suis demandé ce que c’était parce que c’était à hauteur d’eau et c'était assez rapide, clairement pas des humains… Et là, illumination : et si c’était des poissons ? Si proches de nous et dans une eau si peu profonde ? Moquez-vous mais je ne sais absolument pas si c’est possible… Personne n’avait l’air le moins du monde surpris mais moi, je n’ai pas pu m’empêcher d’être un peu effrayée : pas parce que je pensais craindre quoi que ce soit mais parce que je me disais que, si ça me frôlait la jambe j’allais hurler bêtement… Pourtant, ils semblaient tourner pour m'éviter à chaque fois !

 

J’ai fait plusieurs allers/retours mais je n’ai pas vraiment trouvé quelqu’un à qui poser ma question stupide. Je me suis dit que je reviendrai peut-être sur cette plage pour en avoir le cœur net, ce que je n’ai finalement pas fait donc, les amis, je me contenterai de ce mystère en me disant que l’imagination, c’est bien aussi.

 

Après ma promenade le long de l’eau, je me suis installée un long moment tranquillement sur le sable, avant que la faim ne me ramène à l’auberge. Le soir, j’ai passé une très bonne soirée, dans le jardin, avec deux suissesses germanophones, deux israéliens et un autre français.

 

Le lendemain, mardi 29 janvier, j’ai testé le surf ! Si, si. Raglan est particulièrement réputée pour ça, c'était donc l'occasion rêvée d'essayer. Je me suis payé un cours particulier et Jane, mon instructrice du jour, est venue me chercher à mon auberge. Après un peu de théorie où elle m’a fait pratiquer les positions à adopter sur la terre ferme, direction l’océan. Eh bien, les enfants, je suis au regret d’admettre que bon, les J.O., ce n’est certainement pas pour demain… Tant que Jane me tenait, tout allait pour le mieux dans  le meilleur des mondes. Mais dès que j’ai dû le faire par moi-même… J’ai réussi la première vague, contre toute attente. La chance du débutant, dirons-nous car ensuite, l’océan s’est chargé de me rappeler que non, je n’avais aucune prédisposition pour le surf… Je me suis cassé la figure absolument à chaque fois, sauf vers la fin où j’en ai à peu près (et je dis bien « à peu près ») réussi une ou deux. J’aurais voulu réussir la dernière, pour la forme, malheureusement je l’ai complètement foirée… Bon, Jane m’a dit que j’étais une bonne élève mais je suppose qu’elle doit dire ça à tout le monde, elle était tellement encourageante ! Elle m’a dit, je cite « contrairement à d’autres tu écoutes les consignes… » Oui et bien, expliquez-moi ce que j’aurai pu faire toute seule sans consigne, exactement ? Bref, superbe expérience bien que j’aurais aimé être plus douée !

 

Bon, j’aurais voulu vous poster une photo sans ma pomme mais c’était difficile de montrer que c’était une plage de surfeurs : la plage s’appelle d’ailleurs « Ngarunui Beach », qui signifie « plage des grosses vagues ».

118962533

 

C'était à la fin du cours, j'avais déjà ôté ma combinaison.

 

Au moment où elle m’a ramené, Jane m’a fait part de son besoin d’un café et nous avons discuté de notre dépendance commune à ce produit, ce qui fut indéniablement une bonne idée et a permis qu’elle me fasse découvrir un lieu à deux pas de mon auberge, où ils font de l’excellent café torréfié ! En effet, je découvre que, si le café néo-zélandais que l’on commande au bord des routes est souvent autant sans saveur que celui des américains, les kiwis ont toutefois une culture du bon café et, en cherchant bien, ça se trouve. Jane a donc totalement vendu cet endroit à la voyageuse en manque de caféine que je suis, qui passe d’auberges sans café à d’autres auberges avec seulement du café instantané dégueulasse…

 

L’après-midi, une jeune femme venait à l’auberge pour nous proposer un cours de yoga et je dois dire que, après le surf, ça a été une combinaison absolument parfaite pour cette journée. Bon, je n’ai pas toujours compris quelles étaient les positions bizarres que j’étais censée prendre… DU coup, Noémie, une française très sympa, tentait de me dire ce qu’elle voyait pour expliciter les consignes en anglais et ça a donné lieu à quelques bons fous rires pour l’ensemble du groupe.

 

Quant à ma soirée, je l’ai passé avec Ella (je ne lui ai pas demandé comment ça s'écrit donc je prends le parti de l'orthographier comme dans la chanson de France Gall), une anglaise avec qui nous avons longuement papoté puis fait une petite promenade dans Raglan by night. Comme la lune se reflétait sur l’océan et que ça avait l’air charmant, j’ai tenté une photo mais je ne sais pas si vous verrez grand-chose.

Raglan_by_night

 

Aujourd’hui mercredi 31 janvier, mon objectif principal était de me rendre à la bibliothèque de Raglan, à côté de l’auberge, car il y a le wifi : ce qui n’est pas le cas à l’auberge, qui revendique d’être, je cite, « un lieu sociable et pas un lieu où on a le nez dans son écran »… Je m’étais dit que ce serait bien que j’arrive pour 10H, sauf que j’’ai quitté mon auberge seulement à 10H et que je tenais absolument à passer reprendre un bon café à savourer au soleil. Là, tandis que je m’occupais de certaines réservations pour les jours à venir, un habitant de Raglan qui m’avait entendu discuter avec le tenancier du café est venu s’assoir en face de moi et a entamé la conversation, pour me conseiller des endroits où acheter des petites machines à café pas chères, solides et faciles à transporter... Comme c’est un village où absolument tout le monde semble se connaître, se faisant, d’autres gens sont arrivés, puis repartis avant que d’autres n’arrivent… C’était tellement agréable que j’ai été incapable de m’extraire de cette terrasse et moralité, je suis arrivée à la bibliothèque à midi. Ensuite, j’ai longuement cherché pour la vidéo (sans résultat), mon ordinateur m’a fait des misères, je suis allée remanger un fish and chips à côté parce qu’autant profiter d’être encore près de la mer… Du coup, là, tout de suite, je dois m’activer avant que la bibliothèque ne ferme à 20 heures donc, sincèrement, pardon pour le côté un peu plus brouillon de ce post que je n’ai pas le temps de peaufiner comme je l’aimerais.

 

Néanmoins, je n'ai pas résisté et je suis repartie en souvenir de cette matinée avec un paquet de café de Raglan, ne me reste plus qu'à trouver de quoi le préparer.

 

Demain matin à l’aurore, direction Rotorua !

Posté par Perrine67 à 07:55 - Commentaires [20] - Permalien [#]

25 janvier 2018

Northland

Kia ora !

 

Ça veut dire « bonjour » en maori, ou « bienvenue » ou « bonne journée » ou « portez-vous bien » aussi.

 

Avant toute chose, je vous demande une ovation collective et un tonnerre d’applaudissements pour mon grand frère, s’il vous plaît, grâce à qui vous avez désormais droit à des photos à l’endroit. C’est lui qui a trouvé la solution et repassera derrière moi (sans pression, quand il pourra) pour rééditer mes publications. En voilà un qui n’a pas volé le titre d’adjoint technique que je lui ai attribué dès le début : et pourquoi « adjoint », d’ailleurs ? Responsable technique, au moins, non mais !

 

Ensuite, certains d’entre vous m’ont demandé s’il y avait une possibilité pour être prévenu des nouvelles publications. Alors, personnellement, je ne l’ai pas trouvée : en même temps j’ai dû chercher moins de deux minutes, on a vu mieux comme persévérance, ou peut-être Canalblog s’est-il dit que je n’avais pas besoin de m’abonner à mes propres articles… Allez savoir. Néanmoins, j’ai vu dans mes statistiques que j’avais deux abonnés (merci à eux) donc il y en a deux au moins dans l’assistance qui ont trouvé, ce qui signifie que oui, les amis, il y a un moyen même si je ne sais pas lequel. En revanche, j’ai remarqué qu’à certains moments, Canalblog débloque : en ce moment ça semble revenu à la normal mais durant plusieurs jours je recevais moins de la moitié des notifications et je devais vérifier directement sur le blog pour ne pas manquer une réponse à apporter, donc je me permets de questionner la fiabilité du truc…

 

Une troisième chose et promis, je reprendrai un récit normal après ça. Dans mon dernier post où je vous parlais de Rangitoto, j’ai oublié de vous raconter que notre adorable guide, alors que nous nous baladions au milieu de la végétation, m’a présenté un arbre répondant au doux nom de Manuka, également appelé « tea tree ». Il m’en a donné une branche et m’a dit de faire infuser les feuilles dans de l’eau chaude pour tester, ce que je n’ai pas manqué de faire une fois de retour à l’auberge. Eh bien, j’ai trouvé ça bon ! Comment décrire le goût ? Je dirais bien que ça avait un goût de plante mais vous pourriez légitimement me répondre « tu parles d’une surprise ! » Et si je vous dis « un goût d’herbe », ça ne donnera pas envie et ça ne rendra pas justice à ce que ce fut vraiment. Bon, je ne sais pas alors mais quoi qu’il en soit, ça sentait la nature et c’était bon. Sand doute que vous vous en fichez un peu de cette anecdote mais moi je voulais m’en souvenir alors voilà, c’est écrit.

 

Bref, et donc, on avance ? Nous en étions restés à vendredi matin 19 janvier où, de bonne heure, je devais prendre mon premier bus Stray pour me rendre vers le Northland, c’est-à-dire la région la plus au Nord de l’île du Nord. Rendez-vous avec W devant mon auberge à 7H30 afin qu’elle m’emmène au point de rencontre dans sa voiture, ce qui m’a évité de me poser pendant des heures la question de comment j’allais y aller, entre mes pieds et mon GPS, le bus de ville ou le taxi… Elle m’a donc déposé et nous nous sommes dit au revoir, jusqu’à nos retrouvailles début mars avec une autre amie à Wellington.

 

Je fus la dernière récupérée car j’étais la seule à m’être inscrite pour être cherchée à un autre arrêt que le principal, vu que c’était plus proche de mon auberge : je jure que je n’ai pas fait exprès de faire exception !

 

Une fois montée dans le bus Stray et parti sur les routes néo-zélandaises, notre chauffeur, tout en conduisant, nous raconte la légende maorie de la création du monde : à l’origine, il y eut Papatuanuku, la Mère-Terre et Ranginui, le Père-Ciel ; cette légende explique la naissance des différents Dieux, puis, des différentes formes de vie sur terre (vous pouvez en trouver une traduction sur internet si vous souhaitez la lire, si vous ne trouvez pas faites-moi signe et je préciserai au prochain article).

 

Notre premier arrêt a eu lieu environ 1H30 plus tard pour une petite balade au milieu des arbres. Malheureusement, je ne me souviens pas du nom de l’endroit mais voilà une photo pour vous faire une idée :

Vegetation

 

C’est là que je rencontrerai mes premiers compagnons de voyage par le biais d’Ashleigh, une anglaise qui était dans la même auberge que moi à Auckland sans que nous ne nous soyons parlées. Ces nouveaux compagnons de route passeront 2-3 jours avec moi.

 

Le deuxième arrêt était à Whangarei mais uniquement pour déjeuner, non pour visiter, ce qui m’amènera à décider plus tard de m’y arrêter sur le chemin du retour.

 

Nous sommes arrivés à Paihia aux alentours de 14H, une petite ville plutôt très touristique qui fait partie d’un ensemble plus global appelé Bay of Island « baie des îles ».

 

Après avoir pris rapidement possession de nos chambres, notre petit groupe composé de trois néerlandais, une luxembourgeoise, une canadienne et une anglaise, décide de se rendre à Russell, une petite ville juste à côté (moins de 1000 habitants), à 10 minutes de ferries. Je crois que je n’aurais jamais autant pris le bateau de toute ma vie (en même temps, ma fille, tu es partie voyager sur une île, de quoi est-ce que tu t’étonnes exactement ?) D’après Wikipedia (oui, je cite mes sources même quand elles sont pourries), ce fut la première ville portuaire fondée en Nouvelle-Zélande par les européens : de manière plus générale, la baie des îles fut d’ailleurs la première région colonisée.

 

Il faisait grand beau, la balade à Russell fut donc bien agréable après la pluie d’Auckland que nous avions quittée le matin même. Nous sommes d’abord monté jusqu’à un joli point de vue puis en redescendant, nous avons fait un arrêt à la plage (juste pour tremper nos pieds bien que les vagues nous aient trempé davantage) puis un autre arrêt pour une petite glace de rigueur… Voici deux photos, l’une depuis le point de vue et l’autre sur le chemin du retour.

RUSSEL_PDV

Russell_plage

 

En somme, ce fut une sortie bien agréable.

 

Le soir, nous nous étions inscrits pour un barbecue que l’auberge organise systématiquement pour ceux dont c’est la première soirée. Honnêtement, ce n’était pas un mauvais moment car j’étais en bonne compagnie, mais la viande était trop cuite et la musique trop forte (enfin, de trop mauvaise qualité surtout) donc, je ne regrette rien mais on aurait pu s’en passer.

 

Je comprendrai par la suite que cette auberge (ou plus vraisemblablement toutes les auberges de cette chaîne) semble avoir un partenariat avec les compagnies de bus hop-on hop-off. Je n‘ai croisé que des voyageurs se déplaçant avec Stray ou Kiwi Experience, la seconde compagnie qui compose le marché. Ca flaire par conséquent un peu l’usine et l’attrape-touriste qui ne s’est pas renseigné davantage : c’est plus cher que la plupart des autres auberges alors que la cuisine est immonde à vous en dégoûter de vous préparer à manger, le wifi n’est gratuit que de 7H à 19H et il n’y a pas de casiers pour nos affaires de valeur… A l’avenir, je réfléchirai davantage à mes alternatives entre suivre le mouvement pour être avec mes camarades de voyage ou réserver par moi-même des auberges plus agréables. Notez que je ne me plains pas, le personnel de l’auberge était adorable et je ne suis pas du genre à me déranger de vivre dans des conditions matérielles moyennes, mais c’était beaucoup trop cher payé pour ce que c’était et j’ai donc eu un peu l’impression d’une arnaque.

 

A Paihia, j’avais donc payé pour trois nuits mais finalement, j’ai décidé de rester une quatrième nuit car j’avais l’opportunité de croiser des amies rencontrées à Auckland, les filles canadienne et finlandaise qui étaient dans la même auberge que moi et qui venaient dans le Nord à la même période. Juste pour le principe et parce que mes copains repartaient tous avant moi de toute façon, j’ai donc bougé même pour une nuit dans une autre auberge tout à côté.

 

Bref, revenons-en à nos moutons (avouez qu’en Nouvelle-Zélande, cette expression est appropriée bien que tiens, je n’ai pas encore vu de moutons alors qu’il paraît qu’ils sont 40 millions ! Ils sont où, dis ? Bah, sans doute pas dans les villes ou au bord de la mer hein donc on verra ça plus tard…)

 

Samedi 20 janvier, Stray organisait une sortie à la journée à Cape Reinga. Il s’agit de la pointe Nord de l’île du Nord, lieu connu notamment pour son phare. Dans la mythologie maorie, il s’agit du dernier endroit où se rendent les âmes avant leur voyage dans l’au-delà. Il s’agit, également, du point où se rencontrent l’océan Pacifique à l’Est et la mer de Tasman à l’Ouest.

 

Au risque de sembler un peu rabat-joie, j’ai trouvé ça décevant : énormément de temps dans le bus, tout ça pour quelques arrêts d’une demi-heure à chaque fois… J’avoue que je n’ai pas compris car les gens qui voyagent en voiture s’arrêtent à Cape Reinga au moins pour une nuit, alors qu’on n’a fait qu’une toute petite marche de moins de 30 minutes… Là encore, heureusement que la compagnie était agréable. Le temps était au brouillard mais voici tout de même quelques photos.

Cape_Reinga_1

Cap_Reinga_2

Cape_Reinga_3

 

Je pense que l’endroit est magnifique, c’est vraiment l’organisation de Stray que je regrette ici.

 

Voici également une photo d’un arbre plusieurs fois centenaires, appelé un « Kauri », vu dans une forêt tropicale dans laquelle nous nous sommes arrêtés un moment à l’aller, quelques instants après être sortis de Paihia. C’est un arbre que l’on peut voir beaucoup dans cette région de la Nouvelle-Zélande et qui est connu pour être l’arbre qui forme les plus gros troncs dans le pays.

Kauri_tree

 

Impressionnant la taille, vous ne trouvez pas ?

 

Au retour de Cape Reinga, on a fait du sandboard et ça, c’était fun ! J’ai d’ailleurs apprécié que les organisateurs me laissent essayer sans poser la moindre question alors que je m’étais préparée psychologiquement au contraire. Je ne sais pas s’il y a un équivalent en français (planche de sable ?) mais en gros, le sandboard consiste à monter une pente bien raide avec ses petits pieds et sa planche dans les mains, pour avoir ensuite le plaisir de la descendre en glissant. Franchement, je me suis éclatée. Bon, je ne vous cache pas que c’est cinq minutes de souffrance absolue en montée pour environ 20 secondes de descente, mais il faut ce qu’il faut… Car oui, les enfants, j’ai souffert et j’ai fini avec du sable de la tête aux pieds, littéralement. Je l’ai fait trois fois, les deux premières fois en m’arrêtant au premier palier et la troisième fois en montant au sommet pour la gloire mais en fait, de gloire, il n’y en eut aucune parce que je soufflais littéralement d’épuisement… Et là, la question qui tournait en boucle dans ma tête était : « et toi, tu es sûre que tu veux tenter la randonnée du Tongariro, avec ta condition physique toute pourrie ? » Et bien, on verra… Pour information, le Tongariro Crossing est une randonnée très réputée en Nouvelle-Zélande, autant pour sa beauté que pour sa difficulté.

 

C’est un peu ballot que je n’aie pas eu le loisir de tenter une quatrième descente alors que je venais enfin de comprendre comment tourner (parce que, oui, j’ai systématiquement fini les pieds vers le bas alors qu’on démarre tête la première…) Ah, et bien, il faudra que j’en refasse pour tester l’efficacité de mes virages.

 

Pour le reste de la journée, je vous passe les différents arrêts de pure consommation pour manger ou prendre un café… Oui, je le dis, on s’est fait balader dans un bus comme de vulgaires touristes : certes, je suis une vulgaire touriste moi aussi mais les excursions en bus comme si je ne pouvais pas marcher plus de cent mètres sans me fatiguer, très peu pour moi.

 

Bon, finalement, ce n’est pas plus mal que j’ai vécu ça dès le premier jour car au moins, j’ai acquis la certitude que je devais m’organiser pour sortir des sentiers battus et rebattus de Stray. SI le soutien logistique peut être un appui, je crois qu’il ne faut pas que je les attende pour le frisson…

 

Ce soir-là, avec notre petite bande, nous nous sommes achetés des bouteilles de vin, que nous avons bu assis par terre dans nos chambre dans des tasses à thé : non, la française que je suis n’a pas hurlé, c’était plutôt drôle. Ensuite, on est allé en face, là où ils organisent les barbecues, pour danser et boire quelques bières.

 

Le lendemain, la moitié de notre petit groupe est reparti et ne restait plus que Ashleigh, la fille anglaise et Sytze, un néerlandais (qui s’est fait appeler Sam tout du long parce que Sytze, pour les anglophones, c’était trop compliqué). Il a plu à torrent toute la journée donc, ce fut un lazy day (jour de flemme) absolu pour Ashleigh et moi, à part une mini balade au centre-ville qui s’est terminé par la visite d’une petite église en pierre toute mignonne. Sinon, et bien, j’avais des tas de choses à rattraper dans mes communications internet (pourquoi je dis ça au passé, d’ailleurs ? J’ai toujours des tas de choses à rattraper sur internet…)

 

Néanmoins, Ashleigh a pris pour vous une petite photo de la vue depuis Paihia :

Vue_depuis_Paihia

 

Le lundi 22 janvier, j’étais bien décidée à ne pas passer deux jours de suite devant mon ordinateur (je suis en Nouvelle-Zélande, quand même, la flemme je la maîtrise à merveille chez moi). Donc au réveil, direction l’office du tourisme. J’avais envie de visiter le Waitangi Treaty Grounds, il s’agit de l’endroit même où le traité qui proclame la fondation de la Nouvelle-Zélande en tant que nation à part entière a été signé le 6 février 1840, entre les chefs maoris et la couronne d’Angleterre. Entraînés par mon élan, mes deux compagnons sont venus avec moi. Le Waitangi est une rivière (« Wai » veut dire « eau » en maori, donc vous pouvez faire le lien avec Waiheke Island par exemple dont je vous ai parlé la dernière fois). Pour se rendre au lieu du musée, il faut donc traverser un petit pont au-dessus de la rivière, balade très agréable d’une trentaine de minutes dont je ne profiterai qu’à l’aller car ensuite, mes compagnons devaient repartir vers la suite de leur voyage, ils ont donc dû écourter leur visite (par conséquent, taxi pour moi au retour parce qu’il n’y avait aucune navette).

 

Ils ont néanmoins eu le loisir de profiter avec moi de la visite guidée. C’était extrêmement intéressant. On nous a parlé des premiers maoris arrivés en Nouvelle-Zélande (notamment Kupe, qui serait le premier) ; d’Abel Tasman, qui fut le premier explorateur européen en 1642 puis  du Capitaine James Cook en 1769, envoyé par le gouvernement britannique, qui dessinera des cartes des terres qu’il explore.

 

Le traité signé en 1840 comprend seulement trois articles. Il reconnaît la Nouvelle-Zélande comme étant placée sous la souveraineté de la couronne britannique ; il assure toutefois aux chefs maoris et à leurs tribus qu’ils restent possesseurs de leurs terres ; enfin, il garantit l’égalité des droits entre maoris et sujets britanniques.

 

Toutefois, des différences d’interprétation entre le texte anglais et le texte maori, notamment sur la notion de souveraineté par rapport aux terres, se font de plus en plus prégnantes et cela aboutira aux guerres entre collons et maoris dans les années 1860.

 

 Bon, malheureusement, notre guide parlait à toute vitesse et moi j’avais un coup de fatigue donc j’étais moins alerte… Moralité je n’ai pas réussi à tout suivre et j’en étais agacée contre moi-même. Cela dit, le point positif est que ça m’a donné envie de lire à propos de cette histoire et de me renseigner davantage.

 

Quoi qu’il en soit, le traité de Waitangi reste considéré comme un acte fondateur de la nation néo-zélandaise et occupe, encore à ce jour, une place importante dans la politique nationale. Pour ma part, je dois admettre que ce qui me frappe beaucoup en Nouvelle-Zélande, c’est l’importance extrême qu’ils accordent au fait de faire vivre la culture maorie : j’ai le sentiment qu’il s’agit d’une fierté pour la Nouvelle-Zélande, ce qui est loin d’être le cas dans d’autres pays où les indigènes doivent se battre pour être reconnus et considérés.

 

Après le départ d’Ashleigh et Sam, je suis restée pour attendre le show culturel. Il s’agit d’un groupe de maoris, qui nous invitait dans leur « meeting house » (c’est-à-dire une grande maison où il est coutume de recevoir les invités). Il s’agit de grandes maisons en bois, décorées par de magnifiques sculptures à l’entrée et dans le fond. Ils nous ont donc fait vivre une cérémonie traditionnelle, avec rituel avant d’entrer, chants et danses, démonstration du maniement des armes… J’ai d’ailleurs cru reconnaître un Haka (lequel, comme vous le savez sans doute, a traditionnellement pour vocation d’intimider l’ennemi). Les chants étaient absolument magnifiques, très entraînant, joyeux, harmonieux et puissants…

 

Ce soir-là, j’ai changé d’auberge et l’accueil dans mon auberge d’une nuit fut tout à fait chaleureux. La tenancière était à fond avec la petite voyageuse aveugle du bout du monde que je suis et un jeune allemand a eu à cœur de me faire visiter les lieux (c’est fou ce qu’il y a comme voyageurs allemands dans les auberges néo-zélandaises, encore plus que des français…)

 

Mardi 23 janvier, dernier jour à Paihia. Enfin, il a fait grand soleil et Dieu sait que ce n’était pas gagné vu les deux jours qu’on venait de passer, alors que j’avais prévu une activité en extérieur. J’en ai eu, du bol ! En effet, j’ai retrouvé le même chauffeur de taxi que la veille, pour retourner à quelques centaines de mètres des mêmes lieux dans l’optique d’une sortie sur un waka, c’est-à-dire un bateau traditionnel maori (ou devrais-je dire une pirogue ?) C’est ma maman, grâce à ses lectures sur internet, qui m’avait parlé de cette possibilité (c’est fou, ces gens qui sont plus renseignés que moi alors que je suis sur place…) Ça tombait très bien, ça faisait longtemps que je n’avais pas ramé (ça n’avait pas grand-chose à voir avec de l’aviron mais on retrouve tout de même quelque chose d’approchant dans le geste, ce qui m’a fait très plaisir comme sensation).

Wak_tour

 

Sur les wakas, nous sommes en deux lignes, la ligne de droite qui tient les rames de droite et la ligne de gauche qui tient les rames de gauche. Trois maoris nous accompagnaient dont l’un est resté tout du long avec moi pour me montrer les gestes, il était adorable et a voulu prendre plein de photos pour vous ! Je ne vous en ai sélectionnées que quelques-unes car lorsqu’il disait « pour ta famille et tes amis », il entendait des échanges privés mais je ne me permettrais pas d’afficher leurs têtes sur un blog publiquement accessible. Donc, j’ai expressément demandé quelques photos avec uniquement le paysage.

 

Waka_1

Waka_2

Waka_3

 

 

Lorsqu’on rame, les maoris chantent (ou ça ressemble plutôt à des incantations), des mots en rythme que l’on répète ensuite tous ensemble. Ça permet de ramer tous au même rythme sur une sorte de musique collective, ça donne une forme de cohésion et je pense que, culturellement, ça permet de renforcer la communauté. Ce sont des mots qui parlent de la rivière, du bateau, de la rame, etc.

 

On s’est arrêté à une maison maorie, pour être à nouveau invités à en franchir le seuil après un rituel d’accueil. C’était une maison beaucoup plus petite que la veille : si j’ai bien compris, il s’agissait de la maison du chef alors que la veille, il s’agissait d’une maison spécifiquement conçue pour les rencontres et les invitations. La personne qui a le rang de chef est appelé « Rangatira » en maori. C’est de cet arrêt que proviennent les photos que vous venez de voir. J’ai également une vidéo de la cérémonie avant d’entrer dans la maison, je pourrai vous la montrer à mon retour ou vous la partager via WhatsApp ou Messenger si vous voulez.

 

Après cette belle sortie, j’ai retrouvé mes amies Minna et Mira, les filles respectivement finlandaise et canadienne rencontrées à Auckland. Ça m’a fait extrêmement plaisir de les voir et nous avons passé un déjeuner plein de rires. Je leur ai demandé leur aide pour sélectionner les photos que j’allais vous poster et, ce faisant, nous avons pris une photo de nous trois que je leur ai promis de poster, dans l’espoir qu’elles deviennent peut-être un jour des stars en France… Nous voici, donc !

Group_picture

 

Celle à ma droite est Mira (canadienne) et celle à ma gauche est Minna (finlandaise). D’ailleurs, Mira a l’intention de lire ce blog pour travailler son français, je devrais me mettre un peu la pression et m’exprimer correctement…

 

Après ce chouette déjeuner, je suis remontée dans un bus Stray pour une petite heure et, sur le chemin d’Auckland, je me suis arrêtée à Whangarei, réputée pour sa jolie cascade. Et ô joie, il pleuvait de nouveau averse alors qu’on venait de quitter le soleil… Heureusement, ça n’a pas duré et on a été largement gâté par la suite. J’avais réservé dans une auberge, certes à quelques pas de l’endroit où le bus nous dépose et nous recherche, mais qui se trouvait en réalité bien loin du centre-ville. Je n’étais pas seule, une jeune voyageuse allemande à peine sortie du lycée descendait au même endroit que moi et comptait pouvoir rester dans la même auberge, ce qu’elle a pu faire même si elle n’avait pas réservé. Nous nous sommes retrouvées en réalité dans une grande maison (que dis-je, une maison immense !) Une espèce de labyrinthe sans aucune forme de logique (oui, je sais, ceci est un pléonasme). Trois cuisines, autant de salles de bain et de salons… La maison était propre et confortable mais c’était un défi sans nom de retrouver son chemin là-dedans. Le lendemain, on a fini par croiser quelques autres voyageurs mais pendant 24H, on a bien cru qu’on avait une maison pour nous toutes seules… Bon, au moins, on ne risquait pas de se marcher dessus et on avait de la place, ce qui m’a permis de m’étaler encore plus que d’habitude.

 

Ce ne fut pas moins un défi de trouver un supermarché pour nous assurer de la nourriture pour les prochains jours. La maison se situe en plein milieu d’une très longue route, sur laquelle passent des centaines de voiture mais pas un seul piéton… C’est un peu… déroutant, voire anxiogène, je dois dire. Si Mira (encore une), la jeune allemande n’avait pas été là, j’aurais dû déployer des trésors d’ingéniosité pour me débrouiller (je pense que j’aurais soulé le gérant pour un coup de main, appelé un taxi, hurlé pour qu’on m’indique un bus…) J’aurais béni la 3G de mon téléphone aussi, qui m’aurait permis d’utiliser un GPS (cela dit, je la bénis déjà régulièrement vu que le wifi est assez aléatoire). Mais bref, on a toujours besoin d’un plus petit que soi, disait Lafontaine et du coup, je n’ai eu à faire aucune de ces choses. Et dire que les deux auberges de Paihia m’avaient semblé compliquées et un poil impersonnelles parce que réparties sur plusieurs espaces !

 

Le lendemain, mercredi 24 janvier, après un petit déjeuner tardif, direction la fameuse cascade ! Cette dernière se trouve un peu à l’extérieur de Whangarei. Ma colocataire du moment et moi sommes donc partis en recherche du bus le plus proche, qui en réalité n’était pas proche du tout. En revanche, il nous déposait juste à côté de la cascade et nous avons profité d’un très bel après-midi ensoleillé. Nous avons d’abord marcher le long d’un petit chemin, qui fait le tour de la cascade et nous emmène vers différents points de vue. Voici une photo de chacun des trois points de vue.

 

 

Whangarei_falls_PDV1

Whangarei_falls_PDV2

Whangarei_falls_PDV3

 

Au dernier, nous nous sommes installées à une table de pique-nique et nous sommes restées là, à nous relaxer. Au risque que certains (que je peux entendre d’ici) se moquent, j’ai toujours adoré les cascades et je pourrais rester des heures à les écouter en rêvassant, ce que j’ai donc fait ce jour-là. Puis au bout d’un moment, Mira a eu envie d’aller tester la température de l’eau et je l’ai suivie. Comme on avait emmené nos maillots de bain et qu’il y avait des toilettes pour se changer, on s’est dit qu’il n’y avait quand même pas de raison qu’on en profite pas davantage… Aussitôt dit aussitôt fait, on est allé se changer puis on est retourné dans l’eau avec bonheur. Au bout de quelques mètres, comme j’en ai eu marre de me faire mal aux pieds sur les pierres au sol, on a tout simplement plongé sans réfléchir et on a nagé pour se rendre le plus près possible de la cascade. Comme elle était quand même très forte et qu’on n’avait pas pied à cet endroit, on a sagement évité de se mettre en-dessous mais tout de même, cette baignade nous a fait un bien fou.

 

Je me suis longuement tâté de rester un jour supplémentaire à Whangarei parce que j’ai entendu parler d’une réserve naturelle pour découvrir les oiseaux et, évidemment, je veux voir des kiwis (je parle là des oiseaux protégés, pas des habitants de Nouvelle-Zélande…) J’ai réfléchi longuement à tenter de chambouler mes plans de réservation de bus et d’auberge des deux jours à venir mais finalement, je n’ai pas plus envie que ça de rester ici. Cet endroit hyper calme m’a permis de rédiger ce post dans de très bonnes conditions et c’était génial mais à présent, je souhaite passer à la prochaine étape. J’ai bien vérifié que je pourrai voir des kiwis à d’autres endroits de mon périple et j’ai décidé de poursuivre mon voyage. Déjà, j’ai mis une semaine à faire ce que Stray planifie en deux jours dans son programme de base… Faudrait peut-être que je m’active un peu ? Oui, ben, plus tard… J’ai le temps ! En sachant que Stray prévoit qu’on peut faire l’itinéraire que je vous ai indiqué en un mois si on se dépêche…

 

Donc, aujourd’hui jeudi 25 janvier, retour express à Auckland juste pour la nuit, avant de repartir demain matin de bonne heure en direction de la péninsule de Coromandel.

Posté par Perrine67 à 01:07 - Commentaires [16] - Permalien [#]


18 janvier 2018

Bye bye Auckland

Merci pour vos retours concernant les photos. Après vérification, il semble qu’il ne soit pas possible de les tourner une fois qu’elles sont postées, je crains donc que vous ne soyez condamnés à regarder certaines photos à l’envers… J’en suis désolée et j’espère sincèrement qu’il n’y en aura pas trop.

 

Avant de poursuivre le récit de mes journées, voici pour celles/ceux qui veulent voir, la photo évoquée dans mon précédent article, prise par Evelyne samedi dernier, de ma petite personne en costume des soldats néo-zélandais de la 1ère guerre mondiale.

Costume_endroit

 

Et donc, ensuite ? Dimanche 14 janvier, j’avais réservé un billet pour Waiheke Island (prononcez « Waihiki »). En effet, en Nouvelle-Zélande, les E deviennent des I à la prononciation : une fois que vous avez intégré que « rid » veut dire « red », « lift » veut dire « left » et « stip » veut dire « step », comprendre le kiwi devient finalement assez facile.

 

Waiheke se trouve à une demi-heure de bateau d’Auckland. Il s’agit d’une petite île peuplée de 8000 habitants environ, hors touristes. L’activité économique se concentre essentiellement autour du tourisme justement, mais également de la production de vin puisqu’il y a des vignobles sur l’île.

 

Lorsque j’ai quitté l’auberge en ce dimanche matin, il pleuviotait à Auckland (ma première pluie néo-zélandaise ! Il y en a eu d’autres depuis, j’ai surtout été chanceuse pour ma première semaine je crois, d’autant plus que juste avant mon arrivée, ils ont subi une grosse tempête qui a duré près d’une semaine). Bref, du coup, je me suis dit que c’était quand même un peu ballot, juste le jour où j’avais prévu d’aller sur cette île réputée pour ses plages… Sauf que cette pluie s’est révélée être une petite joueuse et, une fois arrivée à Waiheke, j’ai joyeusement profité d’une journée de grand soleil.

 

Etant partie seule, j’avais réservé le bus hop-on hop-off de l’île : c’est le même système avec lequel je voyagerai autour de la Nouvelle-Zélande, mais à l’échelle de Waiheke (le chauffeur s’arrête aux différents points intéressants en vous expliquant de quoi il s’agit, vous descendez où vous voulez et vous le reprenez quand vous voulez, en sachant qu’il passe à chaque arrêt toutes les demi-heures).

 

Je suis d’abord descendue au tout premier arrêt, pour aller me balader dans le village principal de l’île. Il s’agit d’un tout petit village, avec des rues en pente (comme il y en a beaucoup à Auckland également). Il faisait beau, on entendait les oiseaux chanter, ça sentait bon les fruits et légumes et les fleurs… Plusieurs cafés et restaurants se succédaient, l’ambiance était paisible et me donnait l’impression d’un village qui se réveillait doucement en ce dimanche matin, comme moi en somme.

 

Je suis restée sur la petite route principale pour éviter de trop me perdre et j’ai marché tranquillement. A un moment j’ai senti que je sortais du village : il y avait de moins en moins de restaurants et de plus en plus d’arbres… D’ailleurs, je me suis longuement arrêtée devant une fleur qui sentait super bon, tentant de l’identifier… Mais j’ai beau avoir grandi à la campagne et adoré la nature, je reste désespérément mauvaise pour reconnaître la faune et la flore. Alors, j’ai pensé à vous, j’ai sorti mon téléphone et j’ai fait ce que j’ai pu pour prendre une photo, des fois qu’il y ait des botanistes dans la salle (ou tout simplement des gens plus doués que moi, ce qui devrait pouvoir se trouver).

fleurs_endroit

 

Puis j’ai repris le bus, j’ai passé quelques étapes et je me suis arrêtée à un endroit qui avait l’air sympa, « the Boathouse », dans l’idée de déjeuner. Là, la serveuse s’est totalement prise d’affection pour mon projet de voyage en solitaire et elle a pris soin de moi d’une façon absolument adorable. Etant sur cette île qui semblait réputée pour sa « seafood », je voulais manger des produits de la mer… Ce pub en proposait, sous une forme de fast food amélioré (pizzas aux fruits de mer, burgers au poisson…) Du coup, j’ai pris une salade César avec du bacon et du saumon… Oui, c’est concept, je vous l’accorde, mais c’était pas mauvais !

 

J’avais dans l’idée de seulement déjeuner là-bas puis de poursuivre un peu plus loin pour aller me poser sur la plage. Sauf que la gentille serveuse m’a installée sur la terrasse en face de l’océan, ce qui m’a permis de manger en écoutant les vagues et en rêvassant… Ensuite, je m’étais résolu à seulement profiter de l’air marin sans pouvoir me baigner, puisque j’étais seule et que je ne pouvais donc pas surveiller mes affaires. Mais, toujours mon adorable serveuse, m’a dit que je devais y aller et qu’elle se chargeait de garder mon sac…

 

Dans la foulée, une jeune aucklandaise (18 ans environ je dirais), en vacances avec son frère, ses parents et ses deux chiens, passait par là et a proposé de m’accompagner. Nous avons donc traversé les 50 mètres qui séparaient le pub de l’océan et nous nous sommes jetés dans l’eau avec ravissement. Elle était hyper bonne ! Nous avons passé une bonne heure comme ça, à papoter toutes les deux et à nous faire régulièrement coupé la chique par les hautes vagues qui nous arrivaient dans la figure…

 

De retour au pub, la serveuse m’attendait et avait fini son service, alors elle m’a offert un café et s’est posé avec moi… J’ai donc appris qu’elle s’appelle Lina, est estonienne, est en Nouvelle-Zélande dans le cadre du Working Holiday Visa (comme beaucoup de jeunes voyageurs ici), et a vécu deux ans à Paris… Nous avons été rejoint par l’une de ses amies, Evelyne (encore une), estonienne également. Là encore, nous avons bavardé un bon moment et beaucoup rigolé, avons échangé quelques mots avec un client du pub (une sorte de marginal très cultivé qui s’exprimait en rap…)

 

Voilà une petite photo, prise par Lina, de la plage où j’ai passé ce superbe après-midi :

Waiheke_island

 

Au bout d’un moment, il a quand même été temps pour les filles de rentrer et pour moi de poursuivre ma visite. Sur les conseils de Lina, ma dernière étape a eu lieu chez un vignoble pour une dégustation de vin. Comme depuis l’arrêt de bus il fallait marcher dix bonnes minutes le long d’un chemin et que ceux travaillant dans le bus ne pouvaient pas m’accompagner, ils se sont arrangés pour que quelqu’un du vignoble vienne me chercher et me ramène. Et voilà, après un verre de blanc et deux verres de rouge (je certifie d’ailleurs que le vin de Waiheke est bon bien que totalement méconnu), il a fallu rentrer. Avec regret, je dois dire : je pense que si je n’avais pas déjà réservé ma nuit à Auckland, je serai restée un peu.

 

Le soir à l’auberge, j’ai fait la connaissance éphémère d’un voyageur totalement hippie, juste là pour la nuit, qui joue de la guitare, voyage à vélo et fait du volontariat dans des jardins partagés… Ça a l’air absolument cliché, dit comme ça mais je peux garantir qu’il était sincère.

 

Le lendemain, lundi 15 janvier, retour aux ferries puisque j’avais réservé une sortie sur une autre île, Rangitoto, qui est une île volcanique également à une demi-heure de bateau d’Auckland. Rangitoto signifie « ciel rouge sang » en maori et le volcan est en sommeil depuis maintenant 600 ans.

 

Pour monter au sommet du volcan, il y a une randonnée que je pouvais difficilement faire seule, c’est pourquoi j’ai réservé une visite guidée, qui nous faisait la visite de l’île dans un camion ouvert sur les côtés. Je n’aime pas les tours en camion ou en bus, je ne sens pas la nature autour de moi, j’ai besoin de marcher… Mais j’avoue que, dans mon idée, réserver ce tour pouvait peut-être me permettre de rencontrer quelqu’un qui accepterait ensuite de faire la randonnée avec moi. Or, ça n’a pas fonctionné cette fois… Ça ne peut pas rouler à tous les coups, n’est-ce pas ? Allez, je le dis : oui, j’étais frustrée et déçue. Ça doit être écrit quelque part dans mon karma qu’entre les volcans et moi, c’est une histoire d’amour et de frustration : j’adore les volcans, ils m’impressionnent mais déjà au Chili, je n’avais pas pu finir l’ascension qu’on avait prévu de faire faute d’un guide disponible pour m’aider…

 

J’ai néanmoins passé une bonne matinée avec notre guide et c’est cela que je veux retenir. Il a pris du temps avec moi pour faire le tour du sommet où nous nous étions rendus (après avoir gravi une centaine de marches) et pour me décrire notre environnement. Je lui ai parlé de vous et ainsi, il a passé son temps à me dire « donne-moi ton téléphone que je fasse une photo pour tes amis ». Il en a prises plein, de la vue et de la végétation alors, profitez-en !

Rangitoto_1

Rangitoto2_endroit

Rangitoto3_endroit

Rangitoto4_endroit

Rangitoto5_endroit

 

Au retour, une anglaise m’a proposé d’attendre le bateau avec elle et ses amis, elle en a profité pour me lire les différents panneaux explicatifs. Elle était adorable et a fait son maximum, mais elle ne pouvait pas grand-chose contre ma frustration. Allez, tout ça n’est pas important, ce n’est pas comme s’il n’y avait pas des problèmes beaucoup plus graves que d’être en Nouvelle-Zélande et de louper une activité… Depuis le début de mon voyage, j’ai rencontré des gens géniaux qui ont partagé des bouts de route avec moi, que je n’aurais pas rencontrés si je n’avais pas été aveugle. Il y a forcément des contreparties et tout va très bien pour moi.

 

Mardi 16 janvier, journée tranquille, le matin à l’auberge et l’après-midi avec W, qui m’a gentiment accompagnée pour quelques démarches que j’avais à faire en ville. Nous avons ensuite fait un petit tour dans Albert Park et nous avons fini autour d’un verre dans un café sur les quais. Le soir, j’ai passé une agréable soirée à l’auberge, qui s’est prolongée tardivement, avec l’ensemble des voyageurs réunis pour une fois (et non les francophones d’un côté, les germanophones de l’autre et les autres qui parlent anglais quelque part au milieu…)

 

Mercredi 17 janvier, j’avais envie d’aller au jardin tropical du musée d’Auckland dont je vous avais parlé l’autre fois. Le musée d’Auckland se situe dans un parc que je trouve magnifique, Auckland Domain, de loin celui que je préfère dans toute la ville.

Auckland_Domain

 

Pour se rendre au musée, il faut donc marcher à travers le parc et grimper une petite colline, j’ai adoré cette balade les deux fois où je l’ai faite. Par conséquent, y retourner une troisième fois pour profiter du jardin tropical me faisait bien plaisir. W est venue avec moi cette fois et nous avons passé une agréable après-midi toutes les deux. J’ai d’abord passé une heure à toucher chaque plante et sentir chaque fleur du jardin tropical, bien qu’entre dimanche et mercredi je ne sois pas devenue plus douée pour reconnaître ce que j’avais en face de moi. Puis nous nous sommes assises dans le parc et nous avons papoté tranquillement, avant de finir la journée devant une pizza au même endroit que mon tout premier soir à Auckland.

 

Voici une photo prise par W, entre les deux bâtiments du jardin tropical :

Wintergarden_endroit

 

Aujourd’hui, il fait un temps horrible mais de toute façon c’est journée lessive et rangement, puisque je quitte Auckland demain matin  à 7H30. Autant je n’ai aucune envie de ranger tout ce que j’ai éparpillé en près de deux semaines, autant je suis contente de quitter Auckland et d’aller voir un peu plus loin (oui, j’ai conscience que cette phrase ressemble terriblement à une phrase d’enfant gâtée…)

 

J’ai aimé cette auberge qui a été la première à m’accueillir en Nouvelle-Zélande. J’ai trouvé que, finalement, les dortoirs de huit et les sanitaires communs, c’était moins oppressant que ce à quoi je m’étais attendue. J'ai aimé les matins au réveil, où je partageais avec certains le besoin d'un "vrai" café pour pouvoir émerger. J’ai aimé la cuisine partagée et son ambiance un peu bordélique lorsque chacun préparait son repas du soir. J’ai souvent râlé contre les français, non parce que je ne les trouvais pas sympas (ils le sont et j'ai passé de chouettes moments avec eux) mais parce que je les trouvais trop nombreux. J’aurais parfois voulu un peu plus d’intimité mais j’ai néanmoins su la trouver lorsque j’en ai eu besoin. J’ai très sincèrement apprécié l’état d’esprit des autres voyageurs, qui me laissaient faire les choses par moi-même et me montraient spontanément plutôt que de faire à ma place lorsque je posais une question.

 

Merci à Hannes, manager de l’auberge, que je n’aimais pas au début parce que je le trouvais psychorigide et infantilisant, mais qui a eu le mérite de revenir discuter par la suite et de me dire qu’il avait été effrayé en me voyant. Merci à toute son équipe, toujours accessible, souriante et aimable. Merci à Yann, voyageur français travaillant à l’auberge, qui a eu à cœur de me donner des coups de main pour me simplifier la vie quotidienne.

 

Demain, je montrai dans mon premier bus Stray, direction le Nord. Voici une carte de mon itinéraire de ces dix prochaines semaines, j’espère que vous verrez à peu près :

Carte

 

Sinon, cliquez ici et vous pourrez trouver la carte normalement :

Maximus Pass

From the Far North to the very Far South, the Maximus Pass includes nearly the whole Stray New Zealand travel network and is our most popular pass!

https://www.straytravel.com

 

PS : j’ai à nouveau bien ramé pour les photos donc vous avez de nouveau le droit de me dire ce qui en est, je finirai peut-être par trouver une solution efficiente… Déjà, j’ai réussi à éditer mon post du premier coup avec les photos dans le bon ordre et au bon endroit, on avance !

Posté par Perrine67 à 06:35 - Commentaires [20] - Permalien [#]

13 janvier 2018

Première semaine à Auckland

Avant toute chose, un grand merci à tous pour vos retours, par mails, messages ou commentaires. J’ignore si vous recevez des notifications pour les commentaires alors pour information, sachez que je réponds à tout le monde, même brièvement.

 

Et voilà, je termine ma première semaine en Nouvelle-Zélande. Je ne vous ferais pas l’affront de m’exclamer « déjà ! » avec un air de surprise affectée, j’aurais l’impression d’abuser… Au risque de paraître un peu linéaire comme fille, j’ai choisi de vous raconter les choses jour par jour : si ce blog me permet de vous donner des nouvelles et de partager avec vous, ce que je fais avec un réel plaisir, il fait également office de journal de voyage pour moi. J’espère donc que ce mode de récit ne vous semblera pas trop ennuyeux.

 

Lundi, donc, je vous avais laissé avec la ferme intention de partir à l’assaut de l’office du tourisme, ce que j’ai fait. Après avoir tant bien que mal tenté de comprendre les indications de Michelle, employée de l’auberge au fort accent kiwi, je suis partie à la recherche de l’arrêt de bus le plus proche. A cette occasion, j’ai pu constater l’extrême gentillesse des néo-zélandais, lesquels ne se contentent pas seulement de vous balancer quelques vagues indications lorsqu’ils vous voient perdu, mais vous accompagnent du point où vous êtes au point où vous souhaitez aller, quand bien même ça doit leur prendre un bon quart d’heure. Cela m’a fait forte impression le premier jour et ça ne s’est jamais démenti : je suis repartie quelques fois seule dans les rues d’Auckland, je me suis reperdue un certain nombre de fois aussi et, jamais ô grand jamais, j’ai craint de ne pas y arriver. Non, je n’en reviens toujours pas. Ce pays n’a pas volé sa réputation d’accueil, je vous le dis !

 

J’ai croisé des gens extras tout au long de la semaine : une aucklandaise qui a été à Cannes pour le festival, une mamie qui a voyagé dans toute l’Europe en auto-stop lorsqu’elle était jeune dans les années 60, un kiwi qui a bossé deux ans à Strasbourg, un irlandais qui a passé une bonne vingtaine de minutes avec moi jusqu’à ce que je trouve à retirer de l’argent, une dame de l’office du tourisme qui a fermé son bureau pour m’accompagner, j’en passe…

 

J’ai donc fini par trouver l’office du tourisme en ce fameux début de semaine, bien que ça n’ait pas été le bureau indiqué par Michelle mais peu importe, ce ne sont que des antennes différentes. L’accueil fut excellent (ceci va bientôt devenir une évidence) et la journée s’est terminée tranquillement, dans le jardin de l’auberge, autour de la même table qu’une voyageuse allemande avec laquelle j’ai longuement papotée et qui s’étonnait de me voir cuisiner des patates douces (elle n’en avait jamais vues).

 

Le mardi 9 janvier, j’avais prévu d’aller au musée d’Auckland. Mais, à la table du petit déjeuner, une voyageuse française m’a proposée de venir avec elle et un autre français au Mont Eden. Je dois bien admettre que je n'avais pas forcément envie de passer l'après-midi entre français mais j’ai néanmoins saisi l’opportunité car il s’agissait d’une balade que j’avais envie de faire et, s’agissant d’un chemin précis à suivre, je doutais de pouvoir la faire seule. Et puis, comme il serait malvenu d’être rabat-joie, j’ai passé un agréable après-midi qui s'est clôturé par une glace au Ben & Jerry's du coin... Le Mont Eden consiste en une petite marche facile au milieu des arbres, il se situe à Auckland et offre un joli point de vue sur la vile :

Mont_Eden_1_re_vue

Mont_Eden_PDV

 

Le soir, j’ai retrouvé mon amie W, nous sommes allées faire un petit tour à Western Park avant de manger un bout ensemble et de finir la soirée autour d’une bière néo-zélandaise.

 

Mercredi 10 janvier, à moi le musée d’Auckland en solitaire ! Sauf que j’ai traîné le matin, puis traîné et traîné encore, que j’ai attendu un moment au mauvais arrêt de bus… L’un dans l’autre, j’ai fini par arriver très tardivement au musée et bien entendu je n’avais pas vérifié les horaires… Il ne me restait donc qu’une heure. Qu’à cela ne tienne, j’ai demandé malgré tout ce que je pouvais faire et là, stupeur et excellente surprise, ils m’ont attribué un guide pour moi toute seule qui s’est attaché à me faire toucher tout ce qu’il a pu en un temps si court : reproductions de maisons maoris traditionnelles, bateaux maoris gigantesques et impressionnants taillés dans un seul tronc d’arbre, roches formées par les différentes éruptions volcaniques à travers l’histoire… Oui, je suis une VIP. Sauf qu’au bout d’une heure, j’étais juste frustrée de ne pas en avoir vu davantage et Julian, mon guide privé, me dit que je n’ai qu’à revenir un autre jour (ce que je ferai).

 

Au retour, un néo-zélandais d’origine chinoise à qui je demandais ma route pour retrouver l’arrêt de bus, après avoir échangé trois mots avec un autre chinois qui vendait des glaces, me propose de m’économiser le bus et de me ramener en voiture là où je dois aller. Et, là, j’imagine mes proches en train de s’arracher les cheveux : « on t’avait dit d’être prudente ! » / « Tu n’as donc jamais appris qu’on ne monte pas dans la voiture d’un inconnu ? » Si, j’ai appris les consignes de sécurité de base et je ne suis vraiment pas du genre à ne pas me protéger lorsque je me sens en danger, mais comment expliquer que c’était tellement évident qu’il était amical ?

 

Le soir, retrouvailles à nouveau avec W. Nous nous sommes fait exploser l’estomac devant un barbecue coréen. Les barbecues sont une institution chez les kiwis donc j’avais une immense envie d’en faire un, et puis il y a une forte immigration asiatique en Nouvelle-Zélande (chinois, japonais, coréens…) Avec tout ça, j’avais l’impression de faire un truc un peu typique : aucune idée si c’est véritablement le cas ou non (d'autant plus que je sais qu'on en trouve aussi à Paris) mais quoi qu’il en soit, il y avait du monde et c’était délicieux. Le barbecue coréen consiste à choisir sa viande et à la faire cuire soi-même sur une grille installée sur chaque table.

 

Du coup, ensuite, la promenade digestive était de mise : on a fait un petit tour du Centre-Ville, on a longé les quais où j’ai écouté passer les bateaux avec ravissement, on est retombé en enfance dans l’aire de jeux de Victoria Park… Voici une photo de la Sky Tower, principal bâtiment d’Auckland au cœur du quartier des affaires :

 

sky_tower_endroit

Jeudi 11 janvier, on a profité de la voiture de W pour se rendre toutes les deux à Piha Beach, à 45min à l’ouest d’Auckland. Y a pas à dire, l’océan Pacifique, ça me fait quelque chose à chaque fois… L’eau était froide mais ça ne nous a pas empêché de nous y baigner (de toute façon, volontaire ou non, les hautes vagues vous engloutissent sans vous demander votre avis). C’est une plage magnifique, dont voici deux photos : l’une de la plage même et l’autre depuis un point de vue en-haut de la route.

Piha_beach

Piha_beach_PDV_endroit

 

Le soir, je me suis incrustée dans un groupe d’anglophones de l’auberge (un américain originaire de Caroline du Nord, une Canadienne et une finlandaise) pour aller boire un verre non loin dans notre quartier. Bon, le bar fermait à 23H30 mais c’était sympa quand même.

 

Le jour suivant, au réveil, le voyageur français qui travaille à l'auberge m’a gentiment proposé d’aller manger des œufs Benedict alors, vous me connaissez, si on parle à ma gourmandise… Et puis, il paraît que c’est trop bon : et je confirme, ça l’est ! Des œufs pochés, du bacon, des pommes de terre, des muffins anglais grillés, une sauce à je-ne-sais-quoi (hollandaise apparemment…) J’en ai ramené la moitié à l’auberge tellement c’était énorme et ça m’a fait mon petit déjeuner du lendemain matin aussi. Donc, c’était un délice mais… C’était uniquement avec des français, encore. De même que trois jours auparavant, j’ai saisi l’opportunité parce que ça me faisait envie, mais je dois bien admettre que j’avais besoin d'autre chose (sans aucune critique sur leur personne, ce n’est pas du tout la question…) Alors, après ça, je suis allée m’enterrer devant mon ordinateur pour planifier la suite de mon voyage : qui a dit « il était peut-être temps, quand même ? » Certes…

 

A ce stade, si vous avez suivi, nous sommes le vendredi 12 janvier. J’ai définitivement choisi de voyager avec la compagnie Stray Travel : il s’agit d’un système de bus appelé « hop-on hop-off », c’est-à-dire que vous achetez un billet pour un itinéraire de voyage mais ensuite, dans cet itinéraire, vous décidez de ce que vous voulez faire et de combien de temps vous restez à chaque étape… Idéal pour moi car ça combine un soutien logistique indéniable avec un chauffeur-guide néo-zélandais, tout en permettant une grande liberté de choix et de mouvement.

 

Pendant que j’avais la tête dans mon écran d’ordinateur, mon nouvel ami de Caroline du Nord, Derek, est venu me proposer d’aller à la plage et nous voilà partis tous les deux pour Sentinnel Beach, une toute petite plage à 10min de notre auberge : beaucoup d’algues et de monde, une eau plus chaude et plus calme que la veille mais un endroit mignon qui dégage quelque chose de chouette :

Sentinnel_beach

 

Le soir, repas à l’auberge avec les mêmes compagnons que la veille au soir et c’est là que, à Auckland, la fille canadienne me propose un verre de Languedoc… Oui, j’ai trouvé ça drôle et bien entendu, j’ai accepté.

 

Nous sommes à présent samedi, où j’ai d’abord passé une bonne partie de ma journée au Centre-Ville, pour réserver mon billet Stray Travel et d’autres sorties proches d’Auckland dont je vous parlerai dans mon prochain post.

 

Et ensuite… Je suis retournée au musée d’Auckland ! Là, de même que mercredi, ils ont estimé que m’intégrer à un groupe pour une visite guidée, c’était tout pourri et que je valais bien un guide rien que pour moi… Ca non plus, je n’en reviens toujours pas (et je jure que je n’ai rien demandé !)

 

Me voilà donc partie avec Evelyne (je ne sais pas si ça s’écrit comme ça, pardon pour elle), guide super enthousiaste avec qui j’ai passé près de 3H. Elle m’a fait toucher toutes les sculptures maories (absolument sublimes) en m’expliquant les différents symboles ; m’a emmené à l’étage « histoire naturelle » où, outre l’histoire des éruptions volcaniques que j’avais déjà faite avec Julian, nous avons fait un long arrêt pour voir un vrai fossile, admirer de magnifiques coquillages, toucher un œuf de dinosaure, apprendre à différencier un crocodile d’un alligator… D’ailleurs, à cette étape, Evelyne a eu l’air d’en apprendre autant que moi et c’était un moment de partage absolument génial.

 

Enfin, nous avons terminé par les guerres : celles entre les maoris et les colons britanniques ainsi que les deux guerres mondiales. Evelyne a mis tout son cœur pour faire la meilleure photo possible de moi avec l’habit des soldats de la première guerre mondiale ! Nous avons admiré un mémorial maori sublime ainsi qu’un mémorial kiwi de la seconde guerre mondiale très touchant… Là encore, ce n’est pas évident à résumer en quelques lignes mais j’ai passé un moment extraordinaire.

 

Ce soir, je ne profite pas du wifi de l’auberge pour vous écrire, je n’avais pas envie de rentrer et j’avais besoin d’un peu de solitude… Je suis donc dans un café non loin de là où je loge et je bataille pour comprendre comment vous mettre des photos !

 

Allez, deux petites infos pour finir : saviez-vous qu’en Maori, Nouvelle-Zélande se dit Aotearoa (vous ne trouvez pas ça ultra poétique ?) Et saviez-vous que la Nouvelle-Zélande a été le premier pays à instituer le droit de vote des femmes en 1893 ?

 

Je quitterai Auckland vendredi prochain, le 19 janvier. Je voulais partir plus tôt mais il n’y avait plus de place avant avec Stray Travel : oui, oui, je sais, si je m’y étais prise plus tôt… Aucun problème, ce n’est pas comme si les idées d’activités manquaient et puis, comme ça, je retournerai peut-être une troisième fois dans ce magnifique musée puisque je n’ai pas encore pu profiter de leur jardin tropical !

 

PS : je veux bien que vous me disiez comment ça ressort pour les photos (ça m'a pris des heures jusqu'à ce que j'y arrive donc si ça rend mal...)

Posté par Perrine67 à 11:39 - Commentaires [25] - Permalien [#]

08 janvier 2018

Arrivée !

Je m'étais dit que je ne raconterai rien de mon vol : ça allait duré 40H, ça allait être terriblement long pour moi mais terriblement inintéressant pour vous.

 

Finalement, ce fut plus épique que prévu alors, si je ne suis toujours pas sûre que ce soit passionnant, je vais tout de même vous raconter un peu, en tâchant de la faire courte.

 

Aucun problème jusqu'à Francfort (c'est déjà ça, dirons-nous). Puis le vol de Francfort est parti avec 30min de retard et j'ai loupé ma correspondance à Amsterdam. Si je n'ai pas vraiment été inquiète (j'allais arrivée à Auckland dans tous les cas, un jour), ma préoccupation était de pouvoir prévenir les personnes qui m'attendaient à Aucland (notamment le chauffeur de la navette qui devait me ramener jusqu'à mon auberge, à qui j'avais transmis les coordonnées de mon vol initial).

 

Or, à Amsterdam, tout ce qu'ils savaient, c'est que je repartais dans quelques heures pour Shanghai. Et ensuite ? "Et bien, ils vous dirons à Shanghai !"

 

D'accord... Heureusement, il y a une connexion wifi bien fonctionnelle à Amsterdam et j'ai pu envoyer un message à mon chauffeur de navette pour lui expliquer la situation.

 

Le vol Amsterdam-Shanghai fut bien agréable. J'ai dormi, enfin, et j'ai eu un voisin adorable (sans doute un british de bonne famille, si vous me demandez mon avis, mais aucune idée si ce que j'ai projeté sur lui a une vague base de réalité ou non). Toujours est-il qu'il m'a offert du chocolat parce qu'il avait commandé un menu de luxe, alors que je lui demandais s'il voulait mon riz au lait que le commun des mortels avait eu en guise de dessert... Ai-je eu l'air ridicule avec mon riz au lait ? Oui, sans doute, mais le chocolat était très bon, si vous voulez tout savoir !

 

Bref... N'avais-je pas dit que je la ferai courte ? L'escale à Shanghai fut hautement folklorique. L'hôtesse qui a attendu l'assistance avec moi était adorable ; c'est d'ailleurs elle qui m'a expliqué que, si à Amsterdam ils n'avaient même pas essayé d'attraper la correspondance, c'est parce que, si moi j'avais peut-être pu courir, mon bagage en soute n'aurait de toute façon pas suivi. Ensuite, je suis montée dans le bus du personnel de l'avion, ce qui constitue un privilège, selon les mots du commandant de bord en personne... Franchement, en ce qui me concerne, j'aurais préféré avoir le privilège d'interlocuteurs anglophones !

 

Car oui, après ça, je suis passé entre les mains d'une vingtaine de personnes, qui se hurlaient des trucs en chinois que je ne comprenais pas et qui savaient dire environ trois mots en anglais : "follow me", "wait" et "don't worry"... Bon, moi, à partir du moment où je m'étais assurée qu'ils avaient bien compris que je continuais mon voyage vers Aucland, je n'étais plus vraiment inquiète... J'ai fini par comprendre que je devais récupérer et réengistrer mon bagage en soute et là, j'ai franchement béni mon habitude des voyages, qui fait que dans un aéroport, je sais quel papier montrer pour me faire comprendre quand la communication est difficile...

 

En tout cas, je me suis sentie bien insignifiante, petite française dans cet immense aéroport chinois : quand je vous disais qu'être l'étranger quelque part, ça remet quelques idées en place.

 

Evidemment, il n'y avait pas de wifi si vous n'aviez pas de numéro chinois, ça aurait été trop simple. Mon opérateur téléphonique a donc du me remercier des SMS hors forfait que j'ai envoyés à mon chauffeur de navette kiwi.

 

Le vol Shanghai-Auckland fut long, j'étais crevée et je n'arrivais pas à dormir... DU coup, j'ai pris du vin rouge pour me consoler : au moins, "pinot noir" et "merlot" sont des mots que le steward à l'accent néo-zélandais marqué n'a pas eu besoin de me répéter deux fois !

 

J'ai aterri à Auckland dimanche 7 janvier à 6H30 du matin, heure locale : soit plus tôt que ce qui était prévu sans attente de 8H à Canton, j'ai finalement été chanceuse. L'accueil à l'aéroport fut très souriant, c'est une réalité que l'on se sent bienvenue dans leur pays. J'ai passé la douane, récupéré mon bagage et retiré de l'argent en moins d'une demi-heure et, à 7H, j'étais assise sur le siège passager (à gauche donc) de Brett, mon fameux chauffeur de navette !

 

Comme je ne pouvait intégrer la chambre de mon auberge qu'à 10H, Brett m'a accompagné dans un café juste à côté et m'a offert mon premier café néo-zélandais. Dieu sait que j'étais épuisée mais avec un premier contact pareil, on se dit qu'on a bien de la chance d'être là.

 

Je vous passe les détails de l'installation et la réorganisation de mes affaires, la première douche depuis 48H et la lutte pour ne pas dormir... Une française partageant le même dortoir que moi m'a proposé de venir manger quelque chose avec elle vers 14H donc nous sommes retournés au même café que Brett m'avait montré le matin même. A 17H, j'ai retrouvé W, une amie française qui vit et travaille à Aucland pour un an. J'ai beau avoir envie de rencontres et d'aventures, un visage connu et amical m'a fait du bien. Elle m'a très gentiment fait profiter de sa voiture pour que je puisse faire mes courses de la semaine puis elle m'a emmené dans un endroit où ils proposent des pizzas pour 5 NZ$.

 

Le soir, voulant parler anglais et communiquer enfin avec les autres voyageurs de l'auberge, je suis allée socialiser avec eux plutôt que d'aller me coucher. J'ai retrouvé une ambiance internationale ouverte et très sympathique comme je les aime et j'ai passé un excellent moment.

 

Aujourd'hui, à l'heure où je vous écris, j'ai dormi 10H (soit l'équivalent de ce que j'avais dormi au total durant les trois derniers jours), je me sens en pleine forme et je compte bien partir à l'assaut de l'office du tourisme pour commencer à organiser mon voyage.

 

Si vous voulez un apperçu de l'auberge où je me trouve :

Cheap Accommodation Auckland | Brown Kiwi Backpackers

We are one of Auckland's most fabulous BUDGET HOSTELS providing comfortable, warm and friendly accommodation for international travellers. We pride ourselves on making sure you have a fabulous time on arriving in New Zealand.

http://www.brownkiwi.co.nz


Il y a un magnifique jardin où je me trouve pour vous écrire, je suis entourée de bananiers et autres arbres tropicaux (que je ne suis pas apte à reconnaître), une petite fontaine trône au milieu et on entend les oiseaux chanter dans les arbres... Il fait beau mais un petit vent rafraîchit l'air agréablement.

 

Je me suis laissée un peu emporter dans ma prose je crois... Désolée si c'était un peu long et à bientôt pour d'autres nouvelles !

 

Posté par Perrine67 à 00:46 - Commentaires [38] - Permalien [#]

04 janvier 2018

H-4 avant le grand départ

Lâcher son poste, se projeter vers de nouvelles aventures professionnelles et, entre les deux, réaliser enfin ce rêve de longue date d'un voyage en solitaire quelque part à l'autre bout du monde, ce rêve pour lequel on accumule patiemment des semaines de congés depuis six ans.

Pourquoi la Nouvelle-Zélande ? Et bien, pourquoi pas ? Parce que ça me fait rêver depuis longtemps. Parce que, quitte à partir trois mois, autant en profiter pour aller loin. Surtout, parce que la Nouvelle-Zélande est réputée pour être très bien organisée et accueillante avec les voyageurs, ce qui est tout de même rassurant quand on prévoie de partir seule.

A l'heure où je vous écrit, mon sac à dos est prêt et il est blindé : pourtant, je le jure, je croyais n'avoir emmené que le nécessaire (sans doute que l'on devrait tous revoir un jour notre définition du "nécessaire"...) mais tout est rentré pile poil donc je dois bien admettre que je suis sacrément fière de moi.

J'ai toujours considéré qu'un voyage commence à l'instant même où je franchis la porte de mon appartement. C'est ce que je ferai cette nuit du 4 au 5 janvier, vers 3H30 du matin, pour prendre une navette qui me ramènera de Strasbourg à l'aéroport de Francfort. Mon premier vol décollera à 10H15, direction Amsterdam où j'aurai une très courte escale de moins d'une heure. Ensuite, c'est en Chine, à Canton plus exactement, que je passerai ma seconde et principale escale (huit heures !) Là, je m'occuperai, avec des livres et le wifi s'il fonctionne et, enfin, départ pour Auckland ! J'y atterrirai le dimanche 7 janvier à 7H du matin, heure locale (samedi 6 à 19H pour vous, donc).

Et ensuite ? Et bien, ce sera le début de l'aventure. J'ai réservé dans une auberge (un "backpacker" comme il y en a des tas en Nouvelle-Zélande) à Auckland pour deux semaines, ce qui me laissera largement le temps de m'adapter et de planifier la suite, en fonction des opportunités. L'idée de ce voyage est de faire le tour des deux îles (l'île du Nord et l'île du Sud) en prenant mon temps, l'esprit et le coeur ouverts.

Certes, j'ai déjà beaucoup voyagé, j'ai eu cette chance. J'adore ça. Toutefois, ce voyage est tout de même nouveau et important pour moi car c'est la première fois que je partirai sans que rien de vaguement planifié ne m'attende à l'autre bout. A quelques heures du départ, je me sens totalement impatiente et excitée, si bien que les inquiétudes sont reléguées au second plan. Je ne sais comment décrire cette euphorie qui m'emplit dès lors que je m'apprête à partir à l'assaut d'un nouvel endroit à découvrir : je crois que les voyages, c'est une drogue. Etre l'étranger quelque part, n'être attendu par personne, ça a quelque chose de rafraîchissant je trouve, qui fait du bien et qui a le mérite de bousculer quelques certitudes.

Allez, je tente de vous glisser un lien, pour vous mettre dans mon état d'esprit du moment : https://www.youtube.com/watch?v=dBN86y30Ufc

 

Sur ce, mon prochain post sera en direct de l'autre hémisphère !

 

Posté par Perrine67 à 23:30 - Commentaires [14] - Permalien [#]

01 janvier 2018

Bonne année !

A dire vrai, je n'aime pas trop les voeux de bonne année : je les trouve interminables, répétitifs et assez inutiles pour être honnête... Mais comme je vous aime, vous qui lisez ce blog et que je ne suis pas à un paradoxe près, je vous souhaite tout de même à chacun une excellente année 2018, qu'elle soit pleine de belles choses : voyages rafraîchissants, rencontres enthousiasmantes, projets de toutes sortes, évasion par tous les moyens... Et bien entendu, soyez heureux, le plus possible et portez-vous bien.

Pour ma part, plus que trois dodos ! Un post suivra très bientôt, promis, pour vous détailler mon itinéraire de voyage jusqu'à Auckland.

Posté par Perrine67 à 21:45 - Commentaires [5] - Permalien [#]